‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 18 sur 115 · ARSENIC · texte numérisé non relu

ARSENIC

(Les minerais d’arsenic que l’on rencontre en Chine sont analogues à ceux qui se trouvent dans les assises géologiques

des lorrains il»; l’Europe; ce sont le protosulfure d’arsenic (orpiment) et le bisulfure (réalgar). Les minerais d’étain renferment fréquemment aussi des quantités notables d’arsenic (pie fort sépare dans nos pays par le grillage; pendant cette opération il se forme de l’acide arsénieux,' directement employé dans l’industrie. Les (Illinois ne savent pas purifier leurs minerais d’étain par cette méthode si simple, et il eu résulte que le métal obtenu, souvent arsénifère, est de mauvaise qualité. P.

En (Hune, on n’emploie l’arsenic que sous forme de sulfure ou d’acide arsénieux; on prépare ce dernier produit par le grillage de certains minerais arsénifères auxquels sont souvent associés le cobalt et le fer. On emploie, our exécuter cette opération, des fours semblables aux nôtres, à quelques modifications près. La capacité des fours est variable suivant la quantité de minerai qui doit subir le traitement. Le minerai est soumis à l’action de la chaleur et «à l’influence d’un courant d’air, aspiré par une cheminée d’appel, que recouvre imparfaitement une espèce de marmite en fonte. Le sulfure se décompose, le soufre qu’il renferme se dégage à l’état de gaz acide sulfureux, tandis que l'arsenic oxydé se condense sur les parois froides de la marmite en fonte, à l’état d’une matière pulvérulente blanche. Cet acide arsénieux divisé se désigne sous le nom de givre d’arsenic.

Ce terme assez significatif de givre sert encore à désigner d’une manière générique certains composés, tels que la céruse, qui se produit sous l'action de l’acide acétique et du plomb soumis à l’influence de l’air et d’une douce température.

Quand le premier récipient de fonte est suffisamment rempli de givre d’arsenic ou d’acide arsénieux, on le remplace par un second et ainsi de suite. La matière ainsi condensée, est directement livrée à l’industrie, mais elle n’est jamais d’une grande pureté; elle renferme généralement de

l’oxyde de fer qui provient des parois- du vase de fonte, et on la purifie quelquefois par voie de cristallisation.

Les fours à grillage des minerais arsénifères sont toujours construits à une grande distance des lieux habités ou des champs en culture ; les vapeurs toxiques qui s’en dégagent vicient l’air et sont aussi dangereuses pour les hommes et les animaux que pour la plupart des végétaux.

Les ouvriers attachés à cette industrie ne travaillent pas d’une manière continue ; après deux opérations consécutives, ils cèdent «à d’autres leur pénible besogne. Sans cette précaution indispensable, leur santé, rapidement ruinée, les rendrait impropres à tout travail. D’après les textes chinois, l’arsenic est employé avec succès pour préserver les racines des plantes de l’invasion des mulots. Il paraîtrait même qu’en plongeant les radicelles du riz, avant de les repiquer, dans une solution étendue d’acide arsénieux, on les garantit de la triple influence des moisissures, des plantes parasites et des insectes; l’arsenic exercerait de plus une action salutaire sur le développement de la plante et sur l’abondance de la récolte.

L’art médical chinois emploie l’arsenic pour guérir les ulcères et quelques autres maladies particulières au pays.

Page 1