CHAPITRE VI
Russie
Relation étroite entre l'assainissement de la circulation monétaire et le rétablissement de l'ordre dans les finances. Histoire du papier monnaie de Catherine II à Nicolas P"". Remplacement des assignats par les billets de crédit. Phénomène de Vagio vulgaire. Rétablissement du rouble au pair. Guerre de Crimée Cours iorcé. Tentative de reprise des paiements en 1862. Guerre d'Orient en 1877. Oukase du l*"" janvier 1881. Politique tendant à la reprise des payements sur la base de l'étalon d'or. Réforme de Witte 1897-1899 Circulation effective de l'or. Maintien des payements en espèces pendant la guerre du Japon.
La relation étroite entre l'assainissement de la circulation, Tabolition du cours forcé d'une part et le rétablisKcmenl de Tordre dans les finances
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publiques de l'autre éclate dans l'histoire de la Russie '. Au xix^ siècle^ les ministres des Finances ont toujours eu en vue le retour à la bonne monnaie. Endettée à l'étranger, la Russie souttraiii financièrement de l'insécurité apportée dans ses budgets par les oscillations du change, qui empêchaient également l'emploi temporaire des capitaux étrangers en Russie. La réforme monétaire fut faite en dépit de ceux qui proclamaient que le change défavorable était une prime à l'exportation, en dépit du chant des sirènes du bimétallisme international, MM. Balfour et Arendt, pour ne citer que deux noms. Ce qui vaut la peine d'être retenu, c'est qu'en 1881, lorsque M. Abasa fixa le programme du remboursement de la dette de l'Etat à la Banque de Russie par huit versements égaux, il considéra que l'amortissement et l'incinération de 50 millionsR.de billets étaient les conditions préliminaires de la réforme.
Comme l'Autriche, la Russie est arrivée à l'étalon d'or en sortant d'un papier-monnaie fondé sur l'étalon d'argent.
La Russie a été au wiii* et auxix« siècle pendant 130 ans au régime du papier monnaie : assignats 1708-1843, roubles crédit 1843-1897. Des l'apparition du papier monnaie , les inconvénients en ont été
i. Voir la collection du Marche financier par Arthur Raffalovich, 2o volumes 1891-1919. Du inême, les mélhoues employées par les États au xix» siècle pour revenir à la bonne monnaie, liapporl çiu Congres des Y odeurs mobilières en 1000, Paris.
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ressentis. Durant la première période, on rencontre plus de palliatifs que de tentatives raisonnées d'une guérison radicale; dans la seconde, le problème fut mieux compris. On se mit à en préparer la solution dès 1881.
En 1768, l'impératrice Catherine II ordonna de créer deux banques chargées d'émettre du papier monnaie appelé assignats, afin de faciliter les transactions, les transferts de capitaux, la monnaie d'argent et de cuivre se prêtant mal au transport, et d'augmenter la quantité de signes monétaires. Au début, couvert rouble pour rouble par le fonds métallique, l'assignat n'eut pas force libératoire. En 1786, il en circulait seulement pour 46 miUions. La population les avait accueillis avec méfiance. L'assignat fit perte dès les premières années. En 1771, pour combattre les fluctuations, l'Etat acheta des remises sur l'étranger et voulut limiter les émissions. Après avoir été très attentif aux variations, après les avoir considérées comme un mal, le gouvernement s'y accoutuma. En 1790, il y a 100 millions en circulation, en 1793 on étudie le retrait du papier-monnaie; on considère les assignats pour la première fois comme constituant une dette de l'Etat à l'endroit des banques émettrices. Sous le règne de Paul (1790-1801), le montant en atteint 200 millions, avec une dépréciation de 25 à 33 0/0. Pendant les guerres napoléoniennes, l'émission grandit, 319 millions en 1806, 377 en 1810. Speransky proposa, lorsque l'assignat perdait 4^/5 de sa valeur, d'en retirer la moitié par
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le proiluit de la vente des domaines, d'emprunts, pour revenir au pair. Ce plan lut annihilé par le mauvais élat des finances. Le "20 juin 1810, un manifeste impérial introduisit le monométallisme argent, le rouble argent de i zolotniks 21 doll comme unité monétaire. L'assignat fut doté du pouvoir libératoire absolu, 9 avril 1812. Il ne valait que 23 kop. en argent. Les payements entre le Trésor et les particuliers durent être faits en assignats, les impôts payés en assignats. Entre particuliers, le cours du change conservait sa force. La monnaie de métal ne disparut pas malgré la guerre que lui fit l'Etat. En 1817, la circulation était de 833 millions. De 1817 à 1821, Gouriew retira 2-40 millions(28 3/4 0/0) et releva le cours de 12 0/0. Il projeta d'échanger, à un cours fixe, les assignats contre des billets garantis par un fonds métallique.
Il circulait en Russie à côté du papier déprécié, la monnaie métallique, à titre de monnaie de commerce. Il s'établit, afin de sortir de Tinsécurité résultant des variations perpétuelles des prix, Vagio vulgaire. Le prix de toutes les marchandises fut iixé en assignats et en roubles argent, au cours fictif de 1 R. argent = 4 R. assignats.
Lors du payement, l'acheteur recevait — conformément au cours du change et suivant qu'il voulait payer en assignats ou en roubles argent — un rabais du prix fixé, ou au contraire il devait payer une augmentation. Par exemple, le prix d'un objet était fixé à 100 roubles assignats = 23 roubles argent, tandis que le cours du change était 351 9/16
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roubles assignats = 100 roubles. L'acheteur, s'il donnail2o roubles argent, devait payer 1 2/3 rouble argent de plus; s'il donnait 100 roubles assignats, il recevait un rabais de 6 1/4 roubles assignats.
En 1824^ avec 600 millions de roubles en circulation, l'assignat ne valait que 26 kopecks. Sous l'administration de Cancrine, ministre des finances de l'empereur Nicolas P"", les finances publiques s'améliorent, les métaux précieux reviennent en Russie. Cancrine commença par vouloir lutter dune façon autoritaire contre ce qu'il considérait comme le fait du mauvais vouloir de la population, la persistance de la circulation métallique et l'agio vulgaire. Il ne vit pas d'abord la connexion entre ces phénomènes et [le désordre monétaire luimême. Il lui arriva de constater que la population ne voulait payer qu'en métal, au cours, et peu à peu il dut se résigner à autoriser les caisses publiques à recevoir du métal; en 1830, le Trésor accepta enfin le métal à raison de 100 roubles argent = 380 assignats; 100 roubles or= 365 roubles assignats. On essayait en vain de réprimer l'agio vulgaire.
L'éducation de Cancrine fut longue à faire : en 1837, il représentait encore l'agio vulgaire comme reflet de la fraude et de rignorance, non pas d'un mauvais état de la circulation. Il proposa d'instituer une caisse de dépôt qui aurait émis des billets contre le numéraire déposé par les particuliers désireux de s'épargner les difficultés du transport. L'î projet fut jugé insnTisant et écarté. Les dépar-
tements réunis du conseil de Tompire élaborèrent le projet suivant : 1^' rétablir en Russie le monométallisme argent, autoriser le Trésor à faire et à accepter tous les paiements on numéraire, établir les comptes du Trésor et les cours de la bourse sur la base du rouble argent; 2'^ laisser libre le cours de la monnaie d'or; 3" fixer le cours des assignais — à cause d'une divergence d'avis dans le conseil, l'empereur fixa lui-même le cours de 350 assignats 100 kopecks argent, — laisser seulement les assign?ts comme monnaie auxiliaire et les échanger contre du numéraire jusqu'àconcurrence de lOOroubles à une seule personne; A" instituer une caisse de dépôts et échanger à partir du 1°' janvier 1841 au plus tard, les assignats contre les billets de dépôt.
L'empereur Nicolas le"^ élabora le projet didôrent de celui de Cancrine et dont la minute existe de sa main :
L'échange des trois signes monétaires — assignats, billets de dépôt et billets de crédit émis par les banques de dépôts — contre les billets de crédit devait être fini en cinq ans. Le Trésor devait fournir 6 millions en métal. En dehors du fonds d'échange équivalent à un sixième de la circulation, il devait être établi un fonds de réserve contenant 5/6 de l'argent qui servait comme garantie aux billets de dépôt échangés contre les billets de crédit et 5/(5 du numéraire apporté par des personnes privées (Manifeste du 1" juin 1843).
o9r» millions d'assignats furent échangés contre
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170 millions roubles crédit garantis par le domaine public et un fonds métallique de 70 millions. En 1841 fut créé le rouble argent, institué déjà une première fois en 1810. La loi de 1883 réglant les conditions de la frappe déclare le rouble argent, divisé en 100 kopecks, unité monétaire.
A la veille de la guerre de Crimée, les opérations d'échange étaient terminées. Contre 311 millions R. billets de crédit, il y avait un fonds d'échange de 146 millions R. et 85 millions d'or et d'argent déposés par des particuliers. La guerre de Crimée éclate; des émissions dites temporaires ont lieu. Jusqu'en 1837, l'émission augmente de 42i millions. Le remboursement des billets estsuspendu. Le change dont le pair est de 4 francs oscille entre 3,38 et 3,71. Il remonte même à 3,92. Après la paix, la crise éclate. Le Gouvernement, au lieu de retirer des billets, puise dans la caisse pour soutenir le change, la réduisant à 110 millions. Le commerce est stimulé par l'abondance de la circulation, les prix haussent, on aboutit à la crise inévitable. Malgré l'incinération de 00 millions R. en 1858 le change baisse, il est aux environs de 274.
On veut améliorer la circulation : on 181) l, on crée la Banque de l'Ëtat avec une réserve de 86 millions II. en métal contre une circulation de 714 millions. On projette de retirer 500 millions R. au moyen d'un emprunt et de la vente de domaines et de garantir par une encaisse de 33 1/3 les billets restant. On n'émettrait plus
que des billets garantis par un portefeuille solide ou du métal. On reprendrait les paiements en espèces suivant une échelle décroissante. Le Gouvernement contracta un emprunt 5 0 0 de 15 millions £ à 91 1 '^- A^ partir du l"^"" mai 1862, 1-e Trésor devait donner du métal contre des billets de crédit à un taux décroissant pour arriver le l^'^janvier 1864 à 5 R. 15 par demi impériale. Les billets reçus devaient être détruits. Lorsque l'opération commença, la Banque avait 79 millions R. en métal. Au début les retraits n'eurent pas grande importance : les banquiers apportèrent de l'or, prirent du papier. Peu à peu les retraits d'or augmentèrent. La révolte de Pologne et de mauvaises récoltes aggravèrent la situation. Du 1" janvier au 31 juillet 1863,45 millions furent retirés. La Banque cessa de payer en or, continua de donner de l'argent, de vendre des traites sur l'étranger. Le 1'' novembre le rouble est à 3 fr. 97, le 19 après l'interruption de l'échange à 3 (r. 50. Le Trésor était grevé d'une dette de 15 millions £. 70 millions R. avaient été dépensés en pure perte. L'émission fiduciaire avait été réduite de 713 à 036 millions R.
Eu 1875, grâce à l'amélioration des finances et à l'activité du commerce, le rouble oscille entre 3 fr. -20 et 3 fr. 50. En 1876, les menaces de guerre amènent un nouveau recours au papier monnaie par crainte que des impôts ne rendent la guerre impopulaire. Le ministre des financesqui a réclamé des taxes nouvelles, n'obtient que de faire payer
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1(3S droits de douane en or. La guerre contre la Turquie fait émettre 500 millions R. de billets. L'oukase du 1" janvier 1881 prescrit l'amortissement de la dette de 417 millions envers la Banque de l'État, la destruction des billets en tenant compte des besoins de la circulation, la suppression des émissions arbitrairement faites. La circulation fiduciaire s'élève à 1.133 millions y compris les 417 millions R. le fonds d'échange à 170 millions R. en or '.
M. Bunge, en 1883, a indiqué très nettement les conditions du problème monétaire : <.< les fluctuations du cours du change et l'absence de monnaie métallique dans la circulation à l'intérieur sont un défaut sensible de l'économie de notre pays, mais la fermeté du cours et l'amélioration du change ne peuvent être obtenues que graduellement par une série de mesures contribuant à l'alî'ermissement du crédit de l'État à l'intérieur et à l'extérieur, par des excédents de recettes pendant de longues années. »
De 1882 à 1888, le cours du rouble oscilla entre 277 et 198 fr. Les soubresauts fréquents du change ;.vaient des effets désastreux pour l'industrie et le commerce. Les hommes d'État les plus considérables de la Russie se préoccupèrent de la question et des moyens d'y porter remède. La baisse du cours, la stérilité de tentatives antérieures
1. Sur les 417 millions, 87 millions fiu'ent d(jlruils,243 millions versés à la Banque par TLlal qui reniil 173 millions R. on litres dont une partie l'ut vendue à l'él ranger.
détruisirent peu à peu la foi dans la possibilité de relever le rouble à la parité du rouble métallique,, tel qu'il existait en 1853; tous les ministres des linauces espérèrent sauver seulement la partie du rouble qui avait encore conservé sa force : ils se donnèrent pour but de stabiliser le rouble-^-en l'échangeant contre des espèces, à un change voisin des cours actuels.
Si l'on comparait les prix russes en copecks or et en copecks crédit avec ceux de l'étranger, on vit que les prix exprimés en copecks crédit ont fait toujours des écarts imprévus et^ par suite, causé un trouble constant dans les relations économiques du pays quand le change était instable. Au contraire, pendant lespériodes de stabilité, le mouvement des prix exprimés en roubles or fut parallèle à celui exprimé en roubles crédit.
De 18.ji à lS7o, le rouble qui est encore aux l'uvirons du pair en 1857, et y remonte en 1863, oscille entre 12 et 20 0/0 de perte, après 1875, autour de 33 0,0, sauf de 1877 k 1889 où il perd jusqu'à 40 et 48 0/0.11 remonte en 1890 et acquiert une stabilité de plus en plus grande.
Les ministres des finances, Bunge, Wischnegradsky, Witte préparent les moyens de rétablir la circulation métallique. En 1887, le Comité des finances en réponse à Ja question de savoir s'il fallait relever le rouble au pair et l'y maintenir ou chercher à en stabiliser la valeur en Féchangeant contre espèces à un change voisin du cours actuel, s'était prononcé en faveur du second système,
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sur le pied de 1 R. 50 = 1 R. or. CeUo décision fut approuvée par FEmpereur Alexandre III.
Les dix ans qui suivirent furent consacrés à préparer la réforme monétaire en mettant fin aux déficits budgétaires, en constituant un stock d'or considérable, en acclimatant les transactions en or, en consolidant le change.
Wischnegradsky et son successeur Witte réussirent à accumuler un stock d'or considérable, provenant : de la production aurifère, 248 millions R. de 1888 à 1895; des recettes douanières perçues en or, 844 millions; et du solde d'emprunts étrangers 76 millions R. \
Au 1" avril 1897, pour 1.083 millions R. le fonds d'échange était de 500 millions R. (750 millions R. nouveaux) auxquels s'ajoutaient les autres ressources métalliques, dépassant de 130 millions R. le chiffre des billets.
La bourse de Berlin était, par ses opérations à découvert, un facteur de perturbation. M. Witte, avec son énergie, intervint sur le marché, infligea une défaite éclalaule aux baissiers en octobre 1894
1. De 1887 à 1893, la valeur des exportalions russes fut de 14.292 millions francs, celles des importations de 9.664 millions, soit un écart de 4 milliards de francs. De 1881 à 1893, la Russie a importé 339 millions R. or (1.436 millions francs), e.x.porté 104 millions R. (416 millions francs). M. Pierre desEssars, dans une communication à la Société de Statistiques de Paris en 1890 constata que for nécessaire à la réforme monétaire n'avait pas été puisé au moyen d'emprunts. Il était venu spontanément. Au moment des grands emprunts qui étaient d'ailleurs des conversions, on n'avait n-inarciué aucune tension, aucun drainage intensif dur par la Russie.
(écart des cours en 1890,19 0/0, en 1891 28 0/0, 9 1/^2 en 1892, O.o4 0/0 en 1895). Des disposilious furent prises pour assurer une contrepartie en Russie aux oflVes et aux demandes de traites sur l'étranger. Le 6 août 1893, M. Witte exposa son programme : d'abord accoutumer le public à l'usage de la monnaie métallique, après cela, fixer délinitivement la valeur du rouble billet. Durant la période de transition, or et papier circuleraient parallèlement. « Le papier monnaie manque d'élasticité. Dans les pays à bonne circulation, avec l'activité dos affaires et le renchérissement du loyer des capitaux, l'or ou des ouvertures de crédit viennent de rétranger grossir les ressources disponibles. »
Des décrets rendus en 1893 autorisèrent le public à contracter valablement des engagements libellés en or, à efîectuer en monnaies d'or tous paiements et versements aux caisses publiques sur le pied de 1 R. or = 1 R. 50. Une partie de la dette sans intérêt du Trésor à la Banque fut remboursée en or sur le produit d'un emprunt 3 0/0 contracté à Paris. Les caisses publiques et la banque firent entrer l'or dans la circulation en 1896. Un tarif fut établi pour l'achat de monnaies d'or étrangères, dont il fut importé en dix mois pour 63 millions.
Le décret impérial d'août 1896 fixa jusqu'au 1" janvier 1898 le cours du rouble à 1 R. 30 = 1 R. or. M. Witte proposa au Conseil d'Empire d'autoriser la frappe de pièces de 10 R. afin de substituer
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au régime du papier monnaie fondé sur l'argent le monométallisme or, en laissant intacts tous les comptes tant à l'intérieur du pays que dans les rapports internationaux. Il s'agissait de donner au rouble la parité de 2 fr. 60, de 23 pence 1/3, de 24,16 cents. La discussion fut vive au Conseil; les adversaires, usèrent d'arguments contradictoires, en partie empruntés aux bimétallistes qui voyaient à regret la Russie s'engager définitivement et qui avaient fait remettre des mémoires conjurant l'Empereur Nicolas de renoncer à la réforme. Afin d'aboutir, le 3/15 janvier 1897, l'Empereur décréta la frappe de pièces de R. 15 et 7.30 (égales à 20 et 40 francs). Le principe de la réforme étant acquis, l'opposition se soumit.
L'oukase du 29 août 1897 établit de nouveaux principes pour les émissions de billets de la Banque de Russie : « Les billets de crédit sont émis, sous garantie d'or, par la Banque de l'État dans la mesure strictement limitée pour les besoins urgents du marché monétaire; le montant en or servant de garantie aux billets de crédit doit équivaloir à la moitié du montant des billets mis en circulation si ce montant ne dépasse pas 600 millions de roubles. L'excédent des billets en circulation, au-dessus de 600 millions de roubles, doit être garanti par de l'or, à raison d'au moins un rouble par rouble. » L'oukase du 14 novembre 1897 prescrivit la frappe et la mise en circulation, outre les impériales et les demi-impériales, d'une pièce d'or de la valeur de cinq roubles ou d'un tiers
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d'impériales (5 R=13 fr. 34) et pesant 3 grammes 871 milligrammes de fin.
Le billet émis par la Banque de Russie porta l'indication de sa valeur et l'inscription suivante :
La Banque de Russie rembourse les billets de crédit en monnaie d'or sans limitation de sommes; l'échange des billets de crédit de l'Élat contre de la monnaie est garanti par toutes les ressources de l'État; les billets de crédit de l'État circulent dans tout l'Empire au pair de la monnaie d'or. » Toute mention du métal argent fut supprimée sur le libellé des billets de crédit; l'argent était réduit au rôle de monnaie auxiliaire. L'oukase du "21 mars 1898 fixa le total des monnaies d'argent de haut et de bas titre devant circuler dans l'Empire, ce total ne devant pas excéder un nombre de roubles triple de celui de la population entière de la Russie. Le maximum de monnaie d'argent de haut titre (1 rouble, 30 et 25 kop.) que les particuliers étaient tenus de recevoir pour chaque paiement ne devait pas être supérieur à 25 roubles ; aucune limite de cette nature n'est prescrite pour les paiements envers l'Etat à Texception des paiements des droits de douanes, où elle est fixée à cinq roubles au plus.
Les diverses prescriptions législatives furent codifiées dans la loi monétaire du 7 juin 1899, dont l'article 3 déclara que le système monétaire de l'Empire est le rouble contenant 17 dolis 424 d'or fin (gr. 0.774 = 2 fr. 666). En 1899 les statuts de la Banque de Russie furent soumis à une revision au point de vue de la circulation financière.
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En 1892, il avait été émis 1.138 millions R. de billets, il ne circulait pas d'or.
En 1897, il y avait 1.315 millions R. or à la Banque et chez ses correspondants, 153 millions en circulation, 63 millions R. argent à la Banque, 100 en cii^culalion, 930 millions R. de billets en circulation.
En 1899, la circulation d'or était de 639 millions, celle d'argent de 164 millions, la quantité de billets avait été ramenée à 517 millions.
En 1913, l'encaisse or de la Banque était de 1.430 millions R. avec 628 millions R. en circulation.
La guerre du Japon, les troubles intérieurs mirent à l'épreuve le nouveau système monétaire en 190i, 1905. M. Kùkovtzefî tint à éviter le cours forcé. Il préféra des emprunts coûteux. Cette politique facilita la restauration des finances russes à partir de 1908.
La tourmente de 1914 eut d'autres dimensions, la Russie subit le sort commun. Le bolchevisme en fit un désastre.