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CHAPITRE Vil Grèce

Le système Valaoritis kn Grèce

Palliatif imaginé par M. Valaoritis goxiverneur de la Banque de Grèce pour donner de l'élasticité à une circulation fondée sur l'or et les devises étrangères, à côté de billets à cours forcé. Système du Gold Standard Exchange que bouleversent les événements de la guerre.

Le procédé hellénique, auquel on a attaché le nom du regretté gouverneur de la Banque nationale de Grèce, ne diffère pas du Gold Exchange Standard; il laisse circuler à l'intérieur du pays billets ou monnaie blanche, il effectue les paiements à l'étranger avec des avoirs en banque, des espèces déposées à l'étranger et complète le ravitaillement en devises fournies par les exportations, les

bénéfices du fret, les remises des émigrants. Le malheur de ce système habilement combiné, est de ne pas être à l'abri des intempéries économiques, des bouleversements dans le prix des métaux précieux, de la désorganisation qui résultent d'une guerre prolongée. Indes britanniques, Autriche- Hongrie nous ont montré la futilité des systèmes construits de la sorte.

En Grèce, le mécanisme établi par la loi de 1910 n'a pas résisté. Si le change grec se maintint relativement mieux, cela tint aux avances faites, aux ouvertures de crédit à l'étranger ou aux loarnitures, dont le remboursement avait été ajourné.

Jusqu'à l'institution du contrôle international après la guerre malheureuse contre la Turquie, après la faillite, après l'octroi d'un emprunt garanti en 1898, les finances helléniques furent dans un état pitoyable. On vécut d'expédients, d'émission de billets. Si en 1876, le change était au pair, il était à 132 en 1886, à 137 en 1892, à 190 en 1895. Il redescendit à 100 en 1909. Le cours forcé avait été réintroduit en 1883.

Le contrôle financier international qui assurait le concordat avec les créanciers, limita strictement l'émission des billets d? l'Etat et des banques, imposa le retrait des billets.

On éprouva alors les inconvénients d'une absence d'élasticité dans la circulation : celle-ci fut de 138 millions drachmes en 1892,146 en 1901, 133 en 1909, alors que le mouvement économique se développait. (Jràce à une incilieure gestion

GRÈCE m

financière, aux remises des émigrants, aux bénélices de la Marine marchande, le change était redevenu stable au pair. Afin de suppléer à l'absence des billets, tout en maintenant les dispositions concernant les billets de l'Etat, on glissa dans une loi d'emprunt où il était question de la suppression du cours forcé, une disposition permettant à la Banque Nationale de Grèce d'émettre pour son propre compte des billets dépassant les montants autorisés. L'objet de cette émission complémentaire était d'acheter de l'or avec le produit des effets sur l'étranger acquis par la Banque Nationale : celle-ci moyennant une légère commission, dut vendre de l'or et du change au pair. La première émission autorisée fut de 10 millions drachmes. Treize décrets en ont successivement augmenté le chiffre. C'était une juxtaposition de billets couverts en or ou en change, présentant les qualités d'élasticité et d'origine commerciale. Malheureusement cette formule fut utilisée pour assurer la couverture légale aux billets émis pour les besoins du Trésor et gagés sur les avances des alliés^

C'est là un système profondément artificiel, qui est loin de présenter les avantages que des fanatiques ont cru découvrir.

Les billets instaurés par Valaoritis répondaient à un objet précis et limité.

1. Il y eut même une émission de 70 millions drachmes, iin^és sur un crédit éfrnivalent en mark ouvert à Berlin dans les livres de la maison Bleichroeder.

112 LES EXPÉRIENCES INFLATIONNISTE^^"

Sous l'influence de la guerre, but et raison d'être en ont été modifiés et faussés.

Sous l'application commerciale du système, les billets rentraient quand on avait besoin de change, ils sortaient quand on avait à en vendre.

Tandis que le chiflre des billets d'Etat décroissait lentement aux environs de 60 millions, celui des billets des Banques s'élevait à 37 millions en 1914; les billets de la loi de 1910 ont progressé de 21 en 1910 à 153 en 1914. Il y avait une couverture en or et en dépôts de titres, en crédits de banque à l'étranger.

Grâce au fonctionnement de ce système, la Grèce traversa sans dommage apparent la période troublée des guerres balkaniques.

En 1914, la Banque Nationale transforma en dollars la majeure partie de ses avoirs étrangers, ce qui fut une excellente opération. L'exportation d'or fut interdite après l'explosion de la guerre. Elle incorpora à sa réserve métallique l'oc libre et le remplaça par du change sur l'étranger : accroc à la loi de 1910. On suspendit la faculté de faire des transactions en or, on immobilisa l'or dans les caisses des maisons et institutions de banque. Monnaie blanche et billon disparurent. On émit des petites coupures de 5, 2 et 1 drachmes en les couvrant par du change sur Londres. Le change grec fit prime sur le change allié. Le secret s'en trouve uniquement dans les opérations de Trésorerie avec les alliés. Mais il vint un moment où le tableau changea.

ÛRÈCE 113

La circulation des billets atteignit 1 .304 millions en 1918, dont 1.170 pour compte de la loi de 1910 amendée en 1918. 713 furent émis pour les besoins de l'Etat. De lin 1913 à avril 1921, l'émission a progressé de :i93 à 1559 millions drachmes, les avances à l'Etat sont de 12()i millions. La livre sterling vaut GG drachmes en 1921 au lieu de 33 en 1920 et de 25.20 pendant la guerre. L'action de la Banque Nationale do 1.000 drachmes est au-dessus de 7.000 drachmes,

Oa ne saurait contester que la Grèce ne souffre de l'inllation'.

1. Voir pour le luécanistuc de la loi de 1910, les trois volumes de M. Damiris svu' le Système Monétaire Qvec et le cUanf/e, chez Giard, et nos deux articles de la Situation économique du 6 et 13 novembre 1920.

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