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SALPÊTRE

Les différentes régions de la Chine sont assez abondamment pourvues de salpêtre; mais ce sel important, qui est un des éléments constitutifs de la poudre à canon, se rencontre surtout dans les provinces du Nord. Les marchands qui l’exploitent doivent être munis d’autorisations délivrées par les mandarins; sans cette précaution, ils sont considérés comme des contrebandiers, et la loi les punit comme tels.

Certaines parties du territoire de la province de Tchanghoaï (nord de la Chine) sont couvertes d’une efflorescence de salpêtre; vers le milieu de l’automne les habitants balayent cette poussière saline et la recueillent; au moyen d’une sorte d’écumoire ou de tamis, ils séparent grossièrement les impuretés d’origine organique, et font ensuite dissoudre dans l’eau le sel mêlé de substances terreuses. Celles-ci se précipitent au fond du liquide, qui est séparé par décantation, et qui fournit par évaporation des cristaux de salpêtre relativement pur. Les trois provinces les plus célèbres pour la production naturelle du salpêtre sont : le pays de Chou ( partie occidentale de la province actuelle de Sse-tchuen), la province de Chan-si, et celle de Chang-tong. Le salpêtre extrait de cette première source se nomme Tchouen-siao ou salpêtre de rivière y celui que l'on retire de la seconde, Yen-siao ou sel salpêtre, et celui enfin que fournit la troisième province prend le nom de Thou-siao ou salpêtre de terre.

POIÎDIU-; A CANON.

•La poudre chinoise est formée, comme celle des Européens, de soufre, de salpêtre et de charbon. Le charbon est produit par la calcination, en vases clos , de racines et de branches de saules, de cyprès, de bouleau, de mauve des jardins {Mal va hortensis), etc. La nature du charbon influe sensiblement sur les qualités de la poudre, et chaque variété lui communique des propriétés distinctes.

La poudre employée par les Chinois n’est pas fine , ses grains sont d’une grosseur assez considérable, et elle n’a jamais l’inflammabilité de la nôtre; sa préparation est d’ailleurs grossière : les matières qui la constituent, imparfaitement mélangées, ne sont pas toujours d’une grande pureté;

aussi il en résulte que la poudre chinoise encrasse les canons des fusils et ne peut fournir un tir régulier.

Parmi les mélanges inflammables imaginés par les Chinois pour les usages de la guerre, nous mentionnerons : le feu empoisonné , le feu divin , le feu légal, le feu qui met en pièces. La première préparation a pour base l’arsenic, la seconde l’orpiment et le cinabre.

(En résumé, les Chinois connaissent un grand nombre de poudres dont ils font un très-grand usage , et sous ce rapport ils n’ont certainement rien à envier aux Européens; il est vrai qu’ils n’ont pas perfectionné comme nous leur fabrication, mais il n’y a certes pas lieu de les en blâmer, les engins de guerre ne répondant pas chez eux à des nécessités politiques.) P. C.

L’art du verrier proprement dit est peu développé en Chine, et il y a tout lieu de croire qu’il en a toujours été ainsi ? le verre n’a ja nais été l’objet d’études sérieuses, et les quelques pièces de fabrication chinoise qui ont été produites ne doivent être considérées (pie comme des échantillons isolés et exceptionnels.

Les substances (pie les Chinois employaient autrefois pour fabriquer le verre ne sont pas nettement décrites dans leurs auteurs; elles étaient composées de plomb, de soufre, de soude ou de potasse, unis avec des pierres alumineuses réduites en poudre. Les anciens habitants du Céleste Empire savaient produire, par la fusion de ce mélange, une substance transparente analogue au sucre de gélatine. Ils savaient encore la modeler"en vases de toutes formes, en prenant une partie de la masse vitreuse à l’extrémité d’un tube de cuivre

pour la souffler, comme on le fait en Europe, mais il ne semble pas que ce dernier procédé ait été régulièrement usité.

Les Chinois ont quelquefois coloré le verre de différentes manières, mais leurs auteurs disent que la couleur rouge n’a jamais pu être obtenue, car le cinabre qu’on essaye de mêler au verre change immédiatement au feu (le cinabre ou sulfure de mercure se décompose en effet par la chaleur). Depuis que les Hollandais ont introduit le bleu de cobalt dans le Céleste Empire, les Chinois savent préparer un verre bleu qui imite grossièrement le lapis-lazuli ; mais cette fabrication, qui a toujours été restreinte, est encore aujourd’hui peu développée.

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