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ÉTAIN

Les provinces du sud-ouest de la Chine fournissent la presque totalité de l’étain qui sert aux divers besoins de l’industrie; ou le rencontre cependant en plus ou moins grande abondance dans quelques autres provinces, mais les deux arrondissements de Man-tan et de I lo-tchi produisent les 8/10 du minerai exploité. Les pays de Ileng et de Vong ne viennent qu’au second rang sous le rapport de la production de ce métal important. Les provinces de Ta-li et de Thsou-yong (Yun-nan) sont assez riches en minerai d’étain, mais leur distance des lieux de consommation est trop considérable pour que l’exploitation puisse s’y établir sur une grande échelle. Du reste, la majeure partie des minerais

traités dans le sud provient de l’étranger, et le métal réduit est ensuite expédié dans les localités importantes du Céleste Empire.

Les Chinois distinguent deux espèces de minerais d’étain:

1° L’étain des montagnes et des mines;

2° L’étain des rivières.

La première espèce se subdivise en deux variétés; l’une d’elles est formée de gros blocs du volume d’une citrouille; l’autre de fragments divisés de très-petite dimension. L’étain dit des rivières se rencontre dans les torrents qui serpentent sur les versants des montagnes, il est formé d’une matière pulvérulente noirâtre (ou oxyde d’étain).

L’étain des montagnes se trouve généralement à une faible distance de la surface du sol, et la gangue qui l’entoure peut en être facilement séparée. Pour subvenir à tous les besoins de l'industrie, on exploite encore une autre espèce d’oxyde d’étain qui .se trouve dans la terre, en blocs si volumineux, qu’ils forment, dit-on, à eux seuls des montagnesentièrcs. Les Chinois exploitent presque tous les minerais à ciel ouvert ; on commence par extraire les blocs situés à la partie supérieure du gisement, et à mesure que l’exploitation pénètre plus profondément, les frais de main-d’œuvre s’accroissent en raison des transports et du matériel que nécessite ce mode de travail.

Le minerai d’étain, une fois extrait, est soumis à un lavage qui enlève une partie de la gangue et des matières terreuses avec lesquelles il est toujours mélangé. Quand l’eau fait défaut sur le lieu même de l’exploitation, on la fait venir à l’aide de longs canaux de bambou. L’eau ruisselle sur les tas de minerai placés dans des caisses ou sur de longues tables ; l’oxyde d’étain et les matières terreuses se séparent ainsi par le lavage, en raison de leur différence de densité.

Après le lavage, le minerai est placé dans des fourneaux en brique, dont les grilles sont couvertes d’une couche de

charbon de bois; on enflamme le combustible et on accélère la combustion au moyen de soufflets qui permettent d’élever plus ou moins la température. Le charbon se transforme ainsi en oxyde de carbone qui réduit l’oxyde d’étain ; le métal tombe en gouttelettes qui se rassemblent dans un canal, et il arrive à l’état liquide au milieu de bassins en terre dont le fond plat est couvert d’une couche de porcelaine ou de charbon de bois pulvérisés. Pendant l’opération de la réduction du minerai, on ajoute fréquemment dans les fours de la cendre de charbon provenant des traitements précédents; cette cendre agit comme fondant et active singulièrement la réaction.

L’étain que produisent les sables stannifères est le plus estimé et le plus pur; il suffit, pour l’obtenir, de laver le minerai avant de le soumettre à l’action réductrice du charbon.

L’étain chinois n’a pas toujours le degré de pureté que nécessitent les usages auxquels on le destine ; les procédés de purification mentionnés par les textes chinois ne nous paraissent pas assez précis pour que nous les reproduisions; nous dirons toutefois qu’ils consistent dans la fusion lente du métal sur la sole d’un four incliné. Le métal s’écoule en abandonnant les matières étrangères qui le souillent.

Malgré ces précautions, l’étain renferme souvent une notable quantité d’arsenic, car, au dire des Chinois, il est cassant, ce qui est une preuve à l’appui de notre affirmation ; le vin conservé dans des vases d’étain peut même, d’après les livres chinois, devenir vénéneux à la longue; aussi l’étain destiné à la fabrication des vases usités dans l’art culinaire provient-il exclusivement de quelques mines spéciales, telles que celles de la presqu’île de Malacca, qui produisent un métal d’une grande pureté.

Pour rendre l’étain malléable, les Chinois l’additionnent d'une certaine quantité de plomb; cette addition est souvent

même exagérée et donne lieu à des fraudes. On reconnaît la présence du plomb en réduisant en grenaille le métal et en le laissant quelque temps en contact avec du vinaigre, qui dissout le plomb sans attaquer l'étain.

L’étain est employé dans la fabrication d’un grand nombre d’alliages qui servent à produire les instruments de musique, les objets d’art, etc.

Zi NC.

Le zinc, «pie les Chinois désignent sous le nom de plomb japonais , n’est pas mentionné par les livres anciens; il ne paraît être connu en Chine «pie depuis le commencement du xvir siècle*. Le minerai de zinc (calamine ou carbonate de zinc) se rencontre principalement «lans la province de Chansi, et dans les arrondissements de King-tcheou et de llengtcheou. Pour extraire le métal qu’il renferme, on le concasse et on l'introduit dans «les creusets de terre réfractaire dont les couvercles sont soigneusement lûtes avec de l’argile. Ces creusets, qui contiennent plusieurs kilogrammes de minerai, sont disposés les uns au-dessus «les autres en couches horizontales, entre lesquelles on interpose des morceaux do houille. Les creusets ainsi étagés en forme de meule sont couverts de branches sèches ; on met le feu à la partie inférieure de la meule; la flamme ne tarde pas à se propager dans toute la masse et la combustion se prolonge pendant un temps déterminé. Après l’opération, les creusets sont ouverts et on en retire le zinc métallique réduit.

(On ne peut expliquer, à ce «pie nous croyons, la réduction du minerai «jue par l’absorption du gaz oxyde de carbone

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