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CHAPITRE III

On peut expérimentalement produire une large infiltration épithéliale carcinomateuse

Nous considérerons séparément les lésions dans le testicule et dans le rein du lapin; d’abord celles du testicule.

L’évolution symptomatique de ces lésions expérimentales épithéliales présente souvent une physionomie particulière. C’est très tard, souvent 8 à 10 jours après l’injection, que les phénomènes morbides apparaissent. Il se développe alors rapidement, en quelques jours, des lésions, soit dans l’épididyme, soit dans le corps testiculaire, soit dans les deux parties à la fois. Ceslésions macroscopiquement se distinguent, parquelquescaractères, des lésions inflammatoires, conjonctives. Il n’y a pas de périépididymite, pas d’exsudat, pas de fausse membrane sur la séreuse. Tout se passe dans les cavités épithéliales qui se distendent fortement et sont complètement bouleversées par places. A la coupe, les lésions se présentent parfois comme des petits nodules durs, comme des grains de mil. Le plus souvent, ce sont des lésions plus étendues à centre ramolli, comme cela se voit d’ailleurs parfois dans les néoplasmes épithéliaux

humains. Mais pour établir la véritable nature de ces lésions, il faut de toute nécessité recourir à l’examen histologique.

Ce caractère épithélial histologique repose sur deux grandes constatations. D’abord, le tissu pathologique qui se forme, a dans son ensemble un type bien spécial ; ensuite, il se trouve à la place d’épithéliums normaux, ou bien se trouve en continuation directe avec eux

Si on considère isolées les cellules qui constituent ces lésions, rien ne rend évident leur nature épithéliale. Nous avons vu des cellules conjonctives épithélioïdes prendre absolument les caractères cytologiques que des cellules, qui, elles, dérivaient certainement d’épithéliums. Nous n’avons pas pu établir les caractères distinctifs de la cellule d’origine épithéliale; mais dans l’ensemble de la lésion, dans les caractères du tissu pathologique, il y a des éléments qui permettent facilement de distinguer ces lésions épithéliales, des lésions conjonctives, inflammatoires.

Dans toutes les lésions conjonctives du lapin, avec

formations épithélioïdes le tissu conjonctif voisin est

toujours très malade. Il est toujours infiltré d’éléments

embryonnaires, de petites cellules inflammatoires. Les cellules épithélioïdes peuvent former des îlots, mais ces îlots ne sont pas limités d’une façon précise ; on passe insensiblement dans le tissu conjonctif voisin. Au contraire, nous avons, dans le testicule, obtenu des lésions où le tissu conjonctif n’était, pour ainsi dire, aucunement atteint; il était refoulé, condensé, mais nullement enflammé, et dans ses mailles, avec une limite linéaire, on trouve des amas de larges cellules épithéliales. C’est cette limite linéaire, parfoisextrêmement fine, quidonne

à ces lésions leur aspect très spécial. Des îlots de grandes cellules épithéliales, polygonales, agglomérées sont situés dans des mai lies du conjonctif; ce conjonctif présente sescellules plates, allongées, ses fibrilles sans aucun phénomène de prolifération.

Ce qui surtout établit la nature' épithéliale de ces lésions, c’est que l’on peut suivre histologiquement la transformation des épithéliums normaux en ce tissu pathologique, et que le tissu, ainsi formé, se présente parfois en complète continuité avec des épithéliums encore presque normaux.

Il y a dans le testicule du lapin trois espèces d’épithéliums: l’épithélium des tubes séminifères, l’épithélium du corps d’Highmore, l’épithélium de l’épididyme. La transformation carcinomateuse de ces trois épithéliums se fait d’une façon propre à chacun.

L’épithélium du tube séminifère présente des cellules orientées de sa basale à son centre où convergent les queues des spermatozoïdes ( fîg. I. 1). Ce tube est creux; dans le premier degré de sa transformation il devient un tube plein; les cellules forment un tissu d’éléments tous semblables les uns aux autres ; ce sont des cellules polyédriques soudées entre elles, l’orientation, l’évolution vers le spermatozoïde n’existent plus. Dans ce bloc de cellules épithéliales, il n’est pas rare de trouver des formes anormales du noyau : un gros grain de chromatine entouré d’une vacuole, loin du centre de la cellule (fig. 1. 2). A un degré un peu plus avancé, ces cellules épithéliales se disloquent; elles sont différentes les unes ^ des autres; certaines sont très grandes, d’autres très petites. Ces cellules atypiques distendent un peu le tube qui les contient (fig. I. 3). Le dernier stade de cette

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