‹ Inflation et déflationChapitre 22 sur 74 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Autriche-Hongrie

Longue misère monétaire de la monarchie autrichienne. Banqueroute de 18H. Révolution de 1848. Réforme de 1894 qui comporte le passage de l'étalon d'argent, respectivement du papier monnaie à l'étalon d'or, sans circulation effective de l'or.

Nous avons vu comment, au xix' siècle, l'Angleterre, les Etats-Unis, la France, l'Italie sont revenus à la bonne monnaie, sans modilier leur sys^tèniG monétaire. D'autres pays, comme l'Autriche Hongrie et la Russie ont procédé différemment : ils ont procédé par un changement d'étalon, en substituant l'étalon d'or à l'étalon d'argent ou plus exactement, en arrivant à l'étalon d'or, au sortir du cours forcé et du papier monnaie fondé sur l'unité monétaire d'argent.

ÀUTRicnE-ËONGUIË 8?

Cet assainissement de la monnaie a comporté l'ensemble d.^s mesures indispensables, le rétablissement de Téquilibre budgétaire, l'obtention de surplus, la disparition de certains types de dette flottante qui servaient de succédanés à la monnaie, le règlement des rapports entre l'Etat et la Banque d'émission, l'attente d'une balance favorable des paiements internationaux.

Vers la lin de la guerre de sept ans, en 1762, l'Autriche créa son premier papier monnaie, le billet de banque qui d'abord n'avait pas cours forcé et était émis seulement en quantités modérées. Peu à peu, par suite des guerres incessantesy l'émission, développée à l'excès, atteignit un mil" liard de florins. Lorsqu'aprés les luttes contre la France révolutionnaire et impériale, l'Autriche en arriva à la grande banqueroute de 1811, le milliard de billets de banque fut réduit au cinquième de sa valeur nominale ^ Ce cinquième fut payé en papier qui acquit la plus triste notoriété sous le nom de monnaie viennoise [wiener wdhrung). Les considérants qui accompagnaient le décret impérial du 20 février 1811 stigmatisent les fluctuations des prix dues au papier monnaie « comme si pernicieuses parce qu'elles ébranlent les fortunes privées, entravent l'industrie, dérangent les relations sociales, créent la méfiance et la jalousie ». La mesure fut très mal accueillie sauf par quelques

1. L'argent métal valait il8 en 1800, 203 en 1807, 500 en 1810, 1.200 en 1811.

Spéculateurs qui avaient pris leurs précautions et que la faillite de l'Etat enrichit. Le gouvernement promit de limiter l'émission aux 212 millions florins di'Einlôsungsscheine nécessaires au remboursement des billets anciens à raison de 1 pour 5. Le jour de leur apparition, les Einlôsungsscheine perdirent 50 0/0. Ils remontèrent à 87, mais la promesse du gouvernement ne fut pas teuAie. En 1816, il y avait en circulation 639 millions. Après 1815, les finances se relevèrent, mais malgré une série de tentatives au cours des années suivantes, on ne réussit pas à revenir pleinement aux payements en espèces '. En 1817, fut fondée la Banque Nationale d'Autriche avec l'aide de laquelle on tenta de supprimer le papier monnaie d'Etat, mais sans succès également. A côté des billets de banque qui représentaient leur pleine valeur nominale de florins d'argent, subsistait le papier monnaie que les Banques devaient retirer peu à peu à raison de 250 florins contre 100 en espèces ou en billets de la Banque Nationale. Mais le nombre de ces derniers qui croissaient, perdit touta base solide, par suite des appels répétés de l'Etat au crédit'^. Lorsque la révolution de mars éclata, il y eut un run sur la

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