YEN-KOU-TSE
(Nux gallæ tinctoriœ.)
Les arbres sur lesquels on trouve la noix de galle croissent en abondance sur les montagnes et les plateaux de l’est et du sud de la Chine; ils offrent quelque analogie avec le frêne {Fraxinus si ne nsi. s). Leurs feuilles sont opposiles, elles sont longues, dentelées, leur face est d’un vert pâle et leur revers est blanc.
Les feuilles sont souvent recouvertes d’excroissances de grosseur variable, dues à la piqûre de petits vers. Ces excroissances sont recueillies vers le huitième mois, quand elles ont passé de la couleur verte à la nuance jaune; on les expose à la vapeur d’eau bouillante dans le but de détruire les insectes qui y sont contenus, et on les fait sécher.
La noix de galle ainsi préparée se vend directement aux fabricants de couleurs qui la réduisent en poudre, y ajoutent du thé et font bouillir le mélange obtenu jusqu’à consistance sirupeuse. Cette première opération terminée, ils ajoutent au
produit pâteux de la lie de vin chinois, et ils le soumettent à la fermentation. Il ne reste plus qu’à le façonner en pains, à le sécher, et il est prêt à être employé.
Quelques écorces, celle du grenadier notamment, fournissent une teinture noire.
(Nous devons faire remarquer ici que l’auteur chinois oublie de mentionner l’addition indispensable d’un sel de fer, pour obtenir une couleur noire avec ces substances; nous avons vu cependant, en Chine, des ouvriers teindre des étoffes en noir par des procédés identiques au nôtre; ils employaient un mélange de teinture de noix de galle, ou d’écorce de chêne et de sulfate de fer. On se sert fréquemment en France de campêche mélangé avec une solution de bichromate de potasse pour produire une teinture noire de belle qualité, mais cette méthode n’est pas mentionnée dans les textes chinois.) P. C.