‹ Influence de l'agitation sur les champignons inférieursChapitre 12 sur 39 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

Les figures de la planche III représentent en grandeur naturelle/les.cultures des divers champignons développés en sphères dans des matras côhtenant du liquide de Raulin normal, qui ont été soumis à une agitation continue, à raison de soixante et quatre-vingt-dix secousses par minute.

Fig. 1. Mucor flavus, résultat d’une culture immergée pendant 1 mois, puis soumise à une agitation de 6o secousses à la minute pendant 1 mois.

Fig. 2. Mucor fuscus, culture agitée de 15 jours, 60 secousses par minute.

Fig. 3. Mucor fuscus, agité pendant 1 mois, 60 secousses à la minute.

Fig. 4. Mucor fuscus, agité pendant 1 mois et laissé au repos pendant 10 jours.

Fig. 5. Mucor reticulatus, agité pendant 6 jours, 60 secousses par minute.

Fig. 6. Mucor reticulatus, agité pendant 1 mois, 60 secousses par minute.

Fig. 5. Mucor reticulatus, agité pendant 1 mois et soumis à un repos de 10 jours.

Fig. 8. Syncephalastrum nigricans, 1 mois d’agitation, 60 secousses à la minute.

Fig. 9. Rhizopus refleæus, 12 jours d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 10. Rhizopus nigricans, 12 jours d'agitation, 6o secousses par minute. Fig. 11. Phycomyces splendens, 5 jours d’agitation, 6o secousses à la minute. Fig. 12. Phycomyces splendens, 20 jours d’agitation, 6o secousses à la minute. Fig. 13. Circinella umbellata, 10 jours d’agitation, 60 secousses à la minute. Fig. 14. Circinella umbellata, 13 jours d’agitation, 90 secousses à la minute. Fig 15. Helicostylum piriforme, 10 jours d’agitation, 6o secousses par minute. Fig. 16. Aspergillus fuscus, 14 jours d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 19. Aspergillus fumigatus, 12 jours d’agitation, 60 secousses par minute. Fig. 18. Penicillium rubescens, 1 mois d’agitation, 60 secousses par minute. Fig. 19. Penicillium claviforme, 14 jours d’agitation, go secousses par minute. Fig. 20. Penicillium claviforme, 10 jours d'agitation, 60 secousses à la minute. Fig. 21. Penicillium claviforme, 10 jours d’agitation, puis repos de 10 jours. Fig. 22. Penicillium erectum, 4 jours d'agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 23. Penicillium erectum, 10 jours d'agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 24. Sterigmatocystis ochracea, 10 jours d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 25. Sterigmatocystis ochracea, 18 jours d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 26. Sterigmatocystis butyracea, 1 mois d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 27. Sterigmatocystis lutea, 9 jours d’agitation, 60 secousses par minute, Fig. 28. Gueguenia cæspitosa, 13 jours d’agitation, 60 secousses par minute.

Fig. 20. Gueguenia cæspitosa, 1 mois d’agitation ; une sphère a été coupée en deux pour montrer la section.

Fig. 30. Gueguenia cæspitosa, 1 mois d’agitation, 60 secousses par minute,

Genre MUCOR, Linné, 1704.

Mycélium très ramilié, sans rhizoïdes. Sporange sphéroïdal, à columelle cylindrique.

MUCOR FLAVUS (1), Bainier.

Caractères généraux. — Le Mucor flavus se trouve à la surface des agarics en décomposition, sur lesquels il donne des zygospores.

Le sporange du Mucor flavus se présente à l'œil nu comme une petite sphère gris bleuâtre, qui devient ensuite blanchâtre avec une légère teinte bleue ; il surmonte un filament qui peut atteindre jusqu’à 8 centimètres de hauteur. La membrane de ce sporange est fine, à peine grenue et très diffluente. On ne la trouve complète qu'avant la maturité ; elle s’insère un peu au-dessus du point où le sporange s'attache au filament. Lorsqu'elle a disparu, elle laisse un petit anneau qui se rabat sous forme de collerette au point d'insertion. Les spores sont plongées dans une matière mucilagineuse qui devient très fluide à la maturité et donne à l’ensemble une couleur blanc bleuâtre translucide. Les spores sont ovales, très variables dans leurs dimensions : leur grand diamètre varie de 9 à 12 p sur 4 p2. On en trouve également des sphériques mesurant 4 y 2 de diamètre. Elles peuvent également affecter la forme d’un cylindre arrondi à ses deux extrémités, où bien être un peu réniformes. La columelle est d’abord sphérique, puis légèrement ovale. Le support est un filament de diamètre sensiblement égal dans toute sa longueur, il est d'abord incolore, puis ne tarde pas à prendre une belle couleur d’ocre jaune. Il porte quelques ramifications irrégulières. Barnier a obtenu très facilement ses zygospores pendant l'hiver, sur pain mouillé, crottin de cheval, décoction de

(1) Espèce trouvée et décrite par BainreR. Bull. Soc. mycol. de France,t. XIX, P- 157, 1903.

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pruneaux, etc. Ces zygospores se forment sur les filaments dressés que portent les sporanges ; on peut en trouver jusqu'à quatre étagées l'une au-dessus de l’autre, comme les barreaux d'une échelle. Leur membrane externe, d’abord incolore puis jaunàtre, se recouvre de très petites plaques brunes plus foncées ; au céntre de la zygospore, l'ensemble noircit très vite et on a bien vite une masse noire couverte de grosses aspérités, comme la zygospore du Mucor mucedo. Leur diamètre mesure en moyenne 150 y.

Très souvent, sur la mousse ou sur le crottin de cheval, on trouve des mucors qui possèdent des caractères identiques à celui que l’on trouve sur les agaries, toutefois ils en diffèrent par leur coloration. De plus, ces mucors ne donnent jamais de zygospores, tandis que le Mucor flavus les donne en prodigieuse abondance.

EXPÉRIMENTATION

Culture fixe sur Raulin gélatiné. — Le champignon ensemencé sur Raulin gélatiné dans des matras à une température comprise entre 15 et 18° (1) donne en vingt-quatre heures un début de mycélium, lequel demeure déformé très lon gtemps, ce qui dénote une plante mal fixée. Le troisième ou le quatrième jour, le thalle émet un filament dressé, futur axe sporangifère. Le sixième Jour apparaissent les sporanges.

Culture sur Raulin gélatiné agité. — Les résultats sont identiques aux précédents, aucune modification ni dans la structure ni dans le développement. Il en est de même si nous supprimons linfluence de la pesanteur. Peut-être dans ce dernier cas la croissance est-elle un peu plus rapide ?

Culture fixe sur Raulin normal {semis en surface), — Dès le premier jour, nous observons à la surface du milieu

(1) Toutes nos expériences s’effectueront à ces mêmes températures

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nutritif un thalle blanchâtre, cotonneux, devenant très touffu au bout de 4 à 5 jours et dressant dans l'air ses appareils reproducteurs. Le mycélium demeure très longtemps d'un blanc jaunâtre ; il est formé de filaments non cloisonnés. Parfois, mais rarement, quelques formes toruleuses.

Culture fixe sur Raulin normal (semis en profondeur). — La croissance est sensiblement retardée. Le thalle, apparaissant le deuxième jour, a un aspect cristallin, il est très blanc et reste ainsi durant tout le cours de nos observations (un mois et demi).

Ses éléments sont constitués au début par des filaments continus, dont la branche principale porte cà et là et de chaque côté des rameaux courts divisés en un pinceau de ramuscules quelquefois séparés du tronc par une cloison. Avec le temps (20 jours), certains rameaux se découpent par des cloisons transversales en articles courts qui s'arrondissent en forme de chapelets plus ou moins réguliers. Au bout d’un mois, les formes oïdiennes sont plus abondantes ; les appareils reproducteurs font défaut.

Le Mucor consomme le saccharose sans l’intervertir, le glucose est dédoublé en acide carbonique et alcool. La production d'alcool est très minime.

Culture sur Raulin normal agité (agitation I}. — Il nous sera facile, connaissant les principaux caractères du Mucor flavus sur Raulin normal fixe, de voir combien ce même organisme va subir de déformations sous l'influence seule de l'agitation.

Nous avons fait remarquer précédemment (au début du chapitre II) que des secousses espacées {15 à 20 par minute) ne produisaient que des transformations légères. En augmentant la rapidité de l'agitation (60 & 70 secousses par minule,ou même {0 e/120 secousses), nous verrons que les modifications finales seront de même ordre, mais que plus les secousses seront rapprochées plus les déformations seront rapides. Les trois tableaux ci-contre résument très succinctement ces modifications.

Première expérience (15 à 20 secousses par minute).

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