L'iutègre Washington, qui au début ne comprenait riea
A la fin de 1779, il en avait été émis pour 2i2 millions de dollars, qui, en 1781, avaient perdu toute valeur. Cette émission de papier monnaie fut accompagnée des phénomènes dont l'apparition est inévitable. Nous retrouvons les tentatives de maximum : 4 fois, 8 fois, 10 fois, 20 fois les prix de 177i. avec des pénalités sévères contre les contrevenants. Il y eut des mutineries militaires fréquentes parce que les soldats touchaient une solde qui avait perdu toute valeur. Les 7 dollars mensuels équivalaient à 33 cents; Washington, pour faire marcher son armée sur Yorktown, dut envoyer emprunter des espèces à Rochambeau afin de payer les arriérés de solde.
En 1780, le Congrès essaya de substituer de nouveaux billets aux anciens sur le pied de 40 dollars anciens pour un nouveau. Comme on estimait la circulation à 200 millions, cela eût donné 5 millions dollars de nouveaux billets. Mais ceux-ci se déprécièrent immédiatement. Quant aux anciens, ils tombèrent à 500 pour un nouveau à Philadelphie et cessèrent de circuler. Dans le Sud, ils se maintinrent encore quelque temps sur le pied de 1.000 contre 1. Le Congrès voulut introduire des taxes en nature pour Tentretien de Tarmée, la monnaie de papier ne rendant plus aucun service. Ce système donna lieu à d'effroyables abus, à la con-
à ces questions, considérait qu'il fallait pendre les accapareurs, les agioteurs; et lui-même recommandait à son intendant de convertir en terres le produit de la vente de ses récoltes, sans conserver les billets,
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cussion, au gaspillage faute de moyens de payer le charriage, la récolte dut rester sur place et se gâta. Washington dut contremander l'arrivée d'un corps de milice, faute de pouvoir les nourrir.
En 1781, le Congrès recommanda aux Etats particuliers de modifier leur législation et d'abolir le cours forcé des billets. Tous adoptèrent des barèmes pour liquider les dettes plus ou moins conformément à la valeur des billets à des dates différentes. Un tableau de dépréciation recommandé par le Congrès indiquait le billet au pair en septembre 1777, alors qu'il ne valait que 83 cents par dollar. Il y eut des fraudes nombreuses.
La monnaie continentale devint un objet d'exécration. Une loi da Congrès (4 avril 1790) offrit aux détenteurs l'échange des billets à raison de 100 dollars pour 1 dollar en espèces, en titres 6 0/0. Seulement 7.000.000 dollars de billets furent présentés à l'échange.
Après la catastrophe, on se demanda si le billet continental n'avait pas été une taxe de guerre. En tout cas. la dépréciation du billet, due aux conditions dans lesquelles il avait été émis, avait augmenté considérablement le coût de la guerre; elle avait amené des mutineries, obligé de recourir à des réquisitions en nature, au maximum, elle avait pesé très lourdement et très diversement sur les créanciers à terme, sur ceux qui avaient des revenus fixes, sur les établissements de charité et d'instruction qui avaient perdu jusqu'à 97 1/2 0/0
de loiir revenus. Ce fut un emprunt forcé, non pas un impôt.
La constitution des Etats-Unis interdit aux Etats d'émettre des billets de crédit ou de donner force libératoire à tout autre monnaie que l'or et l'argent.
La Chambre des Représentants, par 93 contre 42, en 181i, rejeta la proposition de M. Hall d'émettre des billets du Trésor, ayant force libératoire.
La guerre de sécession éclata eïi 1861. Le 9 août, le secrétaire du Trésor négocia, avec les banques de New-York, de Philadelphie et de Boston, trois emprunts formant un total de LjO millions. Les banques proposèrent d'ouvrir des crédits contre lesquels la trésorerie disposerait par chèques. Il préféra retirer l'or qu'il dispersa à travers les pays. Cette fausse politique obligea les banques de cesser les paiements en or.
Le 7 janvier 1862, h une voix de majorité, le Comité des finances accepta la proposition de M. Spaulding d'émettre des billets avec force libératoire. Les banques et banquiers déconseillèrent cette mesure et suggérèrent de laisser le gouvernement vendre des obligations 6 0/0 à vingt ans au prix qu'il obtiendrait sur le marché plutôt que de faire du papier monnaie. M. Spaulding effraya ses collègues en montrant les obligations vendues à perte, alors que les billets circuleraient au pair. L'événement lui donna tort, puisque finalement les billets perdirent 60 0/0 au détriment de ceux
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qui les recevaient et qui durent payer plus cher tout ce dont ils eurent besoin.
La loi autorisant l'émission des billets fut votée le 6 février 1862 par 93 contre 59 dans la Chambre; par 22 contre 17 dans le Sénat. Le gouvernement était autorisé à émettre 130 millions dollars de billets, à placer sur le marché des obligations 6 0/0, dont les intérêts étaient payables en espèces et à percevoir les droits de douanes en or.
Le 7 juin 1862, M. Chase, secrétaire du Trésor, demanda et obtint d'émettre iSOmillions de billets, le ISjanviersuivantil reçut l'autorisation d'émettre 100 millions pour payer la solde de l'armée et de la marine en retard. L'émission totale des greenbacks était de 400 millions. L'or faisait 42 à o9 0/0 de prime. Les signes monétaires étaient rares.
En outre il fut émis 226 millions dollars de billets portant intérêt, qui devaient circuler au pair, le porteur bénéficiant de l'intérêt qui, à échéance, représentait pour un billet de 10 dollars, 1.94.
Les premiers billets avaient reçu le privilège de se convertir en 6 0/0 or au pair. A la demande du Ministre des Finances, contrairement à cet engagement, le privilège fut supprimé à partir du 1'/ juillet 1863. Ce fat une maladresse, car le porteur de billets eût volontiers consolidé ses billets dès que le 6 0/0 dépassait le pair.
En juin 1864, le Congrès autorisa une émission temporaire de 50 millions de greenbacks, fixant
le montant de 100 millions dollars comme maximum. Après la fin de la guerre, le montant de 400 millions l'ut diminué de -44 millions à raison de 4 millions par mois, en vertu d'une loi proposée par le secrétaire de la Trésorerie Mac Culloch, qui voulait réduire la circulation sur le produit des impôts.
M. Chase, en vue d'assurer le classement des emprunts de guerre, imagina de créer les National Banks qui obtiendraient le droit d'émettre des billets circulant sur le territoire entier de la République, en enlevant ce privilège aux institutions existantes. L'émission nouvelle était gagée sur des titres de la dette fédérale. Les billets allaient manquer d'une qualité essentielle, celle d'avoir une origine commerciale et d'être doués d'élasticité.
M. Chase fit voter une loi interdisant la vente de l'or et du change étranger (17 juin 1864). Il se figurait par cet interdit faire baisser le prix de l'or. La prime moyenne de l'or fut de oO 0/0. De 1862 à mai 1863, il fut dépensé par i'État fédéral 3.352 millions de dollars, dont 2.300 millions achetés sur le marché et payés avec des greenàacks qui ne valaient en réalité que 1.630 millions. La dépréciation du dollar coûta 870 millions aux contribuables.
Le renchérissement des prix atteignit son
maximum en 1863 avec 217 en comparaison de
1860 = 100; le salaire n'avait progressé qu'à 143.
La fin de la guerre, qui avait coûté aux Etats
du Nord 6.180 millions, laissait en circulation
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450 millions légal tender notes {greenbacks).AOO millions billets 6 0/0 à un et deux ans, 400 millions à trois ans. Il y avait en outre en circulation 150 millions dollars de National banks, 150 des anciennes States banks. Cela donnait 983 millions dollars contre 207 millions billets et 228 millions d'or en 1861.
Cinq jours après son entrée en fonctions, en 1865; Mac Culloch déclare que le but principal est de faire face aux engagements du Trésor, de ramener les affaires da pays à l'étalon métallique, dont l'abandon bien qu'inévitable temporairement, n"a pas été moins nuisible et démoralisateur pour la nation qu'onéreux pour l'Etat.
Après avoir pris connaissance des rapports de Mac Calloch, la Chambre des représentants, en 1865, vota une résolution adoptant les vues du secrétaire d'Etat sur la nécessité de restreindre la circulation en vue de la reprise des payements en espèces, aussitôt que la situation du pays le permettrait.
Dans le cours des quatorze années qui interviennent jusqu'à la reprise des payements, l'attitude du Congrès changea. Il fut moins sage qu'en 18G6. Il pencha du côté des inflationnistes. Il fallut qu'en 1874, le président Grant usât de son droit de veto pour empocher le relèvement de la quantité des Greenbacks. Il motiva son veto en déclarant que ce serait s'écarter des principes véritables des linances, de l'intérêt national, des obligations nationales envers les créanciers, des promesses du
Congrès, des engagements pris par les deux partis, de ses vues et de ses promesses personnelles faites par lai dans chacun de ses messages annuels. Ce veto fut accueilli avec enthousiasme par les antiinflationnistes. Après bien des vicissitudes, après avoir subi l'infection silveriste du système monétaire, la reprise des payements fut votée et les termes en furent fixés par la loi du 22 décembre 1874 ^
Le secrétaire de la Trésorerie avait accumulé 41 millions en or sur les excédents budgétaires, les droits de douane se payant en or, procuré 92 millions en vendant des 4 U/0 et 4 1/2 0/0. La réforme était incomplète parce qu'elle laissa subsister 3i6 millions de greenbacks qui furent un ennui et un danger. Mais le 1" janvier 1879, les Etats-Unis revinrent à la monnaie métallique.
Depuis le 17 décembre 1878, la prime sur l'or avait disparu. Elle avait été de 134 en 1862, de 28o en 1864, de 233 en 1865, de 167 en 1866, de 130 en 1868, de 162 en 186U, de 123 en 1870. de 115 en 1871, de 117 en 1873, de 107 en 1878. Le dollar avait perdu jusqu'à 68 0/0 de sa puissance d'achat.
Les importations d'or, après la reprise des paiements en espèces furent de § 13 millions en 1878,
1. Llûtlatioa avait ses avocats earagés parmi les agriculteurs, les industriels, les ilébileurs. « Le Oreeabacli est tomLié sur le pays comuae une rosée bienfaisante, écrit Garey, Ce qu'il lui faut, c'est uq accroissement, non une diminution de la circulation ». Le général Butler proposa de créer des billets pour rembourser les 2.800 millions dollars de dette publique.
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de 6 en 1879, de 80 en 1880, de 100 en 1881, de 34 en 1882.
La loi du 14 mars 1900 définit et fixe l'étalon de la valeur, maintient la parité de toutes les formes de monnaies émises ou monnayées par les Etats- Unis. L'article 1" est ainsi conçu « le dollar de 238/10 grains d'or à 9/10 de fin sera l'unité étalon de valeur. »
Les Etats confédérés du Sud commencèrent la guerre sans disponibilités. Ils réussirent cependant à placer leurs billets au pair contre des effets sur l'Angleterre pour acheter des armes et des munitions. En 1861, la circulation du Sud était de 83 millions dollars émises par des banques solvables. La première émission gouvernementale en mars 1862 fut de 2 millions en billets de 50 dollars portant 3,630/0 d'intérêts, la seconde de 20 millions sans intérêt, échangeables contre des obligations 8 0/0 et ayant cours légal sauf pour acquitter la taxe d'exportation sur les cotons,
A la fin de 1862, il y avait 290 millions en circulation, sans compter les billets émis par les Etats, les villes^ les chemins de fer, les usines; le change sur l'étranger^ le prix des marchandises avaient triplé. On essaya de faire rentrer les billets qui ne cessaient de se déprécier. A partir de 1863, les émissions se précipitent, à raison de 50 millions par mois. Quand onatteignitle chiffre deOOOmillions de dollars, que l'or cotait 20 pour 1, on voulut ramener la circulation à 200 millions et offrir ce montant en nouveaux billets alors que les anciens
seraient consi(léré^! comme des obligations à faire enregistrer par le Trésor. Les anciens billets seraient frappés d'une taxe de 33 1/3 0/0, les 662/3 restant convertis en nouveaux billets.
Le public apporta ses billets à consolider, mais les prix augmentèrent terriblement.
Le 1" octobre il y avait 283 millions de billets nouveaux en circulation, l'or valait 20. Le montant le plus élevé avait été de 700 millions en 1863. En avril 1863 le dollar confédéré valut 1 cent.
Le vainqueur ne reconnut jamais les billets des Confédérés pas plus que leur dette. Ce fut une banqueroute consécutive à la défaite dans une guerre civile.
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