‹ Industrie des métaux secondaires et des terres raresChapitre 23 sur 56 · DÉCOUVERTE. DIFFUSION. RADIOACTIVITÉ. MÉTAL · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE. DIFFUSION. RADIOACTIVITÉ. MÉTAL

(58). Découverte. — Dans lamine de George Wags fort à Johann Georgenstadt en Saxe, on découvrit en 1 780 un minéral qui se présentait tantôt à Tétat pur, tantôt stratifié. Sous sa première forme, le minéral était de couleur noirâtre, sans éclat; son grain était fin et sa cassure conchoïdaie. Opaque et assez dur, il fournissait une poudre noire; sa densité était de 7,5. La seconde variété était d'un plus beau noir; elle était parsemée de petits points rougeâtres. Son éclat ressemblait à celui de la houille et la poussière était verte.

On avait nommé ce fossile pechblende et, induits en erreur par cette dénomination, les minéralogistes l'avaient rangé au nombre des mines de zinc, quand Werner, à cause de sa densité et de ses autres caractères physiques, le rangea dans les mines de fer. On pensa ensuite que ce minéral contenait du tungstène, à cause de sa forte densité.

En 1787, Klaproth soumit ce fossile à Fanalyse et reconnut qu'il était formé surtout d'une combinaison de soufre et de plomb avec un demi-métal nouveau, qu'il appela d'abord urqnie, en l'honneur de la planète Uranîe

URANIUM. 2l5

découverte par Herschell. L'analyse du minéral lui fournit les résultats suivants :

Uraaie oxydulée 80. 5

Sulfure de plomb 6.0

Silice. ......... 5.0

Oxyde de fer 2.5

« M. Klaproth de Berlin vient de découvrir un nouveau demi-métal qu'il nomme uran/e, qui se distingue par des caractères et des propriétés bien singulières ; j'espère vous faire part de toutes les circonstances qui le concernent, lorsque j'aurai l'honneur de vous écrire. » (Lettre de Crell à Hassenfratz.)

Klaproth nomma ensuite urane le nouvel élément, parce qu'il crut l'obtenir à l'état métallique en le réduisant avec le charbon. Richter et Bucholz tombèrent dans la même erreur. En 1823, Arfvedson réduisit la pechblende par l'hydrogène au rouge et obtint une poudre métallique pyrophorique qu'il considéra comme l'uranium métallique.

Peligot*, le premier, montra que l'urane n'était pas simple, mais était l'oxyde inférieur de l'uranium. Ses travaux l'amenèrent à conclure que : i® l'urane métallique est une combinaison d'un atome de radical et de deux atomes d'oxygène ; 2** le corps séparé par le potassium est l'uranium ; 3^ le radical composé urane joue le rôle d'un corps simple ou d'un métal ordinaire.

Il indiqua les propriétés de l'uranium métallique et les recherches ultérieures ont enticrenient confirmé ses conclusions.

(59). Diffiision. — L'uranium, trouvé d'abord dan

2l6 INDUSTRIE DES METAUX SECONDAIRES.

le pechblende ou pechurane, a été signalé dans un certain nombre de minéraux, tous très rares.

Champeux découvre aux environs d*Aulun un minéral qui se présente sous forme de paillettes vertes nacrées, où Vauquelin signale la présence d*urane à l'état de phosphate double de calcium et d'uranium. Ce minéral fut appelé autunite ou uranite. C'est également à l'état de phosphate double d'uranium et de cuivre qu'on signale sa présence dans la chalcolite. On le trouve ensuite dans un très grand nombre de minéraux rares. Enfin, un nouveau miriéral, découvert en 1898, par M. Poulot, dans l'Amérique du Sud et appelé par Friedel carnotite, est constitué par un vanadate double d'uranium et de potassium. Il résulte dé nombreuses recherches que l'uranium, quoique rare, se retrouve dans un grand nombre de minéraux.

(60) . Radioactivité . — Tous ces minéraux possèdent une propriété très intéressante, découverte d'abord par Becquerel * en 1896, étudiée ensuite par M. et M""<^ Curie et par de nombreux savants. L'uranium métal et ses minerais émettent des rayons qui traversent toutes les substances de faible épaisseur. Les gaz deviennent conducteurs de l'électricité sous leur influence. Ce rayonnement est complexe et se compose de trois groupes de radiations a, ^ et y- Les rayons a peu pénétrants sont déviés par un champ magnétique intense. Les rayons S moins absorbables, sont déviés aussi, mais d'une manière difl'érente par le champ magnétique; enfin, les rayons y, analogues aux rayons X, ne sont pas déviables et sont très pénétrants. L'uranium métallique émet sur-

URANIUM. 217

tout les rayoas a et p ; tandis que les minerais plus ra^ dioactifs que le métal lui-même et qui contiendraient, d'après certains savants, un ou plusieurs éléments nouveaux tels que le radium, émettent les trois espèces de rayons. Malheureusement, les propriétés chimiquen de ces corps extrêmement rares sont presque inconnues. On ne peut guère signaler sur ce point que les curieuses expériences de M. Ramsay*.

(61). Métal. — Clarke *, dans le mémoire déjà cité, indique en ces termes les résultats de Faction du chahimeau oxhydrique sur la pechblende.

« Pechblende. Réduit à un métal semblable à de Tacier, mais si excessivement dur que la lime la plus aciérée y mordrait à peine. Durant sa fusion, il dépose sur les pinces de fer un oxyde jaune couleur de serin. » L'uranium métallique aurait donc été préparé dès 181 5. Arfvedson réduisit en 1828 la pechblende par rhydrogène. Il prépara un corps pyrophorique qu'il prit pour le métal et qui était en réalité un oxyde UO". En i84o, Pélij^ot * obtint l'uranium métallique en réduisant le chlorure d'uranium par le potassium dans un creuset de platine. Zimmermann répéta rexpéri(»nce en employant du sodium. D'après iM. Moissan ^, le métal ainsi préparé n'est pas pur, il retient toujours du fer et du sodium ou du potassium. En outre, il se forme un azoture, à cause de la giande affinité de l'uranium pour l'azote. M. Moissan a répété les essais* de Péligot en se servant du chlorure d. ubie d'uram le ctdç sodium, beaucoup plus maniable que le chloru'e d'uranium. Ce chlorure est un solide vert pomme (j»ii lond à 890° envi on. Dans un tube de fer épais, on dis- Les Métaut secondaires. i.S

2l8 INDUSTRIE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

pose par couches alternatives du sodium fraîchement coupé (i p.) et du chlorure double (3 p.). On chauffe progressivement jusqu'à feu très vif. Après refroidissement, le C}liiKlre est ouvert et la matière pulvérulente est traitée par Talcool à 960 pour enlever le sodium en excès, puis lavée à l'eau bouillie froide, à Talcool et enfin à Téther.

L'uranium peut s'obtenir encore en électrolysant le même chlorure double avec un courant de 5o ampères sous dix volts. Les électrodes sont en charbon pur et le vase en porcelaine. Ils sont clos et à l'intérieur on fait arriver un courant d'hydrogène.

Dans un premier essai, M. Moissan a obtenu des fontes d'uranium très dures, à cassure brillante, produisant des étincelles par un simple frottement. Ce savaut calcine l'azotate d'uranium que l'on trouve très pur. Le mélange d'oxydes noir et vert est additionné de charbon et chauffé dans le four électrique avec un courant de 450 ampères et 60 volts. Les carbures contenaient :

U. . . . 86.25 89.^6 89.1 95.7 C. . . i3.5o II. o3 10.24 5.02

Ces carbures ont un point de fusion supérieur à celui du platine et décomposent lentement l'eau à la température ordinaire. M. Moissan® a repris ensuite l'étude du carbure d'uranium CHt^, dont la densité est de 11.28. Ce carbure, attaqué lentement à froid par tous les acides même étendus, présente la propriété curieuse d^être décomposé par l'eau en formant des hydrocarbures gazeux, liquides et solides.

A l'aide d'un courant plus intense (800 ampères et 45 volts), on obtient de l'uranium contenant une très

URANIUM. 2ig

faible quantité de carbone. Il se trouve en revanche un peu d'oxyde. Pour affiner ce métal carburé, on peut, comme Ta fait M. Troost* pour le thorium, le chaulîer dans une brasque en oxyde vert d*uranium. Mais pour éviter Faction de Tazote, il convient de placer' le creuset à rintérieur d*un autre rempli d'une brasque titanifère.

Enfin, M. Stavenhagen^ a pu réduire par l'aluminium l'oxyde d'urane ; mais il faut pour cela que le mélange UCH H- 2 Al soit additionné d'air liquide.

En résumé, l'uranium peut se préparer par quatre procédés :

1° Réduction du chlorure ou du chlorure double d'uranium et de sodium par le sodium, le potassium, ou le magnésium.

2® Èlectrolyse du chlorure double.

3** Réduction par le charbon au four électrique et affinage du métal carburé dans une brasque en oxyde d'uranium ou par l'aluminium avec l'air liquide.

4® Distillation de l'amalgame dans le vide.

(62). Propriétés physiques. — L'uranium pur est blanc, moins bleuté que le fer. Il peut prendre un beau poli et se laisse limer facilement. Sous le choc, il produit des étincelles très brillantes.

Il n'est pas magnétique quand il est parfaitement exempt de fer. La densité est de t8,4 (Péligot), i8,68 (Zimmermann). Son point de fusion n'a pas été déterminé; mais M. Moissan a observé qu'il se volatilisait plus facilement que le fer. Toutes ses propriétés physiques le rapprochent du fer. Comme ce métal, il peut se carburer, et devient alors très dur. A l'état très divisé, il est facilement attaquable par la plupart des réactifs.

Il décompose Teau lentement à la température ordinaire et plus rapidement à loo®. Enfin, comme le fer, il peut être pyrophorique, tel est l'uranium obtenu par M. Férée en distillant son amalgame dans le vide.

La propriété la plus curieuse de l'uranium est celle d'émettre des radiations invisibles comme l'a montré M. Becquerel en 1896. L'uranium produit surtout les radiations a et P et il se distingue du radium par l'absence d'émanation.

(63). Propriétés chimiques. — Suivant l'état sous lequel se trouve l'uranium, il est plus ou moins attaquable par les réactifs, ainsi que nous venons de le voir.

Il s'enflamme dans le .fluor à la température ordinaire» dans le chlore k 180®, dans le brome à 210°, dans l'oxygène à 170". Il s'unit à 5oo° au soufre en formant un sulfure noir et, à haute température, à l'azote en se recouvrant d'une couche jaune d'azoture.

Le tétrafluorure est un solide vert insoluble, qui s'altère rapidement et se transforme en oxy fluorure. M. Giolitti * a proposé de doser les sels d'uranium à l'état de fluorure.

Le tétrachlorure obtenu par l'action du chlorure sur le métal, sur le carbure, ou sur un mélange d'oxyde et de charbon, forme des * octaèdres vert foncé presque noirs, à reflets métalliques, volatils à la température du rouge. A cette température, il est réduit par l'hydrogène à l'état de trichlorure (solide brun foncé). Soùs l'action du chlore, il forme un peu de pentachlorure (aiguilles rouge rubis très hygroscopiques). Ce dernier chlorure se dissocie très facilement. Les deux autres chlorures se dissolvent rapidement dans l'eau eil for-

URANIUM. 221

mant, le premier une solution verte, le second une solu- . tion rouge pourpre.

Il existe, en outre, un oxy chlorure d'uranium DO' CP qui prend naissance quand on dirige un courant de chlore sur Toxyde UO^ chauffé au rouge. Les vapeurs jaunes se condensent et forment de longues aiguilles très flexibles et peu volatiles. Elles se dissolvent dans l'eau, dans l'alcool et dans Téther.

Avec l'oxygène, l'uranium fournit trois oxydes principaux : DO^ (bioxydepris pour le métal, appelé aussi uranyle),UO^(trioxyde),UO* (peroxyde). Ces deux derniers se combinent pour former un oxyde salin U^O^, vert olive. L'oxyde noir U^O*, obtenu en calcinant à haute température un oxyde d'uranium ou un sel volatil, ne serait qu'un mélange de DO' et deU^O*.

UO^, bioxyde, uranyle, se prépare par réduction de UO^ par le charbon au feu de forge ou par l'hydrogène au rouge ou, enfin, par la calcination de l'oxalate d'urane. Poudre cristalline qui, chauffée à l'air, s'oxyde et fournit U^O*.

Par voie humide, on obtient l'hydrate en flocons rouge brun, en précipitant par 'un alcali un sel uraneux. Les sels uraneux sont des réducteurs énergiques. Leur couleur est vert clair.

UO^. -Trioxyde, prend naissance en calcinant le nitrate, le carbonate uranicoammonique, l'uranate d'ammonium ou l'hydrate à 3oo''. Poudre brun chamois quand il provient de la calcination du nitrate, rouge brique dans les autres cas. Chauffé au rouge, il fournit l'oxyde vert ^J^0^

L'hydrate se prépare en précipitant les sels par un alcali. Cet hydrate est à la fois un acide et une base.

Ses sels, les uranates, sont presque tous insolubles dans Teau et solubles dans les acides. L'oxyde vert est un. uranate d*uranyle et cet oxyde vert constitue la pechblende. Les combinaisons de Toxyde avec les acides sont solubles et d*un beau jaune. La plus connue est Vazota te. Les phosphates et les arséniates sont insolubles et ces précipités sont très employés en chimieanalytiqijie. L'eau oxyçénée transforme les uranates en peruranates de couleur orangée ou rougç. "

Avec le soufre, l'uranium fournit un sulfure US* et un oxy sulfure UO^S. Le premier se prépare par voie sèche et se transforme très facilement en UO'^S. Cet oxysulfure se produit quand on ajoute du sulfure d'ammonium à une solution de nitrate d'uran^^le. La précipitation n'est pas complète en solution aqueuse, elle Test en solution alcoolique.

Alliages. — . Par l'aluminothermie, on obtient des alliages d'aluminium, de fer et de molybdène avec l'uranium. Ges alliages sont peu connus. Enfin, on sait depuis longtemps que l'uranium attaque le platine, en formant des lamelles brillantes qui s'oxydent avec production de lumière el en laissant du platine pulvéru-*lent avec de l'oxyde vert.

Poros ATOMIQUE. — Lcs déterminations ont été faites sur l'oxalate, l'acétate, le nitrate, le bromure d'uranium. Le nombre adopté par la Commission interna^ tionale des poids atomiques est 238,5.

MINÉRAUX. GISEMENTS. MINES

(64). Minéraux. — L'uranium est un métal peu répandu dans la nature, mais il entre comme consti-

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tuant dans un très grand nombre de minéraux rares ; ceux qui existent en assez grande abondance sont la pechblende,, la chalcolite, l'autunite et la carnotite. Les minéraux de Turanium sont des : j

Oxydes. — Pechblende (Pechuraue, uranpecherz)^ Substance complexe qui renferme Toxyde vert impur. Opaque. Eclat gras, noir verdàtre ou brunâtre. Cassure conchoïdalè. P. S. =6, 4 à 8. — D. = 5 à 6. — Infusible au chalumeau. S'attaque par Tacide nitrique* — 4o p. cent environ d'oxyde vert. . i

Joachimstahl. Przibram (Bohême), Schneeberg (Saxe), Rezbany a (Hongrie), Andrinople (Asie Mineure), Redrulh (Cornwall).

Oxydes hydratés. Gummite, Goracite, Eliasite, etc«

Sulfates. — Johannite, Zippéite, Sulfates hydratés naturels, le premier en cristaux vert émeraude d'éclat vitreux, le second en aiguilles jaune de soufre ou orangées. Un peu solubles dans l'eau. ...

Johann-Georgenstadt (Saxe), Joachimstahl (Bohême). . .

Uraconise, Uranocher, Vogllanite, Uranocalcite. Sul^ fates basiques les deux premiers à l'état d'enduits ocreux et vert de gris, le dernier en cristaux annulaires vert d'herbe, agglomérés en croûtes veloutées sur les minerais de Joachimstahl.

Medjidite, Sulfate double d'uranium et de calcium. Jaune foncé tran^arent. Eclat vitreux.

Joachimstahl. Andrinople.

Uranochalcolite. Sulfate double d'uranium et de cuivre avec du sulfate double d'uranyle et de pro-r toxyde d*uranium.

Joachimstahl.

Phosphates. — ChalcoUte (torbérite, torbernite, uralîophyllite). Phosphate double d'uranyle et de cuivre. Tables vertes micacées. Lames quadratiques émeraude ou jaune. P.S. =z 3,4 à 3,6. D. = 2a 2,5. Se dissout dans l'acide azotique. Perd de l'eau quand on le chauffe.

Johann-Georgenstadt (Saxe), Zinnwald (Bohême), Guniiislake (Cornouailles),

Autanite (uranite). Phosphate double d'uranyle et te calcium. Cristaux feuilletés. Jaunes d'un aspect nacré. P. S. = 3,o5 à 3,19. — D. = 2 à 2,5. Très friables.

Autuir. Etats-Unis.

Uranoligate. Phosphate double d'uranium et baryum, accompagne souvent l'autunite.

Arséniates. — Trœgérile, Arséniate tribasique d'uranium. Cristaux jaunes perdant leur eau par la calcination. Brun doré à chaud, redeviennent jaunes à froid. P.S. =3,3.

- Mine du Cerf-Blanc à Schneeberg.

Zeun^n/e. Arséniate d'uranium et de cuivre. Cristaux verts isomorphes de la chalcolite. P.S. = 3,53. — D. = 2,5,

Weisser-Hirsch près Schneeberg (Saxe).

Uranospinite Arséniate d'uranium et de chaux. Vert serin P.S. = 3,45.

Mine Weisser-Hirsch près Schneeberg (Saxe).

Wa/purgine, Arséniate d'uranium et de bismuth. Trouvé avec les précédents.

Vanadates. — Carnotite, Vanadate double d'uranium et de potassium. Poudre jaune verdâtre.

Carbonates. — Liebigite, Carbonate double d'uranium et de calcium. Concrétions mamelonnées et

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enduits minces vert pomme. Éclat vitreux dans les cassures. Se dissout avec effervescence dans les acides.

Joachimstalil. Andrinople.

Voglite, Carbonate triple d'uranium, de calcium et de cuivre. Cristaux vert d'herbe à éclat nacré. Chauffas, noircissent en perdant de Teau. Se dissolvent avec effervescence dans CIH.

Sur la pechblende, filon Elias à Joachimstahl.

SaiCATES. — ùranophane. Silicate hydraté d'uranium, d'aluminium et de calcium. Cristaux microscopiques jaune de miel. Chauffés, perdent de l'eau et deviennent brun noir; sont dissous par les acides sulfurique et chlorhydrique étendus.

Dans le granit près de Kupferberg (Silésie).

Uranotile a une composition très voisine de la précédente.

Uranothorite. Silicate de thorium et d'uranium. Variété de thorite riche en uranium.

Ârendal (Norvège). Champlain (New- York).

Uranates. — Uranosphérite, Uranate de bismuth.

Masses globulaires à structure rayonnée. Orange ou rouge brique.

Brôggerite, Uranate de fer, deplombavecde l'hélium.

L'uranium se rencontre encore parfois en grande quantité dans certains minerais très rares : coloinbates et tantalates qui seront décrits à propos du colombium et du tantale : samarskite, euxénite, yttrotantalite, polyerasCy etc. Il se retrouve avec de l'hélium, des terres cériques et yttriques dans la clévéite.

(65). Gisements. Mines. — Le véritable minerai de l'uranium est la pechblende ; on a exploité aussi la chal-

copyrite et Tautunite. La découverte de gisements* importants de carnotite en Amérique, comme nous l'avons vu, fournira une quantité d'uranium supérieure aux besoins actuels de Tindustrie.

En France, M. Boubée * a signalé près d'Ambert (Puy-de-Dôme) la présence d*un gisement de phosphate d'uranium. La veine aurait 6 à 8 m. de large sur une longueur d'un kilomètre dans la direction du N. S. On rencontre d'abord du quartz et de l'améthyste, puis des pegmatites altérées, enfin du quartz ferrugineux» Les minéraux uranifères sont : de l'uranite (autunite) et de la torbernite. Le filon s'enrichit en profondeur et à trois ou quatre mètres la teneur est plus riche qu'en surface.

En Cornouailles, on a exploité surtout l'autunite et la torbernite. On rencontre ces minéraux dans les mines de cuivre à Wheal Edward (St-Just , Wheal Unity et Wheal Gorland (Gwennap), Wheal Baller (Redruth), Stenna Gwgnan (Stephens), Gummislake pvhs de Calstock. Le gisement le plus important se trouve à South Terras, près de Grampound Road. Les vieilles mines d*East Pôle et St-Austell ont fourni les quan-^ tités suivantes, à' auprksY Engineering and Mining Journal:

Valeur.

Saint- A.ustell Gonsols (i 856 à i863). i63o francs.

East Pool (1877 à 1879). 1710 —

Wheal Owles ^1878 à 1879). i 260 —

South Terras (1878 à 1900). a64ooo —

1903. 5o8oo — ]

On a retiré de Redruth 4oo kilogrammes en 1878 et, dans la même région, on a découvert à Gram-: pound road, en 1889, une veine assez régulière dont la'

URATSIUM. 227

teneur variait de 12 à3o p. 100. L'extraction totale de minerais d'uranium en Cornonaiiles a été de io5 tonnes en 1905 et de II tonnes seulement en 1906. •

La pechWende a été signalée à Kirk Mine (Gilpin Couinty, Colorado).

Enfin, tout dernièrement, M. Obalski*, inspecteur des mines à Québec, a trouvé une sorte de charbon bitu.^ mineux dans une mine exploitée autrefois pour mica blanc, près de Murray-Bay. Ce charbon brûle facilement en laissant des cendres riches en urane. La texturet de ce charbon est très irrégulière. Il dégage beaucoup de gaz et sa composition est à peu près ;

Matières volatiles 4o.i85

Charbon fiic / ôa.Si) *

Cendres. , 7.25

Les cendres renferment 2,56 p. 100 d'uranium. Par une simple attaque à l'acide nitrique, on obtient tout l'uranium.

Le centre de production à peu près exchisif de l'uranium est à Joachimstahl, où se trouvent de vieille» mines d'argent connues et exploitées depuis le xvi* siècle. La fabrication des sels d'urane a été montée seulement en i853; on l'avait installée d'abord dans le laboratoire de l'usine d'argent, aujourd'hui abandonnée. La fabrique, bien qu'appartenant comme les mines à l'Etat^ jouit d'une autonomie absolue; elle achète ses minerais et vend ses produits pour son propre compte.

Les minerais provenant des filons de Joachimstahl sont livrés à l'usine, soit sous forme de minerais de triage simplement broyés au laminoir, soit à l'état de schlichs provenant de l'atelier de préparation mécanique. Ces minerais, dont la densité est de 7 environ, con-

tiennent de 4oà 55 p. loo d'oxyde Tert U^O*; ils renferment en outre du vanadium, de Tarsenic, du soufre, du molybdène, du tungstène, du cobalt, du nickel, etc.

Les minerais pulvérisés sont essayés pour connaître leur teneur en vanadium ; celle-ci ne doit pas être inférieure à 6 p. lOo. Depuis le 8 mai 1^76, on applique à Joachimstahl un tarif qui nécessite deux déterminations ;

î** Celle dç la perte au rouge (se fait en dix minutes).

a** Celle de la teneur en oxyde vert U^O*. Pour cela on attaque pendant 3 heures le minerai avec de l'acide nitrique (i, 2), on filtre et on lave jusqu'à ce que le ferrocyanure de potassium ne marque plus. On précipite la plupart des oxydes par le carbonate de soude en excès et on fait bouillir pour chasser Facide carbonique libre. On laisse le précipité se rassembler, on filtre, on lave et on décompose la liqueur claire par HCl. On chasse CO^ parTébullition et on précipite l'uranium par la soude caustique à l'éta t d'urana te de sodium , que Ton filtre, lave, sèche et calcine. Du poids obtenu, on déduit le poids n d'oxyde vert, par la formule n = 88,6 p.

Le prix d'achat est déterminé alors à l'aide de tables établies d'après les formules :

n =17.89/1—103 pour les valeurs entières de tc n' = 17.39 /c

n et n' sont le nombre de florins (2 fr. 5o correspondant à 100 kil. de minerai, déduction faite de la perte au rouge, h et k sont les parties entière et fractionnaire de ;r, 7r =: h + k. Le prix total est N =:n + n'.

(66). Traitement, — Comprend cinq opérations :

1° Grillage des minerais avec addition d'azotate et de

carbonate de sodium. — Cette addition se fait par

uRAmuM. 229

170 kilos de minerai dans un four à réverbère hongrois en deux péripdes. Dans la première, on chasse le soufre, l'arsenic elle molybdène en chauiTant lentement jusqu'au rouge sombre. Dans la deuxième période, on laisse la température s'abaisser, et on ajoute au minerai 4 p. 100 d'azotate et i5 p. 100 de carbonate de sodium, en évitant de fondre le mélange pour ne pas attaquer la tôle. Quand le mélange est bien sec, on chauffe plus fort. Il se forme des sels de sodium.

2* Lessivage des minerais grillés. — Ce lessivage se pratique dans de petites cuves en bois. Les sels de sodium solubles (vanadate, arséniate, tungstate, sulfate, molybdate) sont dissous et traités à part. L'uranium reste avec le fer, le cobalt, le cuivre et l'argent.

3*" Attaque des résidus. — Elle est exécutée dans des récipients analogues par de l'acide sulfurique, (66** B) additionné d'un peu d'acide nitrique. L'urane est dissous avec quelques métaux; la chaux, la silice et le fer restent dans le résidu.

4** Elimination des métaux étrangers. — Les métaux étrangers sont éliminés par l'addition de carbonate de soude en grand excès. Le résidu du traitement est épuisé par une solution chaude de carbonate.

5** Purification de la liqueur et précipitation de l'urane. — La liqueur claire est chauffée dans deux chaudières métalliques : le fer et la chaux se précipitent. La liqueur est coulée ensuite dans des cuves en bois, où4'on précipite l'uranium en uranate jaune clair ou jaune orangé par l'emploi de deux réactifs différents; en jaune clair par addition de soude caustique, en jaune orangé par neutralisation avec de l'acide sulfurique.

Dans les deux cas, on s'assure en rendant la liqueur

23o INDUSTRIE DES MÉTAUX SECONDAIRES.

acide qu'elle ne contient plus d*urane, à Taide du ferrocyanuré de potassium. .

On fabrique six sels : trois nuances différentes d'uranate de soude, les uranates de potassium et d*ammo^ nium et l'oxyde vert.

On a préparé aussi un autre composé le rougé\ d'urane, en faisant digérer du sulfure d'uranyle récemment précipité en solution aqueuse avec un excès dé sul l'hydrate d'ammoniaque.

De 1869 à 1876, la fabrique de Joachimstahl a livré 67 tonnes de sels divers d'urane. A cette époque, la valeur des uranates était de 67 fr. 5o le kilogramme d'uranate de sodium, 63 fr. 5o le sel de potassium, 73 fr. 75 celui d'ammonium. Le kilogramme d'oxyde valait 80 francs.

Nous avons vu comment était traitée la carnotite pour vanadium. Les eaux mères, débarrassées du vana-; dium par addition de chlorure d'ammonium, sont additionnées d'un grand excès de carbonate de sodium. On maintient à l'ébullition pendant une demi-heure. Dans la liqueur claire, se trouve l'uranate de sodium dissous dans l'excès de carbonate. On le précipite après filtration et nouvel épuisement du résidu parla soude ou par l'acide sulfurique, comme à Joachimstahl.

Enfin, on peut avoir à traiter de l'autunite, comme il nous est arrivé pour certains minerais d'Espagne. La dissolution est facile avec l'acide nitrique ; la plus grande partie de la gangue reste inattaquée, on la sépare par décantation. La solution nitrique claire est neutralisée par l'ammoniaque, puis additionnée d'acide acétique. Tout l'uranium se précipite à l'état de phosphate. Le précipité après lavage est redissous par un excès de

URANIUM.

carbonate de sodium, et le phosphore est éUmlné par Tadditioa de sulfate de magnésium. La solution est filtrée, évaporée à sec, reprise par Tacide chlorhydrique et traitée par Tammoniaque. L'uranate d'ammonium précipité est lavé, séché et calciné pour être transformé en oxyde vert.

(67). Préparation des composés et Cours. —

Voici, d'après M. Lallemand*, le tableau de la production annuelle en kilogrammes des sels d'urane, à Joachimstahl, de 1859 à 1876.

URANATÊ DE SOI

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