CHAPITRE III
L'Economie des moyens de payement
Les banques ont cherché et institué des moyens de payement offrant une plus grande sécurité, une plus grande rapidité, que celle qu'on pouvait obtenir avec .des signes monétaires; et elles en ont économisé de plus en plus l'emploi.
Elles ont remplacé la monnaie métallique par les procédés suivants : 1" monnaie représentative; 2" intervention des livres de crédit; li° système du chèque et de la compensation; 4" usage des lettres de change de ville à ville et sur l'étranger; o" système international de compensation.
Cet ordre n'est pas chronologique. Pour économiser le transport des métaux précieux ou de marchandises, on a trouvé, dès l'antiquité la plus reculée, la lettre de change. Elle était connue à Athènes et à Rome.
Les Banques d'Amsterdam, de Gênes, de Hambourg, recevaient toutes sortes de monnaies. Elles en vérifiaient le poids et le titre, en déterminaient la valeur exacte par rapporta celle du pays, et déduction faite d'un tant pour cent très faible pour les dépenses de monnayage et de manipulation, ouvraient un crédit pour ce qui restait après ces déductions. Ce crédit s'appelait monnaie de banque et assuraitune monnaie d'une plus grande sécurité, moins susceptible d'altération que la monnaie métallique.
Elleprocurait une économie de temps et d'espace. Un simple transfert remplaçait un transport d'argent.
Peu d'idées sont plus simples que celle des chèques. Deux personnes ont des relations d'affaires : tantôt elles vendent, tantôt elles achètent. Grâce aux chèques, elles évitent les différences. Le chèque est un ordre de transfert.
Les négociants de Londres ayant pris l'habitude de déposer leurs fonds dans des centres communs,, un simple transfert sur les tiers suffit.
Les Banques établirent entre elles, le système de compensation avant que l'usage du chèque ne fût établi.
On sait comment des garçons de banque, trouvant qu'il était plus simple de se rencontrer dans une taverne que défaire des transports d'argent et de valeurs, fondèrent le cleariny hoitse. En 1775, vingt-six banques le constituèrent.
Pas un seul shilling n'intervient. Les différences
se paient par des traites sur la Banque d'Angleterre * .
Toutes ces institutions ont pour but de substituer à l'usage et au transport ncn seulement de la monnaie métallique, mais encore des billets de banque et autres formes de monnaie fiduciaire, de simples transferts d'écriture. D'après M. W. Fowler-, il y a trente-cinq ans, en 1886, 99 0/0 des affaires sérieuses se faisaienten Angleterre, à l'aide des instruments de crédit. Cette proportion n'a pas diminué.
La Direction de la Monnaie des Etats-Unis a donne le chiffre au 31 décembre 1912 par tête, des moyens de payement de quelques pays :
Dollars et cents Francs
Or Argeut Papier Total
France 30,30 10,38 8,23 48,91 244
Etals Unis. . . . 19,48 5,61 7,89 32,98 165
Grande-Bretagne . 16,10 2,57 2,54 21,21 109
Allemagne. . . . 13,30 4,03 4,03 2t,3G 107
Mais à côté de ces métaux, de ces billets, interviennent les clearintj-houses.
Les compensations des clearing houses des États- Unis se sont élevées en 1920 à $ 375,400 millions (soit au pair de 5 fr. 18 le dollar à 1.944 milliards de francs) ; celles du Clearing Bouse de Londres à £39 018 millions (soit au pair de 23 fr. 22 £ à