TI-HOANG (LITTÉRALE MK NT JAUNE DK TERRE
(Hhemnesia sinensis.)
Cette plante est très-répandue en Chine, mais l’espèce la plus estimée provient de la province du Ho-nan. Klle commence à pousser dans le second mois de l’année; sa tige est hérissée de petits poils blancs, et ses feuilles d’un vert foncé s’étendent jusqu’au sol, comme celles du Brassia purin , dont elles se distinguent cependant par leur épaisseur. Ces feuilles du Ti-hoang atteignent une longueur qui varie entre quatre pouces et un pied; elles sont comestibles et les Chinois en font une salade très-digestive. Les fleurs, dans leur développement complet, ressemblent à celles du Scsamum orientale ; elles n’en diffèrent que par des points rouges et violacés dont elles sont tachetées. Les graines ont quelque analogie avec celles du froment. La racine est jaune comme la variété de carotte qui est douée de cette couleur (Daurus carola ); elle est d’une longueur très-variable.
Le Ti-hoang se sème par racines, dans un terrain meuble et sablonneux. Le sol doit être labouré dans le douzième mois, et, pendant le premier mois de l’année suivante, on y fait passer la herse à plusieurs reprises. Il faut éviter que les eaux
pluviales n’y séjournent, et on y pratique à cet elîet des canaux d’une largeur de deux pieds, entre lesquels on dispose des planches assez larges et surélevées (culture dite en billons). Malgré ces précautions, quand la saison est pluvieuse, les plantes pourraient être exposées à l’humidité au moment de leur premier développement : on évite cet inconvénient en creusant de nouvelles rigoles de trois à quatre pouces de profondeur, dans le milieu des lignes de plantation.
Quand la semaille est faite, on couvre le sol d’herbes pourries qui y séjournent tout l’hiver; au moment où les premiers rejetons paraissent, on brûle toutes les herbes et les rejetons sont consumés; cette opération a pour but de faire pousser de nouvelles feuilles et de donner plus de vigueur aux racines. Dans le temps qui s’écoule entre l’époque de la plantation et le printemps, on procède au sarclage à trois ou quatre reprises différentes et on arrache enfin les plantes au bout d’une année, il n’est pas rare de voir de nouveaux rejetons prendre naissance après l’arrachage, et dans ce cas, on les enlève vers le huitième mois, au moment de leur complet développement. Les racines du Ti-hoang, qui renferment la matière colorante, doivent être séchées au soleil ou au feu, suivant les terrains où elles se sont formées.
HOAÏ-1IOA.
(Fleurs du Soplioru japouicu. )
Cet arbre ne donne, dit-on, des fleurs et des fruits qu’après dix années de développement. On récolte les boutons au moment où les fleurs vont paraître, et on les soumet à une ébullition dans l’eau. Ils se désagrègent sous l’action de la chaleur et ils forment une pâte qui, pétrie entre les mains, est livrée aux teinturiers sous forme de pains. Les fleurs
arrivées à leur développement complet peuvent encore être employées, quand on les mélange avec la chaux; dans tous les cas, la nuance obtenue est d’un beau jaune.
Un second auteur mentionne un traitement d’un autre ordre, pour extraire la matière colorante destinée à la teinture; il dit que les fleurs du Hoaï-hoa doivent être grillées jusqu’à ce qu’elles aient pris une nuance plus foncée, et que c’est seulement alors qu’elles sont mises en digestion dans l’eau bouillante. Quand la liqueur obtenue est suffisamment épaissie par l’ébullition, on la jette sur un filtre de soie; le liquide filtré, additionné d’alun etd’écailles d’huîtres pulvérisées, forme une masse pâteuse qui est façonnée en pains et séchée à l’ombre.
DERVILLA VERSICOLOR, SOPUOUA JAPONICA.
( Écorce de châtaignier * )
La décoction aqueuse du Drrvilla vcrsicolor , à laquelle on ajoute une lessive de cendres de paille de riz, fournit une belle couleur jaune doré.
L’extrait des fleurs du Sophora japonica donne une nuance jaune qui produit avec l’indigo le vert mandarin.
L’écorce de châtaignier, enfin, fournit une décoction qui, mêlée de sulfate de fer, produit un beau noir.