‹ Inflation et déflationChapitre 66 sur 74 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L illogisme des inflationnistes

Mais M. Léon Chavenon est un inflationniste si timide qu'il croit même qu'il n'est pas inflationniste.

Un inflationniste un peu plus hardi est M. Barès qui propose de convertir 60 milliards de bons de la Défense en billets de banque afin de supprimer l'intérêt dont ils chargent le budget. Il ne s'aperçoit pas que la dépréciation qui résulterait d'une pareille opération constituerait une charge bien plus lourde.

M. Aubriot et quelques autres députés plus ou moins socialistes ont déposé une proposition de loi tendant à émettre 150 milliards de billets !

Un ancien ministre, président du conseil pendant un instant, membre de l'Académie des Sciences, M.Painlevé, s'associe au projet Aubriot :

Intlatio-v. 17

258 LES SOPHISMES INFLATIONNISTES

« Jo ne partage pas les préventions de certaines personnalités contre une nouvelle émission de billets de banque; mais il faut que ce chiffre soit un maximum qu'on ne doit pas atteindre dès le premier jour. Il faut que cette émission soit continue et progresse. » {Bonsoir^ 20 avril 1921).

Pourquoi ces réserves? si le ftat de l'Etat peut créer de la valeur pourquoi cette limite, pourquoi cette lenteur? Et si cette timidité se justifie, comment s'allie-t-elle avec l'audace de jeter sur le marché 130 milliards de billets non gagés?

D'ailleurs tous ces inflationnistes à outrance n'ont rien inventé. Ils ont repris, probablement sans le savoir, des propositions communes à tous les pays qui ont été soumis au régime de l'inflation. Heureux les pays qui y ont échappé ! Les faits que nous avons cités prouvent que ceux qui l'ont subie en ont cruellement souffert.

Il n'y a que trois issues, quand un pays veut revenir à la vraie monnaie :

La voie dure qui mène à la reprise des payements en espèces dans un temps plus ou moins long;

La banqueroute totale;

La dévalorisation qui est rarement définitive et qui comporte l'affaiblissement de l'ancienne unité monétaire qu'on en conserve ou qu'on en change la dénomination.

La première seule convient à la France. Pour l'accomplir, il faut un programme de finances publiques comportant la compression des dépenses par la révision des attributions de l'Étal, l'équilibre budgétaire, la constitution d'un surplus, le remboursement de la dette à la Banque de France, le retrait et la destruction des billets, l'emploi de l'escompte et le payement des capitaux ce qu'ils valent.

Nous espérons que les faits, produits dans les

260 LES SOPUISMES INFLATIONNISTES

pages qui précèdent, ont démontré les dangers de l'inflation sous toutes ses formes et que tous nos lecteurs comprennent nettement le caractère du vrai billet de banque dont l'émission est provoquée par un emprunt volontaire de particuliers qui donnent en échange un papier commercial, produit et endossé par eux, tandis que le billet de banque émis au delà de l'encaisse métallique, en dehors du papier commercial n'existe qu'en vertu du cours forcé qui l'impose comme moyen de liquidation de toutes les obligations.

Au lieu de représenter un emprunt contracté par des particuliers, il est un emprunt forcé, prélevé par le gouvernement sur tous les membres de la nation.

Il ronge la valeur du capital privé que son remboursement menace de dévorer.

De toutes les formes d'emprunts, cest la pire.

Donnant une hausse factice aux prix, il frappe tous les consommateurs et augmente le prix de toute production. Il se heurte au contrôle externe qui s'appelle le change et qui diminue ou annule le pouvoir d'achat du papier qu'il a fait émettre. Il crée une illusion derrière laquelle on peut entrevoir la menace d'une loi telb que celle du 21 mai 1797 qui annula tous les assignats en cours.

Pour ces motifs, quels que soient les embarras du gouvernement, il ne doit avoir en aucun cas recours à cette forme d'emprunt et il doit s'efforcer de faire mettre au pilon le plus tôt possible les billets non gagés en circulation.

Nous ne sommes pas alarmés par les personnes qui crient : — La déflation, ce serait la ruine ! Leur terreur prouve qu'elles sont toujours imbues de la vieille foi que les signes monétaires constituent la richesse et, en dépit de l'exemple donné par les clearing houses, que leur quantité détermine le chifTre des transactions.

Les étapes du crédit de la France seront les étapes de la déflation : et elle ne recouvrera son crédit de premier ordre que le jour oii elle sera complètement libérée du pire des emprunts.

Abasa, 05.

Acheteur imaître du cours), îi'i.

Acheteur seul protecteur de l'industrie, 245.

Agio vulgaire (Russie), 97.

Allemagne, organisée pour la guerre, 135.

lleichsbank. Situation juillet 1014. —Mesures pi'ises. — Changements du bilan. — Cours forcé. — Emissions de billets. — Caisses de prêts. — Suppression de la règle du tiers. — Efficacité décroissante des emprunts, 158, 168, 243.

Angleterre. Mesures gouvernementales en 1914. — Currency Notes. — Maintien de Télalon d'or, 168, 177. — Dette publique, 177.

Argentine (République), 119-124.

Assainissement de la circulation monétaire, 3. — Méthodes, 127. — Conditions en Allemagne, en Angleterre, 210 et suivantes.

Assignats (France), créés en 1789, 13, 38. — Dépréciation et change sur Londres, 41. — Echelle de

264 TABLE A^fALYTIQUE

dépréciation, 4o, 48. — Assignats (Russie) créés par Catherine II en 1768,retirés en 1843, 96.

Aubry et Rau, 9.

AuTPJCHE-HOiNGRiE. Apparition du papier monnaie en 1762. — Banqueroute de 1811. — Longue misère monétaire, 1848, 1859, 1806. — Uéforme de 1894. — Désorganisation complète parla guerre de 1914, 1918, 86, 9.^.

Bais?.e (apologie de la), 247.

Bamberger, 90.

BankAct de 1914, 172.

Banque d'Angleterre. Suspension des payements en 1797, reprise des payements en espèces en 1822. — Sa fausse politique dans l'intervalle, 49 à 69.

Banque de France en 1848, 47. — En 1870-78, 47, 4S. — Convention de 1911, 1914, 1920, encaisse, circulation, conventions successives, 146 à lo7. — Protestation du Conseil de régence, 155.

Banque de France (Emprunts à la), 227.

Banque générale. Banque Royale de Law, 32 à 35.

Banque Nationale d'Autriche, 88.

Banca d'Italia, 85.

Banque Nationale d'Italie, 83.

Baring (sir Francis), 55.

Billet de banque (son caractère), 14, 260.

Bimétallisme, 9.

Bimétallisme (arguments pour le), 198.

Boislandrij, 39.

Bolles, 72.

Brésil, 124, 125.

BuUion Committee Report, 5o et suivantes. — Idée maîtresse du rapport, 59. — Discussion au Parlement, 59.

Bungc, 162.

Butler, 79.

TABLE ANALYTIQUE 5l6'

Caisses de conversion sud-américaines, 112-125.

Caisse d'Escompte du commerce, 37, 38, 39.

Caisse de l'Extraordinaire, 38.

Caisses de prêts allemandes, 140, lo9 et suivantes.

Calonne, 37.

Cambon, 44.

Cancrine, 98, 99.

Cannan, 68.

Canning, 59, (30,

Carcy, 79.

Chamberlain (Austcn), 144, 187, 207.

Change (le), 231.

Change et tarifs de douane, 233.

Change et le commerce extérieur, 240.

Canada, 233.

Charles V, 7.

Chase, 76 et suiv., 129.

Chavenon (Léon), 232.

Chili, 112, 119.

Clearing-house, 21.

Cobbett, 64, 68,

Colbert, 7.

Colberliste (recelé;, 249.

Colonial papier monnaie Etats-Unis, 70, 71.

Commerce des métaux précieux interdit, 42, 77,

Committee on Currency and foreign exchange, 14o, 174, 214 et suiv.

Compensation (nécessité delà), 23.

Compensation (défaut de la), 198, 227, 229,

Continentaux (billets), 12-13.

Conversion anglaise de 1921 en 3 1/2 0/0, 220.

Cours forcé, 12. — France, 40, 47, 149, 2o6. — Angleterre, o2. — Etats-Unis, 72, 74, 76. —Italie, 82. — Autriche-Hongrie, 87. — Russie, 96, 100, 183. —

Grèce, ilO — Amérique du Sud, 114. — Allemagne, 159. — Conséquences, 2i9.

Crispi, 8i,

Currency notes, 129, 171, 214.

Cowcelle Seneuil, 112.

Cunliffe (Lord), 143, 214.

Damiris, Ho.

Débouchés (la loi des), 19,

Débouchés (la loi des), avenir du producteur, 249.

Dêcamps, 240.

Déflation (la) 12, (le croquemitaine de Ia\ 13.

Déflation (les issues à la), 210, 2o9.

Demande (loi de l'offre et de la), 224 . — Demande (force

motrice de l'industrie), 225.

Directoire, valeur du louis d'or, 45. — Création du

mandat territorial, 45. — Démonétise, février 1797,

tout le papier monnaie, 46. — Consolide le tiers

de la dette, 47.

Ducrocq, 6.

Du Pont de Nemours, 38, 129 et le maximum, 42.

Emprunt (inflation la pire des formes d'), 15, 260. — Forcé, 15. — Rôle dans les payements, 20.

Escompte (politique d'), 133, 275.

Espagne, 238.

Essarts (Pierre des), 104.

Etalon monétaire, son caractère, 3, 12. — Variations sous l'ancien régime, 6. — Fixité en Angleterre, 10.

Etat (besoins de V) et monnaie, 127.

Etats (politique financière des), 133 et suiv.

Etats-Unis d'Amérique, premières et déplorables expériences du papier monnaie au xviu« siècle, 70 et suivantes. — Guerre civile, mesures financières du

Nord. Greenbacks. — llenchérissementdcs prix, T.J et suivantes. — Politique financière après la guerre de Sécession, 78. — Reprise des payements, 79. — Prime sur l'or, 79.

Etats confédérés du Sud, émissions et faillite finale, 80. Depuis 1914. Inllation due àla polique des banques, 179. — Dette publique, 180, 193.

Exportation des billets, 14-0.

Fédéral Reserve Banks, 141, 143.

Feitelberg, 184.

Finances. France. Etat désespéré en 1715, 32. — En 1789, 38. — Situation difficile en 1914, 134. — Emprunts de guerre, l.'iO-loS. — Frappe de pièces d'argent, loo (voir Banque de France).

Fisk, 177.

Foville (de), 18.

Fou-/er(W.), 22.

Gide (Charles), 14.

Giràud (Suzanne), 136, U9.

Gladstone, 38.

Gold exchange standard, 1 09 .

Goschen (George), 128.

Gomel,iO.

Gottlieb {L.-B.), 193.

Gouvernement (gaspillage et faillite), 217.

Gouvernement provisoire français en 1848. — Cours

forcé, 47.

Grant, 78.

Grèce soumise au contrôle financier international après

1898. — Amélioration du change. — Système

Valaoritis compromis par les besoins de l'Etat, 109

et suivantes.

Gresham, J27.

Guerre de 1870. — Cours forcé. — Reprise des paiements 1878,47, 48.

Hausse (Cause de la) des prix, 229. — Hausse (la joie de la), 247. — Hausse (la recherche de la) 248. — Restreint la demande, 22b. — Provoque la baisse,

Havenstein, 243.

Hervey (îles), 3.

Holden (sir Ed.), 143.

Horner (Francis), o3.

HusJiisson, 33, 67.

Illusion bullionniste, 16.

InOation. Définition, 137. — Vices, 138. — Origine, 139.

— Différents modes, 141. — Caractéristique en Angleterre et Etats-Unis, 141 et suiv. — Rôle des dépôts, 141. — Sociétés par actions, 187.

Inflation en France, 228.

Inflationnistes (sophismes), 221.

Italie cours forcé en 1866, reprise des paiements, 1883.

— Fragilité de la réforme, 82 et suivantes, 234.

Japon, 193.

Johannot, 44.

King (Lord), 44.

Klotz, 231 .

Kokovtzcff, 108.

La Fontaine, 223.

Laurent, 9.

TABLE ANALYTIQL'E 269

JLau(Jolm\ 32-31. — Ses projets. — Emission. — Agiotage.— Banqueroute. — Ouvrages à consulter, 32. Laycock (F. U.), 224.

LaytoJiiF. U.), 224.

Lénine, 183.

Liesse (A.), 136.

Louis XIV, 7.

Mac Ctilloch, 77, 78. — Arguments contre les inflationnistes, 201 et suiv.

Mac Kenna, 187.

Magliani, 83.

3/(7noniMarcel), 32, 38, 39, 40.

Maroni, 208.

Maximum, sous Law, 35. — Sous la Utvolution, 42. — Aux Etats-Unis, après la guerre de l'indépendance

Méline, 10. 237.

M illiès- Lacroix, 149.

Monnaie et étalon monétaire, 3-10. — Fixitt' en Angleterre, U. — Papier, 42. V. assignats et cours forcé. — Pour la monnaie dépre'ciée, 198. — Contre la monnaie dépréciée, 239.

Monométallisme, 9, 10.

Morato (Joseph), 239.

Moratorium, 136, 147, lb9.

Moyens de payement, 1, 20.

Morgan, 232.

National City Bank, 233.

Necker, 37, 38, 41.

Nichûlson, 173, 176, 177.

Nicolas J", 99.

Noël, 88.

Nogaro (Prof.). 200.

Offre et la demande (loi de T), 224.

Or (valeur de I') et la monnaie de Londres, 11, 33. — Quantité d'or dans le monde, 17. — Valeur actuelle de For, 2o. — Son rôle dans les payements, 26.

Oresme (Nicole), 7, 127, 233.

Pallain (Jacques), 233.

Papier monnaie renchérit le coût des guerres, 42, 74,

Page 1