‹ Inflation et déflationChapitre 43 sur 74 · LA POLITIOUE FINANCIÈRE DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

LA POLITIOUE FINANCIÈRE DES ÉTATS-UNIS

quiers privés, puis avec le Trésor fédéral. Les énormes achats des alliés ont suscité une grande activité en Amérique. Les modifications introduites dans la législation sur les banques par la création du système des Fédéral Reserve Banks en 1913, la possibilité de réduire la proportion d'or nécessaire pour coavrir la circulation des billets, avaient facilité le développement des affaires. Le grand élément d'inflation a été l'exagération des facilités offertes aux souscripteurs des emprunts de guerre; le mot d'ordre fut : « empruntez et souscrivez » avec le résultat habituel d'un classement très médiocre.

Les Fédéral Reserve Banks ont été les agents du Trésor pendant la guerre. Elles plaçaient les certificats de dette qui étaient des anticipations sur les emprunts à émettre et qui étaient couverts, soit en espèces sur le produit des emprunts, soit en titres. Si le public avait absorbé les titres, il n'y aurait pas eu d'inflation ; il n'y en aurait pas eu davantage, si le gouvernement n'avait pas toujours été en avance sinon sur la formation des épargnes, tout au moins sur l'absorption des emprunts. 11 n'y eut peut-être pas directement d'émission de signes monétaires, de billets pour les dépenses de guerre des Etats-Unis. xMais sous le régime des banques fédérales de réserve, tout élargissement du crédit de banque a sa répercussion dans les Fédéral Reserve Ilotes qui sont un élément élastique dans le système monétaire des Etats-Unis. Le grossissement des dépôts, provenant du paiement de four- ' 'tures contre certificats do dette augmenta la

demande de signes monétaires. Les Fédéral Reserve Banks la satisfirent en émettant leurs billets. Elles provoquèrent même cette demande en accordant un taux de faveur au papier présenté par leurs membres, à condition qu'il fût accompagné comme collatéral de titres de l'Etat. En escomptant dans ces conditions au-dessous du taux officiel, c'était adopter des pratiques de la Banque d'Espagne qui, afin d'assurer le succès apparent des emprunts espagnols, consentait à faire des avances à un taux inférieur au taux de l'emprunt.

On a évalué à quatre milliards de dollars le montant des titres mis en gage avec les Fédéral Reserve Banks.

On comprend aisément qu'une méthode de cette nature ait abouti à l'inflation. Celle-ci est apparente lorsqu'on constate que les prix ont augmenté de 165 0/0, la quantité de signes monétaires de 71 0/0, le mouvement des affaires de 13 0/0, les dépôts dans les banques de 120 0/0.

De 1916 à 1919, la dette a progressé de $971 millionsà^S. 234 millions. Ilaété remboursé 1.500 millions dollars.

En 1921, le Fédéral Reserve System a montré une tendance au dégonflement. La circulation de billets a diminué de 3.331 millions en octobre 1920 à 3.115 en janvier, son portefeuille de 3.098 millions à 2.651 millions, la diminution portant surtout sur les effets garantis par des fonds fédéraux.

M. Anderson, dans le bulletin n'^ 3 du Chase National Bank put observer que la politique de la

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Trésorerie américaine d'emprunter à un taux intérieur à celui que la situation justiliait obligea les Banques du Fédéral Réserve Si/slem de maintenir bas le taux de réescompte tout au moins pour le papier d'ori-;ine gouvernementale, si elles ne voulaient pas contrarier la politique de la Trésorerie. Cette erreur de conduite dura jusqu'à la fin de 1919. Elle est responsable de la crise de 19-20, qui a été la conséquence d'une inllation d'origine gouverneuiL'nlale.

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