CLOCHES
Les cloches se fabriquent, soit avec du cuivre, soit avec de la fonte ; quant à celles qui sont réservées au Palais Impérial , elles offrent la composition suivante, d’après le texte chinois :
Cuivre • 47,000 livres.
Lia in 4,000 »
Or 30 onces. -
Argent 120 »
(Pendant notre séjour à Han-keou, nous avons pu examiner de près une fonderie de cloches et de quelques autres pièces eu fonte; nous allons décrire rapidement les principales opérations de cette fabrication Dans la fonte d’une grande
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cloche de deux mètres de hauteur environ, le moule était formé d’argile battue , saupoudrée intérieurement de charbon de bois et séchée au soleil. Ce moule était divisé en trois parties cylindriques, contenant à l’intérieur un autre moule destiné à former la partie interne de la cloche. On plaçait ces fragments de moules successivement les uns sur les autres, à mesure que le précédent était rempli; la fonte était coulée par portions de quinze à vingt kilogrammes.
Ce procédé si grossier donnait cependant un bon résultat, la pièce possédait un beau son, et sa surface avait exactement pris l’empreinte des dessins creusés en négatif dans le moule.
La fonte était obtenue dans des espèces de petits cubilots à bec, en terre réfractaire, fixés sur un trépied et mis en communication avec la tuyère d’un soufflet à main que deux ouvriers pouvaient faire agir. Le soufflet est composé d’une caisse rectangulaire en bois dans laquelle se meut un piston de même forme ; des clapets disposés dans la boîte rectangulaire permettent à l’air de s’y introduire quand le piston se soulève; quand il s’abaisse, l’air refoulé s'échappe par la tuyère. (N oir la planche iv.)
Les cubilots, évasés à leur partie supérieure, sont chargés
de débris de fonte et île morceaux de charbon de terre; on active la combustion par un courant d’air continu, et la fonte ruisselle bientôt à la partie inférieure de l’appareil. Quand les contre-maîtres pensent que la quantité de métal fondu est suffisante, ils font basculer le cubilot sur ses deux pieds de devant, et la fonte s’écoule par le bec, dans une poche en fer doublée de terre réfractaire qu’un ouvrier se hâte de vider, à l’aide d’un manche en bois, dans le moule où s’opère la coulée de la cloche. La poche vidée est remplie de nouveau et ainsi de suite jusqu’à la lin de l’opération. Quand nous avons assisté à cette fabrication à Han-keou, on employait trois cubilots qui fonctionnaient ensemble ; il ne fallut pas moins d’une nuit entière pour couler la cloche.
Nous avons vu fondre en même temps des bassines qui ne le cédaient en rien à celles que nous confectionnons en Europe. Les Chinois emploient presque exclusivement des vases de fonte, pour les usages domestiques, et ils ne fabriquent que très-rarement des objets en fer.) P. C.