‹ Industrie des métaux secondaires et des terres raresChapitre 24 sur 56 · PRIX DR VERTE · texte numérisé non relu

PRIX DR VERTE

par kilog.

Uranale de soude .

Uranale de soude .

Uranate de soude .

Uranate de potasse.

Uranate d'ammoniaque

Ox^de d*urane . .

Jaune clair. .

Orangé . . .

Orangé vif . .

Orangé vif . .

Jaune clair. .

Noir ....

Na«UHD'4-6H«0 Na*U<0

Am*U*0'

aUO.U'O»

57 fr. 5o 57 fr. 5o 63 fr. 5o 73 fr. 75

62 fr. 5o

80 fr. 00

Les minerais contenant de 3 à 5 p. 100 d*uranium, comme la carnotite, sont payés à raison de 26 francs l'unité. La pechblende l'est à raison de 23 francs le kilogramme.

On peut estimer la consommation mondiale de minerais d'uranium à 12 tonnes. L'oxyde noir se vend de 28 à 32 francs le kilogramme, le nitrate d'uranyle, 26 à 28 francs et l'acétate 38 à 5o francs.

EMPLOI ET USAGES

(68). Usages divers. — L'industrie qui utilise le plus de sels d'urane est la verrerie. L'oxyde vert ou noir d'uranium est employé pour préparer le verre d'urane ou verre canari. Ce verre est dichroïque ; il est jaune avec des reflets verdàtres ; on l'obtient en fondant des verres à base de chaux et en y ajoutant de l'oxyde d'uranium. Le cristal ne saurait convenir. Pour pro-

URANIUM. 233

duire une teinte vert émeraude, on prend un mélange d'oxydes de nickel et d'uranium.

En céramique, Turane est utilisé pour produire les jaunes verdàtres et les jaunes bruns en feu oxydant, et des gris et noirs en feu réducteur.

A Télat d'uranates alcalins, l'uranium sert à préparer pour les peintres toute une série de jaunes orangés (sels de potassium et sodium), jaune citron (ammonium) et un groupe particulier, roage d'urane (oxysulfure).

M. Burcart a fait une communication à la Société industrielle de Mulhouse sur l'emploi de l'acétate d'uranium comme mordant pour la soie et la laine. La même Société a examiné avec intérêt un mémoire de M. Werner proposant de produire sur soie des jaunes ou des bruns à l'urane en transformant le nitrate en hydrale.

En dehors des usages que nous venons de citer, on a proposé ou essayé l'uranium en métallurgie. On a signalé l'emploi d'un ferro-uranium dans les aciéries Krupp, sans indiquer ni sa composition ni son influence sur l'acier.

On a préparé aussi, avec le platine et le cuivre, des alliages ayant l'éclat de l'or et capables de résister aux acides.

La grande résistance électrique de l'uranium rendait son emploi intéressant ; mais le prix élevé du métal a empêché toute application dans ce sens.

' M. Hattinger a découvert que l'uranium excitait le pouvoir émissif de la chaux et de la strontiane et, dans son brevet de 1891 (n" y^y^S), le D' Auer revendique l'addition d'urane à l'oxyde de thorium ainsi qu'à tous les oxydes énumérés dans ses précédents brevets.

Enfin, comme beaucoup d'autres corps, les sels d'urane ont été employés en photographie.

M. ChesneauS dans une intéressante communication à TAcadémie des sciences, a établi une limite inférieure de la température des étincelles produites par le choc de Turanium, et il a en même temps proposé d*utiliser cette propriété de TuTanium.

Ces étincelles enflamment instantanément et à tout coup les mélanges explosifs d'air et de grisou. Or, les travaux de MM. Mallard et Le Châtelier ont montré que ces mélanges explosifs doivent rester en contact pendant un temps appréciable avec la source dé chaleur avant dé s'enflammer.

Ce retard à l inflammation qui s'élève à une dizaine dé secondes aux environs de 65o**, diminue à mesure que s'accroît la température à laauelle on porte le gaz pour n'atteindre plus qu'une seconae à i ooo». On peut donc en conclure .que la température d'un corps incandescent, qui enflamme instantanément les mélanges explosifs d'air et dé formène, comme les étincelles d'uranium, est au-dessus dé I 000°. Cette température est notablement supérieure à celle des étincelles produites par la combustion du fer dans le. briquet à silex ordinaire, lesquelles sont incapables d'allumer le formène, comme l'ont mis hors de doute les expériences de la Commission du grisou.

Les étincelles de l'uranium allument s^ussi des mèches de coton imprégnées d'alcool, de benzine; la ouate elle-même prend feu. M. Ghesneau ajoute que cette propriété pourrait être utilisée « pour constituer des rallumeurs très simples de lampes à gaz ou à essence, sans piles comme dans les rallumeurs électriques et sans amorces fulminantes comme dans les rallumeurs des lampes de mines à essence du système AVolf. Il suffirai};].

URANIUM. i'i^

pour cela, d'insérer un fragment d'uranium métallique dans un support mobile, pressé par un ressort contre une surface d'acier hérissée de pointes et disposée de façon que les étincelles obtenues «n faisant mou voir le support atteignent le jet de gaz ou la mèche à allumer » . Enfin, un dernier fait intéressant esta signaler, maintenant que la radioactivité des eaux thermales est à l'ordre du jour. Le gouvernement autrichien vient d'installer à Joachimstahl des bains sur les résidus du traitement de la pechblende.

CHIMIE ANALYTIQUE

(69). Recherche qualitative. — Au chalumeau, les composés de l'uranium produisent avec le borax et surtout avec le sel de phosphore, en flamme oxydante, une perle jaune devenant vert jautiâtre par refroidissement. Dans la flamme réductrice, la perle est verte.

La recherche microchimique de l'uranium est fondée sur la formation de l'acétate double d'uranium et de sodium, tétraèdres réguliers jaune vert, solubles dans le carbonate d'ammo-»- ^ i\^^

nium.En ajoutant à cette solution un Çj ^s;^ cristal du sulfate thalleux, celui-ci jr\ ^ ^^ ., se recouvre de cristaux courts et poin- ^J /v

tus, en même temps se forment des r-j ^ ç-^ rhombes colorés en jaune pâle. Si alors P^ ^

on ajoute du ferrocyanure de potas- ^

sium et de l'acide acétique, les cris- ^^^- ^3

taux disparaissent et on voit à la place '**!^5î^^'J],^'*^^f *"" des granules rouge brun . D'après j

M. Pozzi-Escot, cette réaction serait très sensible. Elle rappelle celle due à Behrens. Ce savant dissout de

racétate d*uranyle dans le carbonate d'ammonium et introduit dans la liqueur un grain de sulfate thalleux. Le cristal se recouvre de cristaux courts et pointus et à une distance plus grande se forment des rhombes d'une teinte jaune pâle, bien limpides (fig. 23).

AlVcc rhydrogène sulfuré, on n'a pas de précipité en solution acide. En solution exactement neutre, le suifhydrate d'ammoniaque fournit un précipité brun chocolat, très facilement attaquable par les acides, qui se dissout dans le sulfure d'ammonium contenant du carbonate d'ammonium.

Les alcalis fournissent des uranates alcalins jaunes insolubles dans un excès d'alcali. Cette précipitation est gênée par l'acide tartrique. Les bicarbonates alcalins produisent aussi un précipité très facilement soluble dans un excès du réactif, mais la potasse et la soude précipitent à nouveau l'uranium. Les phosphates alcalins précipitent les solutions acétiques ou mélangées d'acétates alcalins.

L'eau oxygénée produit un précipité soluble en jaune dans le carbonate d'ammoniaque. Le carbonate de baryum précipite complètement les sels d'uranium même à froid. Le ferrocyanure de potassium les précipite ou colore leurs solutions en rouge brun. Cette réaction, analogue à la réaction du cuivre, est très sensible.

(70). Séparation et dosage. — Au point de vue quantitatif, l'uranium est pesé à l'état :

U^O* oxyde vert : facteur pour U, o, 868; (U^0^)2 P^O^ phosphate d'uranyle : facteur pourU, o, 667 ; Ù'^O^Na^ uranate ae sodium : facteur pour U, o, 8126: U^O^ : bioxyde : facteur pour U, o, 818.

URANIUM. : 287

Lès trois premiers procédés quantitatifs de dosage Sont très rapides, mais moins précis que le dernier.

Uuranium est complètement précipité de ses solutions par Tammoniaque. L'uranate obtenu est insoluble dans Peau ammoniacale ou charjgée de chlorure d'ammonium, mais soluble dans Teau pure: il Test d'autant moins que la précipitation a été obtenue en liqueur plus chaude. Il convient donc de faire^ bouillir la liqueur avant de filtrer. On lave avec de l'eau ammoniacale. Aprèè séchage et calcination, on ajoute un peu d'ammoniaque pour chasser les traces d'acide sulfurique. Le dosage est plus précis si on réduit dans l'hydrogène et si on pèse à l'état de protoxyde.

L'hydrogène sulfuré précipite complètement l'uranium de ses dissolutions, acides quand on les rend ammoniacales et qu'on y ajoute du sulfure d'ammonium. Le précipité obtenu est lavé avec de l'eau contenant du sulfure d'ammonium séché et grillé, puis réduit dans l'hydrogène à l'élat de protoxyde.

L'uranium est dosé très rapidement à l'état d'uranate de sodium, comme nous l'avons vu.

On peut encore le précipiter par le phosphate de sodium à Tétat de phosphate d'uranyle insoluble dans l'eau chargée d'un mélange d'acide acétique et d'acétate d'ammoniaque, qui n'en dissout qu'un i/33oooo. Pour obtenir la précipitation de ce phosphate, on neutralise les li(|ueurs par l'ammoniaque, on acidifie par l'acide acétiqyeet on y verse du phosphate de sodium en léger excès. On ajoute du chlorure d'ammonium pour que le précipité se rassemble mieux. On lave, on sèche et on calcine.

Le dosage Yolumétrique de l'uranium est fondé sur

238 INDUSTRIE DES METAUX SECONDAHtfS.

une réaction analogue. Dans une solution acide d*uranyle et d*ammonium, le phosphate acide de sesquioxyde de manganèse produit un précipité blanc jaunâtre de phosphate double d'uranyle et d'ammoniaque; quand tout i* uranium est pcécipilé, la liqueur devient rose jaunâtre par suite de la présence du phosphate de matiganèse.

La séparation de Turanium doit toujours être exécutée après oxydation de la liqueur par Tacide nitrique, afin de transformer les oxydes inférieurs en sesquioxyde. Avec Tammoniaque, on peut séparer Turanium de la magnésie ; à l'aide du carbonate de soude en excès, on dissout l'uranium et on peut le séparer de l'aluminium, du chrome et du fer. Pour le chrome, on peut encore traiter par la soude et ajouter de l'eau de brome qui transforme le chrome en çhromate soluble et ne modifie pas l'uranate. Dans lecasdn fer. on précipite le fer pour entraîner l'uranium, en faisant bouillir une solution renfermant de l'acétate de sodium, ou du sulfite de sodium ; avec le premier réactif, le fer précipite totalement s'il est à l'état de sesquioxyde, mais il convient de laver longtemps le précipité pour enlever Turanium entraîné à l'état d'acétate d'urany le ; avec le second réactif, c'est l'uranium qui se précipite à l'état de sul* fite. Enfin, on peut précipiter fer et uranium par l'am-^ moniaque, sécher, calciner, peser, puis réduire par l'hydrogène et enfin traiter par un courant d'acide chlorhydrîque qui volatilise le fer à l'élat de chlorure ferreux ; l'uranium reste sous forme de protoxyde.

On sépare l'uranium du nickel, cobalt, zinc, man-^ ganèse et cuivre, soit par l'emploi du carbonate de baryum qui, en solution neutre, précipite l'uranium seul,

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soit par la potasse en faisant digérer le précipité obtenu et bien lavé, avec du bicarbonate de potassium, Turaiiium se dissout seul ; soit enfin par un mélange de carbonate et de sulfure d'ammoniumj'qui lui aussi dissout Vuranium seul.

Minerais. — Quand les minerais sont attaquables par Tacide chlorhydrique ou par Tacide azotique, le dosage de Turanium est des plus simples, en appliquant les méthodes de séparation précédemment indiquées et notamment en opérant de la manière suivante : grillage du minerai, attaque par HCl que Ton additionne de NO^H, filtration, traitement par H^S, filtra tion, précipitation par Tammoniaque et traitement du précipité par HCl étendu. Tout Turane reste insoluble avec de la silice. On le traite par NO^H et on le précipite à nouveau par l'ammoniaque. L'analyse complète du minerai ne présente en général aucun intérêt et seule, la teneur en uranium est importante h connaître. 11 n'en est plus de même pour certains silicates, colombates et tantalates complexes, renfermant, avec l'uranium, du thorium et des acides colombique et tantalique. Nous étudierons leur séparation dans les chapitres suivants.

Nous nous contentons d'indiquer la méthode de Patera * qui est encore la plus usitée pour l'essai rapide des minerais uranifères. L'uranium est séparé de la plupart des métaux qui l'accompagnent, à l'aide du carbonate de soude ; il est ensuite précipité de sa solution à l'aide de la soude et dosé à l'état d'uranate de soude : 100 parties correspondent à 83 p. d'oxyde vert.

Mode OPÉRATOIRE. — Traiter par Tacide nitrique le mine-

24o INDUSTRIE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

rai finement pulvérisé (2 grammes), n'ajouter Tacide que peu à peu, de manière à n*en mettre qu*en léger excès. Saturer avec du carbonate de sodium et faire bouillir. L'uranium se redissout ; le fer, le manganèse, le calcium se déposent. Filtrer, lavera Teau bouillante et ajoutera la solution claire un excès de soude qui précipite tout l'uranium à Télat d'uranate de sodium jaune orangé, filtrer, laver, sécher, calciner et peser.

Cette méthode s'applique aussi aux ferroalliages.

Produits d'art. — Couleurs. — L'analyse des uranates de potassium et de sodium est une simple sépation de Turanium et des alcalis quand ils sont purs. Il suffit pour cela de mélanger les uranates avec du chlorure d'ammonium pur et de réduire le mélange placé dans lu nacelle de platine, à l'aide d'un courant d'hydrogène sec. Il reste après réduction un mélange de chlorure alcalin fondu et de protoxyde d'uranium. Par traitement à l'eau chaude, les sels alcalins se dis solvent et le protoxyde d'uranium filtré est séché et pesé. Les alcalis sont dosés par les méthodes ordinaires.

* Verres, Céramique. — La recherche et le dosage de l'urane sont exécutés très facilement en fondant le verre avec de la soude dans un creuset d'argent, puis en dissolvant tout l'ensemble. L'insoluble est mis à part pour y rechercher l'urane par attaque avec l'eau régale ou l'acide nitrique. La partie soluble est traitée par un grand excès d'acide carbonique, qui précipite la silice et dissout Turanate.

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