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L'ŒUVRE SOCIALE

Assistance médicale.

Il est incontestable que dans son ensemble, la population a vécu de plus en plus agréablement et s'est nettement orientée vers un état meilleur sans cesse grandissant.

Il y a lieu de remarquer que, dans ce pays autrefois ravagé par les épidémies, la famine, les institutions médicales modernes ont amené une amélioration considérable de la santé publique.

Cette activité sociale a été jalonnée par des institutions nombreuses : assistance aux ouvriers, protection des travailleurs, inspection médicale des chantiers et des plantations, hygiène scolaire.

L'enfance a été l'objet de soins spéciaux, par des orphelinats et des foyers; elle est protégée même au delà de l'adolescence ; la mortalité infantile a i'té fortement diminuée.

Plus de 200 médecins européens et indigènes, 200 médecins auxiliaires indigènes, 400 sages-femmes indigènes, 2.400 infirmiers et infirmières donnaient leurs soins à 550 formations sanitaires dont certains

sont de très grands hôpitaux. Des Instituts Pasteur, remarquablement installés avec les savants : Cnlmette, Roux, Yersin, Bernard, animateurs de ces centres de recherches. qui firent des découvertes scientifiques de la plus haute importance sur les fléaux des contrées asiatiques : peste, paludisme, lèpre, apportant ainsi des possibilités de guérison ou de soulagement à des affections jusque-là réputées comme incurables.

Enseignement.

L'œuvre scolaire inspirée d'abord du syslème d'éducation chinois, apanage de l'intellectualisme annamite, subit forcément, à travers les années de tâtonnements, de profondes modifications. Par l'abandon de l'étude des caractères, on substitua d'abord l'annamite, écrit en caractères romains, au chinois, ce qui prépara l'intronisation du français, tout en maintenant un enseignement traditionnel.

Enfin, vers 1920, le statut final de l'enseignement public en Indochine fut déterminé ainsi :

— Enseignement primaire supérieur et francoindigène,

— Enseignement secondaire métropolitain et local,

— Enseignement supérieur.

Toutefois, ce ne fut pas sans rencontrer de sérieux obstacles : il ne faut pas oublier que ceux qui avaient le privilège d'être appelés «les lettrés » disposaient de toute une vie pour s'instruire, cette conception nouvelle de l'enseignement comportant une limite d'âge les heurtait violemment ; mais le résultat définitif de ces innovations chez des populations

curieuses d'un nouveau savoir en consacrera le succès. Ces tentatives hardies, remplies de souplesse dans le choix des programmes, dans l'application des méthodes à adapter aux conditions particulières de chaque peuple dans le choix des maîtres, furent très délicates à conduire.

C'est ainsi que des écoles techniques furent fondées, notamment au Cambodge, dans les monastères bouddhiques qui de tout temps donnaient l'enseignement traditionnel aux populations ; cette réforme fut parfaitement acceptée par les bonzes qui se l'appliquèrent d'abord à eux-mêmes.

D'autres écoles de cet ordre furent créées en Cochinchine, dans l'ouest des provinces du Nord- Annam, dans le Haut-Tonkin, et adaptées aux besoins de ces minorités éthiques.

On peut estimer à 500.000 la population scolaire indochinoise, dont 100.000 environ continuent à suivre les écoles de l'œuvre missionnaire ou celles de l'enseignement traditionnel.

Le corps enseignant comprend 600 Français et 9.000 indigènes. Vingt-deux établissements (collèges écoles normales) conduisant à l'enseignement secondaire pour indigène (trois lycées : Hanoï, Saigon, Dalat) délivrent un baccalauréat équivalant au baccalauréat français.

L'enseignement supérieur est distribué par un certain nombre d'écoles ou facultés : médecine, pharmacie, hautes études, école supérieure de pédagogie, écoles des beaux-arts, des travaux publics, écoles supérieures d'agriculture, de sylviculture, école vétérinaire, école supérieure de commerce.

Artisanat.

L'artisanat pour les pays surpeuplés fut de tout temps considéré comme un excellent moyen de combattre le paupérisme. De plus, l'aptitude des Annamites à exploiter de petits ateliers familiaux se prêtait admirablement au développement des industries les plus diverses pouvant être utilisées aussi bien pour les besoins intérieurs du pays que pour l'exportation.

A la veille de la guerre, en 1939, la valeur des produits fabriqués et exportés par la profession artisanale dépassait 50 millions de francs.

Les surfaces cultivées n'étant pas indéfiniment extensibles, le redoutable problème démographique provoquait l'impérieuse nécessité de trouver des métiers complémentaires permettant au paysan de se constituer un sérieux appoint et même un véritable gagne-pain. L'aide de l'administration locale eut à ce point de vue une influence des plus heureuses sur la vie économique du pays. L'artisanat indochinois figure maintenant dans toutes les expositions coloniales et on y admire ses laques, sa soie tissée, brodée, ses dentelles, sa vannerie, la sculpture sur bois, sur cuivre, la bijouterie. Ce sont de véritables travaux de finesse, de délicatesse et de patience.

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