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CUIVRE

Les mines de cuivre sont nombreuses en Chine; suivant le Chan-haï-king (le Livre des montagnes et des mers), il existe quatre cent trente-sept montagnes qui fournissent ce métal , soit à l’état natif, soit- à l’état de minerai. Les provinces qui livrent à l’industrie les plus grandes quantités de cuivre sont celles de l’Est, comprises entre le Sse-tchuen, et Koueï-tcheou*, elles exploitent le minerai que les vaisseaux des barbares amènent sur leurs côtes.

Les provinces les plus riches en minerai sont celles du Hou-kouang et du kiang-si, les arrondissements de Hong et de Chouï fournissent une qualité de cuivre que l’on nomme Mong-chang-tong, et qui est souvent confondu avec les autres qualités: le Mong-chang-tong est très-dur, et le traitement des minerais d’où on le tire présente de grandes difficultés.

Le cuivre rouge, allié au zinc ( nommé en chinois plomb japonais ), donne le cuivre jaune; fondu avec l’arsenic, il se transforme en cuivre blanc ; combiné, dans île certaines proportions, avec le zinc, il produit le cuivre sonore qui est employé dans la fabrication des instruments de musique; allié enfin avec un grand excès de zinc, il donne une substance métallique très-fusible qui peut servir au moulage.

Le cuivre natif est généralement disséminé en petits grains, dans une gangue pierreuse. La forme des petites pépites de cuivre est variable et leur couleur est tantôt jaune, comme celle du laiton , tantôt rouge comme celle de l’oxyde de fer. Pour séparer ce cuivre des sables avec lesquels il est mélangé, on emploie un procédé très-simple ; un lavage sullil pour entraîner la presque totalité de la gangue, et le résidu, soumis à une température élevée, abandonne le cuivre pur par la fusion.

Le cuivre natif est quelquefois mélangé de plomb, et pour opérer, dans ce cas, la séparation des deux métaux, on les fait fondre ensemble dans un fourneau muni de deux ouvertures superposées. On chauffe à la température du rouge naissant, le plomb entre seul en fusion, et s’échappe par l’orifice supérieur. Quand tout le plomb fondu est écoulé, on élève la température jusqu’à la fusion du cuivre, qui s’échappe par l’orifice inférieur. Le cuivre se trouve dans le commerce sous forme de lames carrées ou rectangulaires.

Pour transformer le cuivre rouge en cuivre jaune, on fait fondre ensemble dans le même creuset six livres de cuivre

et six livres de zinc; les creusets, fabriqués avec de l’argile.

sont chauffés dans des fourneaux alimentés avec de la houille Quand on veut obtenir un alliage malléable, on combine le cuivre et le zinc avec une certaine quantité d’étain exempt de plomb.

Pour fabriquer les gongs ou tam-tams, on emploie un alliage formé de quatre-vingts parties de cuivre et de vingt parties d’étain ; pour obtenir des cymbales, on se sert du même alliage, mais il faut que les deux métaux constitutifs soient pris à un grand état de pureté. Quand on veut fabriquer des vases métalliques communs, on allie le cuivre et le zinc par parties égales ; quelquefois même on se sert d’un alliage contenant six parties de zinc et quatre parties de cuivre.

Parmi les minerais de cuivre qui se rencontrent en Chine, il faut signaler plusieurs minerais colorés en vert, comme la malachite, en bleu comme l’azurite ; on trouve aussi en grande abondance, dans certains pays, le sulfure de cuivre et quelques autres minerais dans lesquels le cuivre est associé à l’argent.

Pour séparer l’argent uni au cuivre, on fond l’alliage de ces deux métaux, avec du plomb. D’après l’auteur chinois, le plomb s’allie à l’argent, et le lingot obtenu après fusion renferme la totalité du métal précieux. Pour séparer le plomb de l’argent, on introduit dans un creuset un mélange de cendre de paille et de cendre de bois, lavée et séchée au soleil ; on ménage au centre une cavité dans laquelle on place le plomb argentifère. On chauffe à une haute température; le plomb s’oxyde; lalitharge formée pénètre dans la masse de cendres.

On brûle dans ces fourneaux des pains de houille, formés de poussier de charbon de terre, mélangés d’argile et de colle de riz. Ces agglomérés brûlent longtemps, en fournissant une température égale; ils proviennent de la province de Kiang-si.

et l’argent est bientôt isolé à l’état de pureté. ( Ce procédé est analogue à l’opération que nous désignons sous le nom de coupellation.)

(Nous avons dû retrancher de ce chapitre beaucoup de faits mentionnés par le texte chinois; plusieurs d’entre eux semblent imaginaires, incomplets , et sont entachés d’erreurs au point de vue chimique ; il est de notre devoir de ne mettre sous les yeux du lecteur quedes documents sérieux, et d’éviter de signaler des faits vagues ou douteux.) P. C.

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