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CHAPITRE II

De la méthode employée pour tenter les inocula tions du cancer épithélial

Etant posée la critique précédente, si on veut agir sur Tépiderme, Pinjection sous-cutanée sera complètement éloignée, et ce sera dans une phlyctène faite à Peau bouillante sur le corps muqueux de Malpighi, que l’agent expérimenté sera placé. L’action sur les culs de sac glandulaires de- la peau serait plus délicate à réaliser.

De nombreux systèmes épithéliaux aseptiques sont directement accessibles à l’expérimentateur. On peut, par l’uretère vers le rein injecter une partie du système épithélial de cet organe ; de même les épithéliums de la sous-maxillaire peuvent être injectés par le conduit excréteur; ceux du testicule par le déférent, etc... — Ces inj ections doivent être poussées légèrement pour éviter la rupture des conduits épithéliaux et issue dans le conjonctif voisin du produit injecté. La dissémination sur les épithéliums se fait secondairement à l’inoculation. Dans le testicule, par exemple, un produit bien visible, du charbon, ne peut être injecté en quelques instants au delà de la queue de l’épididyme et quelques semaines

après on le trouve dans les canaux de la tête de l’épididyme. — L’injection étant ainsi poussée le rejet pourrait s’en faire facilement par les voies de sécrétion ou d’excrétion. II est facile de faire permanent le contact de l’agent injecté et de l’épithélium ; il suffit, au-dessous de l’injection, de lier le canal par où on vient de pousser le produit. Les conditions expérimentales restent simples ; les conséquences de la ligature des con-

duits excréteurs, secréteurs, sont bien connues. Les épithéliums s’aplatissent et se distendent légèrement ; mais on n’a jamais ainsi observé de phénomène prolifératif de ces épithéliums.

Dans l’hypothèse de l’existence d’un agent cancéreux, le rôle du terrain épithélial garde une grande importance. L’état pathologique antérieur des épithéliums paraît avoir une grande influence sur la facilité d’évolution de l’agent cancéreux; Les irritations répétées, les inflammations chroniques viennent modifier le terrain. L’expérimentateur peut essayer dé le préparer ainsi pour ses tentatives. Notre action est nulle sur certains états congénitaux anormaux ; les nœvi pigmentaires, les molluscum que l’on observe sur la peau doivent avoir leurs homologues sur toutes les surfaces épithé liales. Ces états épithéliaux peuvent parfaitement créer une susceptibilité à l’action de l’agent cancéreux.

L’agent inoculé sur les épithéliums peut être un agent bien défini, une coccidie, une levure, un champignon, un microbe. Ce peut être aussi un produit non défini où son existence est supposée, une parcelle de cancer par exemple.

Etant donnée notre ignorance sur l’agent du cancer, nous avons débuté par ce dernier produit.

L’expérience la plus simple consisterait à broyer un

cancer du testicule d’un chien, par exemple, et à Y in- %

jecter dans le déférent du testicule du côté opposé. — L’agent qui faisait proliférer l’épithélium du premier testicule, pourrait faire proliférer l’épithélium du second. L’existence de cancer double de l’ovaire, du sein rend cette tentative raisonnable. On pourrait aussi injecter le ou les déférents d’un autre chien de race, d’âge, analogues à l’animal cancéreux. Malgré nos démarches nous n’avons pu réaliser ces expériences les plus simples : nous n’avons pas pu avoir un animal spontanément cancéreux.

Nous avons dû partir de cancers humains, faciles à se procurer.

Nous les avons injectés chez le chien, chez le chat, chez le cobaye, chez le rat, chez le singe sans résultats positifs. Le lapin est le seul animal qui nous ait fourni des résultats certains et concluants.

Les épithéliums présentent de nombreuses variétés ; l’évolution est cornée ou muqueuse ; le nombre des assises, la forme des cellules sont variables ; certains épithéliums* sont acides, d’autres alcalins. Des terrains épithéliaux bien distincts sont ainsi constitués. Pour simplifier les expériences nous sommes d’abord restés dans le même genre d’épithélium. Un cancer du sein de femme était injecté par une fine pipette dans les galactophores des mamelles de lapines pleines ou en lactation. L’insuccès fut constant. C’est en injectant dans le rein et surtout dans le testicule de cet animal des cancers variés, de viscères parfois très différents de ces organes, que nous avons eu des résultats, que nous avons obtenu des réactions épithéliales caractéristiques.

Fait particulier, le cancer épithélial spontané du lapin n'est pas connu ; un gros point de comparaison manque. D'autre part nous avons vu chez cet animal les épithéliums proliférer d'une façon extrêmement désordonnée, très carcinomateuse, au point que le tissu néoformé se trouve très différent du tissu primitif. Il en résulte que ces lésions, que nous considérons comme épithéliales, peuvent être discutées quant à leur nature. Tout d'abord, sans présumer davantage de la nature de l'agent employé nous voulons établir qu'en ayant agi directement sur les épithéliums nous sommes bien arrivés à les faire proliférer abondamment, et s’infiltrer largement dans le tissu conjonctif, c'est-à-dire, à avoir produit une infiltration épithéliale vraiment carcinomateuse.

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