‹ Industrie des métaux secondaires et des terres raresChapitre 12 sur 56 · II · texte numérisé non relu

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(13) Traitement chimique. — Quand le wolfram est fortement enrichi et parfaitement purifié, il peut être réduit directement au four électrique pour préparer des ferrotungstènes ou des ferromanganotungstènes. Mais dans bien des cas il est nécessaire d'en extraire Tacide tungs tique, comme il arrive pour la scheelite. Les meilleurs procédés à employer dans ce but sont les suivants, en ce qui concerne le wolfram.

Méthodes de Berzélius. — 1° Fusion avec les carbonates alcalins, — Le wolfram pulvérisé, après avoir été mêlé avec deux fois son poids de carbonate de potasse ou avec son poids de carbonate et la moitié de son poids de nitre, est fondu dans un four à sole basique (dolomie ou magnésie agglomérée avec du goudron). Le produit de la fusion est concassé, puis traité par Teau. On sépare par filtration le tungstate alcalin et les sels solubles qui raccompagnent des oxydes métalliques insolubles et en particulier de l'étain.

Par addition d'acide chlorhydrique, on transforme le tungstate neutre en paratungstate peu soluble, qui cristallise par refroidissement. En solution, reste un peu de tungstène à l'état de silico et de phosphotungstates. Le partungstate peut être transformé à nouveau en tungstate neutre par addition d'alcali et décomposé par les acides.

Les silicotungslates et phosphotungstates peuvent être précipités par addition de chaux ou de chlorure de calcium, comme Ta proposé Scheiblér *, et le précipité traité par l'acide chlorhydrique comme la scheelite. C'est par un procédé semblable, dû à Oxland, que l'on séparait en Cornouailles le wolfram de l'étain et qu'on obtenait du tungstate de sodium.

2^ Formation de sul/oiungstates. — Berzélius transforme la solution de tungstate alcalin en sulfotungstate, à l'aide d'un courant d'hydrogène sulfuré. On est certain que la transformation est complète quand la dissolution a pris une couleur orange. La dissolution filtrée est décomposée par l'acide chlorhydrique en excès et chaud.

Il se dépose lentement du sulfure de tungstène brun, qu'on lave avec l'acide chlorhydrique et qu'on grille pour l'oxyder.

Par ce dernier procédé, on débarrasse bien l'acide tungstique de la silice et du phosphore.

Procédé de M. F. Jean. — Ce procédé est un perfectionnement de la méthode de Wœhler. Ce savant fondait le w^olfram pendant une heure avec le double de son poids de chlorure J3 calcium; il obtenait ainsi de la scheelite et des chlorures solubles. M. F. Jean * arrive au même résultat en maintenant au rouge naissant pen-

TUNGSTÈNE. 4^

dant une demi-heure dans un creuset ou dans un four à réverbère 3o o/o de carbonate de calcium avec 3o o/ode chlorure de sodium. Il se forme du chlorure de calcium, qui réagit sur le w^olfram comme dans la méthode de Wœhler. Cette manière de faire permet de séparer le wolfram de Té tain.

Enfin, on peut attaquer le wolfram par le bisulfate. L'attaque est longue et pénible ; mais elle présente l'avantage de fournir un acide tungstique exempt de silice et d'utiliser un produit sans valeur, le bisulfate de sodium. L'acide tungstique obtenu contient toujours du fer et retient de l'acide sulfurique. On l'en débarrasse en ajoutant un peu d'ammoniaque après une première calcina tien.

Signalons enfin une méthode ingénieuse qui consiste à chauffer à haute température un mélange de wolfram finement pulvérisé et de chlorure de magnésium. Une partie du fer distille et il reste du tungstate de magnésium sôluble, que l'on traite par l'ammoniaque. Un peu de silice reste en solution, mais il n'y a pas d'étain.

La scheelite est attaquée par l'acide chlorhydrique. Le résidu de l'attaque, bien lavé, est traité par l'ammoniaque pour éliminer la plus grande partie de la silice^ et de la chaux enrobée. La solution de tungstate d'ammoniaque est purifiée par cristallisation. Les cristaux sont ensuite calcinés.

L'acide tungstique ainsi obtenu peut être réduit par Tun des procédés indiqués plus haut. On a utilisé pendant un certain temps, en Allemagne, le procédé de^ réduction avec le zinc, qui présentait l'avantage de fournir du tungstène pur. Mais le plus souvent, quand on ne^

désire obtenir que du ferro tungstène avec xine teneur plus ou moins forte en manganèse, on réduit le wolfram purifié au four électrique.

Pour préparer les nickelo tungstènes, on peut ajouter à Tacide tungstique de Toxyde de nickel. Par l'emploi d'autres oxydes on réalise des combinaisons qui permettent de préparer les alliages les plus divers.

Voici la composition de quelques-uns des alliages à forte teneur en tungstène obtenus industriellement :

Si

Mn

o.ao

Al

traces.

traces.

Sn

traces.

traces.

néant.

traces.

traces.

o.oi

Ils correspondent sensiblement à des teneurs de 65, 80 et 90 ^lo en tungstène. Les alliages contenant moins de 70 **/o de tungstène sont préparés par fusion directe du minerai mélangé de charbon; ils renferment 2 **/o environ de carbone. Les alliages plus riches résultent de l'affinage des premiers au moyen d'une brasque de minerai.

Variation des cours. — Les cours des minerais de tungstène et, par suite, celui de l'acide tungstique ou de ses sels, a subi de grandes fluctuations. D'après VEnginering and Mining Journal (1906), on aurait extrait des minerais d'étain de Corhouailles les^quan-

TUNGSTÈNE.

tités suivantes de tungstène livré sous forme de ti:|ngstate de sodium :

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