MANUFACTURES DE CHAUSSURES
Le développement de cette industrie au Canada a une histoire intéressante. Avant 1859, le commerce était approvisionné en grande partie par des fabricants des Etats-Unis. Pendant cette année, le droit fut porté de 12^ à 25 pour cent. Cette mesure de protection stimula d'une manière prodigieuse la force de production au Canada, et depuis lors le progrès a été constant. La production des spécialités moyennes et grossières a toujours augmenté d'année en année. Les Etats-Unis contrôlaient encore le commerce des spécialités fines, et ce n'est que depuis deux ou trois ans que le Canada a commencé la fabrication sur un pied considérable, de ces spécialités. Le gros des importations ne forme qu'une partie peu importante de la consommation, et ces importations cesseraient complètement si les commerçants canadiens n'obtenaient la marchandise à des prix beaucoup plus 'bas que le prix courant de l'autre côté de la frontière. L'augmentation de la production a fait diminuer les prix. En 1860, le prix des principales spécialités se chiffrait beaucoup plus bas que celui qui existait lorsqu'on importait cette sorte de marchandises, et le Canada a maintenant la réputation d'être le marché le moins élevé de tout l'univers pour les spécialités de chaussures moyennes et grossières. Nos fabricants ont établi un commerce d'exportation considérable ; le produit des manufactures canadiennes se vend maintenant à Terreneuve, dans l'Amérique du Sud, dans la Grande-Bretagne et les Antilles.
Une autre particularité de ce commerce, c'est que les ateliers qui produisaient autrefois toutes les classes de chaussures, depuis la bottine élégante de dame jusqu'à la grosse botte, s'occupent maintenant d'une seule spécialité et achètent d'autres manufactures les autres spécialités que leurs pratiques peuvent commander. De
cette façon on arrive à produire ia qualité Maxima' au plus bas prix possible, et ii ne peut y avoir de doute qu'avec les hommes énergiques et entreprenants qui contrôlent maintenant ce commerce, l'industrie des chaussures a un brillant avenir. * < >n fait maintenant une grande quantité de chaussures au moyen de machines, ce qui est tout une révolution dans l'ancien système, car les chaussures peuvent maintenant être cousues, ajustées et chevillées par les machines, et tout cela dans l'espace de deux minutes. Montréal semble être devenu le centre de cette brandie d'industrie et est à la Puissance ce que Lynn est aux Etats-Unis.
La fabrication des chaussures "de feutre a augmenté très-rapidement ; cependant ces opérations ne commencèrent qu'en 1878.