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LE SALAIRE ET LE REGIME ALIMENTAIRE

Les opinions les plus diverses ont été émises sur cette question intéressante, mais la plupart des appréciations fournies par des Chinois qui habitent l’Europe, ou par des voyageurs qui ont imprudemment ajouté foi à des renseignements

Les documents qui suivent ont été puisés en Chine même, dans plusieurs provinces différentes, et nous ne les avons acceptés et recueillis qu’après avoir acquis, par un contrôle scrupuleux, la garantie de leur exactitude.

INDUSTRIE SÉRICICOLE A IIAN-KEOU.

(Province de Houpé.)

Un ouvrier qui tisse la soie travaille généralement douze heures, de six heures du matin à six heures du soir; dans cet espace de temps, il confectionne un morceau d’étoffe de 3 à 4 pieds de longueur sur 00 centimètres de largeur.

Il gagne en moyenne 175 sapèques par jour, c’est-à-dire 85 centimes de notre monnaie; on lui donne en outre la nourriture et le logement. Sa nourriture se compose essentiellement de légumes; on y ajoute de la viande de porc une fois par semaine et du poisson huit fois par mois, et quelquefois

du poulet tous 1rs quinze jours (le commencement et le milieu «les mois sont des jours de fête pour les Chinois).

En général, le riz est la base de la nourriture du Chinois, qui en consomme par mois environ AO livres chinoises, représentant une valeur de 1,107 sapèques, ou, en d’autres termes, 2A kil. 160 gr. au prix de 5 fr. 50 c. Si l’on ajoute à ce premier aliment 10 livres de poisson ((> kil. 004 gr.) au prix de 3 francs de notre monnaie, «S livres (4 kil. 812 gr.) de porc à 140 sapèques la livre ou 1 fr. 15 c., 2 poulets de 3 livres (I kil. 812 gr.) à 150 sapèques ou 75 c. la livre, et approximativement 3 francs de légumes, on aura la composition mensuelle de la nourriture d’un ouvrier fabricant de soie de l’extrême Orient.

Un patron estime la dépense d’un homme à 80 sapèques (AO c.) par jour, en ne faisant entrer dans cette évaluation •que les légumes et le riz. Tous frais payés, cette somme peut atteindre le chiffre de 220 sapèques (I fr. 10) par jour : le thé et le tabac figurent dans ce total pour 30 sapèques (15 c.).

Les ouvriers dont nous venons de parler font trois repas par jour, le matin à 8 heures, dans l’après-midi à 2 heures, •et le soir à 7 heures à la fin de leur journée de travail. Nous devons ajouter (pie dans l’industrie de la soie, les ouvriers sont considérés comme très-largement payés, et cxception- .nellement bien nourris.

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