POSITIF
Dans le cas particulier qui nous occupe, une notion
de toute première importance est obtenue par la connaissance des antécédents. à
L'apparition d’un syndrome abdominal aigu chez un porteur de hernie facilement réductible, qui ne
présente aucun phénomène de strangulation, aura
tôt fait d’aiguiller dans la bonne voie. On doit avoir
à l'esprit la possibilité d’un infarctus intestinal,
quand une douleur subite, violente et imprévue survient quelques heures après une réduction herniaire ou apparaît quelque temps après une opération pour hernie prétendue étranglée. Les soupçons ne font encore que s’accentuer lorsqu’à cette douleur localisée en une ou plusieurs régions de l’abdomen, viennent se joindre des vomissements bilieux, mu-
queux ou plus rarement hématiques, une diarrhée
séreuse, abondante, suivie d’entérorragie avec phénomènes d’ocelusion. On pense à ce diagnostic lorsque ces signes fonctionnels sont accompagnés à l’examen du malade, d’un léger ballonnement du ventre,
dus M > à a donné diese se rio iéasitdesétti ess Ptlbion diras
Code 28
dos ste danois cle
"AE tiial métal
Pro ee
d’une légère contracture de la paroi et d’un «Météorisme mat » avec sesnation de masse profonde, d’une altération de l’état général du malade qui est agité et plus ou moins shocké. Les résultats obtenus par la Palpation et la Percussion sont particulièrement intéressants et doivent retenir l'attention. Monpor insiste avec raison « comment admettre que cet
énorme boudin intestinal gorgé de sang, à parois
épaisses de 6 à 7 millimètres, à mésentère épais de 5, 6, 7 centimètres puisse passer inaperçu ».
Certains examens spéciaux sont susceptibles de venir à notre secours pour remédier à l’imperfection de l’examen clinique et aux signes déjà cités, il y a lieu d’ajouter les résultats de ces examens.
C’est ainsi que l’exploration du canal inguinal renseigne sur la rentrée dans l’abdomen de la hernie de l'intestin et sur le vide du sac herniaire. Le toucher
rectal et le toucher vaginal réveillent de la douleur
au fond du Douglas et donnent quelquefois une sensation de masse ; d’une manière plus utile, le toucher rectal peut ramener du sang, alors que l’entérorragie n’a pas encore fait son apparition.
L'analyse des urines peut déceler une albuminurie et surtout révéler un diabète ignoré.
Si l’allure des accidents n’est pas trop rapide, on
peut constater l’existence de sang extravasé dans le
tractus intestinal par les divers réactifs chimiques en usage et notamment par la réaction de Weber. L'étude de la tension artérielle est aussi à recher-
PR
cher et peut apprendre un effondrement tensionnel, un collapsus plus où moins intense.
I] ne faut pas manquer à pratiquer un examen de sang et en dehors du Wassermann et examens similaires destinés à nous fixer sur une spécificité possible, on fera la recherche des proportions respectives des éléments figurés du sang et surtout la leucocytose. Un fait important, au cours de l’infarctus, est l'augmentation des leucocytes polynueléaires avec la progression des accidents. Cette hyperleucocytose constitue un signe de haute valeur.
Enfin un dernier procédé d'exploration encore à l'étude, la radiologie avec ou sans préparation, peut être appelée au secours du diagnostic pour les ventres suspects d’infarctus et peut révéler des distensions ou des images liquidiennes du grêle.
Là se clôt une documentation clinique, sans doute bien insuffisante et les résultats des examens dont nous venons de parler, ne nous apportent pas des résultats absolument concluants. É
D’autre part, on a déjà vu que les signes de l’infarctus sont assez disparates, bien que la présence de quelques symptômes cardinaux soit constante. Pour ne signaler qu’une variante du syndrome de l’infarctus intestinal, nous ferons remarquer une fièvre de 400 dans le cas de Currizzer, alors que dans toutes les autres observations la température oscille au-
tour de la normale. On s’est même demandé s’il ne
s'agissait pas là d’un processus pathogénique différent.
CT
Cependant s’il faut renoncer à un type clinique net et bien tranché de l’infarctus et s’attendre à ne rencontrer des cas d’espèces, on possède, en vue du diagnostic, un sérieux appoint dans la notion de la hernie, dans le mode d’apparition du syndrome et dans les rapports des divers signes entire eux plus que dans chacun en particulier : on tiendra compte, par exemple, de la gravité de l’état général contrastant avec le peu d’intensité des signes abdominaux, de la discordance du pouls et de la température, de la violence de la douleur et de l’agitation, en un mot de tous ces symptômes quelquefois paradoxaux.
C’est Monpor qui s’est encore approché le plus près de la vérité. Qu'il nous soit permis de reproduire ici, à la suite d'AMELINE., ses propres paroles. « Les signes ne sont ni ceux de la péritonite aiguë ni ceux de l’occlusion intestinale franche. Ce qui met l’accent essentiel, en effet, ce sont les signes dramatiques de collapsus. On peut condenser encore davantage les symptômes les plus valables : les signes fonctionnels d’une occlusion, mais incomplète ; les signes physiques d’une tuméfaction pâteuse mate, de contours flous ; les signes généraux d’une hémorragie interne, avec collapsus précoce ».
Mais, encore une fois, variabilité des symptômes et le cadre ci-dessus ne doit pas être considéré comme immuable.
Maintenant nous allons faire la comparaison de l’infarctus intestinal avec les affections qui peuvent donner le change.