‹ Infarctus intestinal d'origine herniaireChapitre 12 sur 25 · LAINE · texte numérisé non relu

LAINE

des crampes ou de fortes coliques. Fréquemment elle s'accompagne d’irradiations descendantes qui n’ont rien de caractéristique. D’autre part, les signes digestifs sont accusés avec netteté. Les vomissements font partie constamment du cortège. [ls suivent de près l’éclosion de la douleur. Alimentaires et bilieux, ils peuvent dans quelques cas relativement rares, être muqueux ou sanglants.

Les évacuations intestinales sont également troublées. Très souvent on note l’existence d’une diarrhée séreuse, très abondante suivie d’entérorragie dans la proportion d’une fois sur cinq, nous dit AME- LINE, auxquelles succèdent plus ou moins rapidement les phénomènes occlusifs. La diarrhée peut manquer et être remplacée par de la constipation ; rarement les selles sont normales, tout au moins après le début. Le Mélaena, signe de toute première valeur, n’est pas constant. D'ailleurs il est tardif ; on ne devra jamais l’attendre pour intervenir, car à ce moment-là 1l peut être déjà trop tard.

Jean PaArez a eu cependant une guérison après opération d’un infarctus intestinal chez une malade qui avait présenté une entérorragie de couleur noirâtre une demie heure avant son arrivée.

Signes physiques

La recherche des signes physiques est capitale. C’est de leur étude méthodique que va dépendre la possibilité du diagnostic. Pour qu’ils conservent

dit on Ti de e

De

toute valeur, ces signes seront cherchés dès le début des accidents ; car rapidement aux phénomènes d’infarctus viendront s’ajouter des manifestations d’occlusion intestinale et de péritonite.

L’inspection du malade montre un abdomen normal ou, plus souvent, légèrement augmenté de volume. La plupart des observations que nous avons étudiées nous révèlent ce ballonnement du ventre. Dans certains cas, on signale la suppression de la mobilité respiratoire.

Au palper, on constate un abdomen plus ou moins contracturé. La paroi a perdu sa souplesse. Tous les degrés de résistance peuvent s’observer depuis la défense légère ou forte jusqu’à la contracture ou la rigidité réalisant le ventre de bois avec hyperesthésie cutanée. Habituellement la résistance est légère et le ventre souple par endroits est plus ou moins résistant ailleurs. Le palper de l’abdomen est sensible, mais pas d’une façon très intense et très limitée.

La percussion révèle une sonorité exagérée aux endroits souples et une matité en regard de la portion contracturée où a été notée la sensation d’une masse profonde dont la consistance rappelle celle d’une tumeur. Dans ce cas, le toucher rectal peut ramener du sang. 5

La constatation de cette légère contracture d’un abdomen un peu ballonné et l'existence d’une matité superposée à la masse profonde sont d’une importance capitale pour l'établissement du diagnostic d’infarctus. Monpor et AMELINE insistent particu-

pré

lièrement sur ce « Météorisme Mat » qui constitue un des signes les plus fidèles et les plus constants.

En présence de ces troubles digestifs et une fois renseigné sur l’état du ventre, on terminera l'examen physique du malade par la vérification du sac herniaire qui apportera la même conclusion ; le sac est vide ; c’est ce qu’on nous a toujours signalé.

Signes généraux

L'état général est très altéré et ce symptôme est frappant. Le malade est shocké et pâle, en état de collapsus assez prononcé, surtout dans les infarctus à début brusque. Partez signale une pâleur extrême du visage et des sueurs froides. Dans l’observation de Currie, le sujet a le facies vultueux et des sueurs abondantes.

L’agitation est fréquente : ce signe revêt une im- ? o

portance toute particulière et doit oceuper dans la symptomatologie de l’infarctus intestinal une place de premier plan. CHARBoNNEL dit que «le malade n’a pas de position, se tient en chien de fusil, hurle de douleur et se frappe la tête contre les murs ». Il gémit et s’agite en quête d’une position qui le soulage.

AMEeLzINE dit que la morphine, même à hautes doses n'arrive pas à calmer cette agitation.

Le pouls est accéléré d’une manière importante. Dans la grande majorité des cas, il atteint ou dépasse 100 pulsations à la minute. Souvent on observe de la petitesse et des intermttences du pouls.

La température est normale, oscillant autour de 370. Cependant CurRTILLET rapporte une observation de malade avec une fièvre de 400 ; c’est le seul cas que nous connaissions où la température s’est élevée dans de telles proportions.

Tel est, dans l’ensemble, le tableau clinique de l’infaretus entéro-mésentérique d’origine herniaire. Aucune des manifestations pathologiques que nous venons d’énumérer ne peut prétendre à être pathognomonique. Cependant aucune n’est négligeable ; toutes ont leur valeur intrinsèque et c’est dans leur mode d’association et dans leurs différences respectives de degré que l’on trouvera la clef du diagnostic.

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