PRÉPARATION DU BIÆU D’INDIGO
On choisit avec soin l'indigo doué d’une belle couleur bleu foncé et de reflets métalliques; on le réduit en poudre fine, et, à l’aide d’un tamis, on sépare les matières étrangères, telles que feuilles, débris organiques, etc.
La partie tamisée est chauffée dans une cuve contenant de l’eau et de la gélatine; par l’action de la chaleur le mélange s’opère, et, quand la cuisson a été suffisamment prolongée, on recueille seulement la partie supérieure du liquide presque entièrement coagulé, et on le fait sécher au soleil, ou sous l’action d’un foyer produisant une douce température.
Les auteurs chinois disent que cette opération n’est pas exemple de difficultés; elle exige une grande attention de la part de l’opérateur, qui doit éviter avec soin que la chaleur
ne soit par trop intense ; la matière colorante peut facilement être altérée pendant celte opération 1 2 .
(L’auteur n’a pas indiqué la méthode employée pour teindre les étoffes avec l’indigo. Nous nous sommes assuré qu’elle était analogue à celleque nous suivonsen Europe). P. C.
FABRICATION Dü VERT DE CHINE A HAN-KEOU.
(Cette fabrication a déjà été décrite bien des fois, et l’on trouve dans la brochure publiée par M. Natalis Rondot, au nom de la chambre de commerce de Lyon, tous les documents qui ont paru sur ce sujet. Néanmoins, comme ces documents sont souvent contradictoires, nous avons pensé qu’il n’était pas sans intérêt de décrire d’une manière complète les procédés de fabrication de cette matière et son emploi pour la teinture, procédés que nous avons observés avec grand soin et à plusieurs reprises. De grandes jonques arrivent à Hankéou vers le mois de novembre, chargées de l’écorce des arbres destinée à la fabrication du vert; elle provient des provinces du Sse-tchuen et du Koueï-tcheou *.
L’écorce est coupée en morceaux dans lesquels on trouve presque toujours de petits fragments de bois adhérents ; car les Chinois, au lieu de l’enlever simplement, la séparent au moyen d’un couteau qui détache en même temps des parties de branches. On emploie en général deux et même trois espèces différentes d’écorces. On introduit ces fragments dans une chaudière formée d’une bassine de fonte surmontée
1. Nous laissons à l'auteur chinois la responsabilité des descriptions botaniques que renferment les chapitres précédents, ainsi que celles qui sont contenues dans les articles sur les arbres à cire.