‹ Industries anciennes et modernes de l'empire chinoisChapitre 36 sur 115 · I.AN O U IN RI GO · texte numérisé non relu

I.AN O U IN RI GO

( Indigo fera tinctoria.)

Les Chinois distinguent cinq espèces de plantes qui produisent l’indigo. Les unes se reproduisent par les racines, et

DK L’EMPIRE CHINOIS.

les autres au moyen des graines. La plus importante de toutes ces espèces est le Tcha-lan

On procède à sa récolte pendant l’hiver, en en coupant la tige; on enlève les feuilles et on les jette dans un bassin en pierres cimentées, qu’on remplit d’eau de chaux. Sous l’influence de la chaux, les feuilles développent une matière bleue qui constitue l’indigo. On arrache ensuite les racines, on les fait sécher et on les enterre pour les conserver jusqu’au moment où elles doivent être plantées. Vers le printemps, on brûle toutes les herbes parasites qui ont envahi le sol destiné à la culture de l’indigo, puis, avec un instrument en fer dont l’extrémité est courbée en forme d’alêne, on pratique dans le sol des trous obliques et on y enfonce les racines. La plante ne tarde pas à pousser et à donner des feuilles.

Les autres espèces d’indigo se récoltent à l’état de graines que l’on sème dans les champs ou dans les jardins. La plante commence à croître vers le milieu du printemps, les tiges sont coupées vers le septième mois de l’année et sont conservées pour en extraire la matière colorante bleue.

(L’n second auteur chinois donne quelques détails sur la culture et la fabrication île l’indigo, et nous croyons devoir reproduire ces documents assez intéressants.) Cette culture, dit-il, exige une terre de bonne qualité, qui doit être labourée trois fois. On fait tremper les graines dans l’eau jusqu’à ce qu’elles commencent à germer, et on les sème. Quand les tiges ont trois feuilles, on les arrose le matin, au lever du jour, et le soir à la tombée de la nuit. Dans le cinquième mois on profite de l’humidité du sol (les pluies sont fréquentes à cette époque) pour labourer la terre et arracher les jeunes plantes que l’on repique. Cette opération doit se faire trèsrapidement, car il ne faut pas que la terre ait le temps de sécher. On plante trois liges ensemble et on dispose ainsi des pieds régulièrement séparés par une distance de huit pouffes. Dans le septième mois, on creuse en terre un fossé assez grand pour contenir cent bottes de tiges, et on le garnit inté-

rieurement dans toute son étendue d’une couche d’argile et île paille hachée, épaisse de cinq pouces. On y jette de l’eau et on y introduit ensuite les plantes qui doivent fournir la matière hleue et on les maintient en contact avec le liquide pendant une, deux ou trois nuits, suivant la température de l’air. Passé ce temps, les tiges sont retirées du fossé et le liquide qui s’y trouve est additionné de chaux; on agite et on bat énergiquement le mélange ; la matière bleue se dépose bientôt; on la recueille pour la placer dans des baquets où elle est séchée.

Un autre procédé d’extraction de la matière bleue pour les plantes de la petite espèce consiste à découper les tiges et les feuilles en menus fragments et à les laisser digérer dans une chaudière pleine d’eau bouillante. On enlève les impuretés et on introduit le liquide dans des jarres, où l’on jette des feuilles qui ont été trempées seulement dans l’eau froide et déchirées entre les mains; on additionne de chaux le mélange ainsi obtenu, et, suivant la proportion de cette dernière substance, on produit une couleur d’un bleu plus ou moins intense.

(L’indigo est d’un emploi très-général en Chine : il sert à teindre les étoiles de colon que porte le peuple, mais la nuance actuelle est moins belle que celle des temps passés, et les Chinois ne semblent pas apporter les mêmes soins que jadis à cette fabrication. Les divers échantillons d’indigo que nous avons recueillis en Chine étaient toujours d’une qualité inférieure à ceux qui proviennent du Bengale; ils renfermaient un excès de chaux nuisible à la réussite des traitements que le teinturier doit faire subir à la matière avant de l’employer. Nous ne doutons pas cependant que l’indigo bien préparé suivant les méthodes usitées actuellement dans l’Inde ne puisse devenir une source de richesse et de prospérité pour le Céleste Empire.) 1\ C.

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