‹ Inflation et déflationChapitre 65 sur 74 · UN SYSTÈME ADÉQUAT · texte numérisé non relu

UN SYSTÈME ADÉQUAT

forcé sur toutes les forces productives du pays. « Cette augmentation de l'inflation aurait pour conséquence une dépréciation du change qui, à l'extérieur, rapprocherait le pouvoir d'achat du franc de celui de la couronne autrichienne, et ferait hondir tous les prix à l'intérieur. »

Dans une lette adressée à M. Yves-Guyot*, M. Léon Chavenon dit : je ne suis pas un inflationniste mais il ajoute immédiatement : « Après avoir fourni à l'État pour ses besoins incompressibles, à la circulation et à la production la quantité de monnaie nécessaire, on crée une prospérité gui permet ensuite la diminution graduelle de cette monnaie. » On a commencé par 3 milliards : on arrive à environ 38 milliards : M. Léon Chavenon demande encore un certain nombre de milliards... Nous voyons bi^n l'augmentation et cette augmentation est un fait général dans tous les pays qui ont été ou sont atteints d'inflation. M. Léon Chavenon promet ensuite : «une diminution graduelle «.

Mais si on n'a pas recours à l'augmentation, la diminution est certaine, tandis qu'avec l'augmentation préalable, elle n'est qu'éventuelle.

M. Léon Chavenon continue : « Ceux qui ne veulent pas voir la situation telle qu'elle est semblent croire que des emprunts en bons du Trésor ou en rente perpétuelle, qui aggravent sans cesse nos déficits permanents, pourront suffire à tout. A

i. Publiée par le Journal des Economistes du 15 mai et par Vin formation du 16 avril.

2o6 LES SOPHTSMES INFLATIONNISTES

ceux-là je donne rendez-vous dans deux ou trois ans. » Cette observation prouve que M. Léon Chiavenon ne veut pas admettre que l'émission de billets de banque sans couverture métallique ou commerciale est un emprunt. C'est cependant bien un emprunt et un emprunt forcé.

Et si l'Etat continuait pendant deux ou trois ans à avoir recours à cette forme d'emprunt, nous donnerions rendez-vous à M. Léon Chavenon dans deux ou trois ans pour constater quels seraient les changes et les prix résultant de son application?

'< Faut-il d'autres formules? dit M. Léon Chavenon. Nous en savons plus d'une; mais toutes sont basées sur la contrainte et, en une certaine mesure, la spoliation dans un intérêt collectif. »

En leur opposant rémission de billets de banque sans couverture, M. Léon Chavenon semble croire qu'ils ne représentent ni contrainte ni spoliation. Cependant ils n'ont d'autre valeur que celle que leur donne le cours forcé : et cette qualification indique que leur usage n'est pas libre, mais est obligatoire. Ils représentent donc une contrainte sévère qui pèse sur tous, et une menace de spoliation telle que celle de la loi du 21 mai 1797 qui annula tous les assignats en circulation.

L'émission des billets de banque à cours forré,sans couverture, est un emprunt forcé; et le pire des emprunts.

Voilà notre réponse à M. Léon Chavenon'.

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