‹ Influence de l'agitation sur les champignons inférieursChapitre 14 sur 39 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

macroscopiques et microscopiques.

(Filaments mycéliens normaux.

Cloisonnement du thalle.

Formes toruleuses abondantes.

Dissociation du thalle, présence de pseudasques (pl. IV, fig. 2).

Déhiscence des pseudasques cellules-/evures bourgeonnantes (pl. IV, fig. 13).

Kystes ou formes dernières (pl. IV, \

« / fig. 4

Id.

L COULEUR OBSERVATIONS JOURS TEMPÉRATURE k :

du milieu. macroscopiques eb microscopiques.

ae | ET nn oo au 2 18 à 2u° trouble |Mycélium toruleux.

apparent.

aTau 3° — - [jaune sale.|Dissociation complète (pseudasques). SARA jaune |Pseudasques déhiscents, | boueux.

DÉAUIOS —= vert Débris de pseudasques.

| noirâtre.

9° jour. | — noire. Kystes ou formes dernières. 10°, 12°, 20° | — — Aucun changement apparent. 202,130

Il suffit de jeter un coup d'œil sur ces tableaux pour remarquer combien une agitation intense accélère les transformations que doit subir le Mucor flavus. Les secousses répétées favorisent la segmentation du thalle devenu toruleux ; les éléments dissociés condensent leur protoplasme et flottent dans le liquide nutritif. La liqueur change brusquement de teinte, devenant successivement jaune, jaune sale et boueuse. À ce moment, si nous prélevons une parcelle de ce liquide trouble, nous constatons :

1° La présence de cellules rondes de 22 & de circonférence, à membrane cellulosique très épaisse ;

2° De cellules ovales où irrégulières de 22 y de long sur 10 à 12 de large, contenant des spores en nombre variable, quelquefois 4, parfois 5, 6 et même plus. Ce nombre, n’est pas constant, aussi appellerons-nous ces appareils des pseudasques. (PI. IV, fig. 2.)

L’agitation se poursuivant, les pseudasques abandonnent complètement leur contenu; il reste dans le liquide des vestiges de ces appareils et des spores ovales, fusiformes ou irrégulières, qui bourgeonnent et se reprodui-

sent à la facon des levures. Leurs dimensions varient entre 10 et 12 de long sur 4 à 5 de large. Quelques-unes d’entre elles ont des aspects bizarres et variés (piriformes, en larmes bataviques, etc.), et poussent à leurs extrémités trois ou quatre bourgeonnements.

Ce sont là des formes dématioïdes que nous rencontrerons très souvent chez les Mucorinées. (PI. IV, fig. 4 et 13.)

Le septième jour (agitation de 120 secousses à la minute), le liquide nutritif vire au noir verdâtre, puis au noir franc, et nous y voyons apparaître des éléments ovales à membranes fortement épaissies, de dimensions variables, les unes unicellulaires, les autres séparées en deux par une cloison transversale, et contenant à leur intérieur des guttules noires à peu près d’égale grosseur. (PLSIV Re A2)

Ce sont là des formes de résistance. Le champignon passe à l’état de vie latente, se revêt d’une forte membrane de cellulose, s’enkyste, en un mot, et demeure ainsi jusqu’au retour de conditions favorables. Ces formes particulières constituent nos kystes ou formes dernières. (PI. IV, fig. 12).

Formes toruleuses soudées, formes toruleuses dissocices, pseudasques, spores-levures, kystes ou formes dernières, telles sont donc les différents stades de déformation du Mucor [lavus.

Il était intéressant de rechercher si notre culture fixe de Mucor flavus, une fois agitée, était susceptible de subir les mêmes transformations que celle soumise d'emblée à l’action des secousses.

Une agitation faible {15 à 20 secousses par minute) favorise la mise en boule du thalle contenu dans le matras. Au bout de 8 à 10 jours, on remarque dans le ballon mobile un certain nombre de petites masses sphériques et ovales de couleur blanc grisâtre, puis franchement noire ; leurs dimensions sont variables, les plus petites mesu-

rent 1 millimètre de diamètre, les plus grosses 7 à 8

millimètres, et sont facilement dissociables par une agitation plus intense. {PI IE, fig. 1.)

Si l’on coupe une de ces sphères en deux moitiés, on voit qu'elle est formée simplement d'une paroi mince (1/2 millimètre d'épaisseur), lisse ou légèrement déformée par suite de sa fragilité. L'intérieur en est creux et rempli de liquide nutritif. Cette enveloppe est constituée par la réunion de filaments mycéliens enchevêtrés, ramifiés, contournés en spirales et cloisonnés, ne présentant, à part cela, aucune particularité intéressante.

Les agitations de 6o et 120 secousses à la minute déterminent la fragmentation rapide du thalle. Le liquide surnageant se trouble; vers le second jour, il devient jaune, puis jaune boueux, vert et noir. À ce moment, le contenu du matras est une véritable bouillie où l’on rencontre:

1° Des filaments ayant abandonné leur protoplasme ;

»° Des monstruosités mucoriennes, éliminant un protoplasme granuleux, émietté, etsimulant des spores ; 3° des pseudasques (PI. IV, fig. ro) à membrane très épaisse contenant 3, 4, à spores et plus, dont les dimensions sont comprises entre 10 et 12% de long sur 4 de large ; des kystes où formes dernières. (PI. IV, fig. 12.)

Il était impossible, après ces diverses expériences, de nier l'influence de l'agitation sur le Mucor flavus. Mais était-il possible, en partant de ces divers stades de déformation, de reconstituer à nouveau le HMucor flavus avec son mycélium et ses appareils sporangifères normaux ?

Pour vérifier cette hypothèse, il était indispensable de faire des cultures cellulaires, de pratiquer des semis de spores-levures et de kystes sur différents milieux solides et liquides fixes (Raulin ordinaire, Raulin gélatiné, carotte, pomme de terre), pour suivre de jour en jour la marche de ces cultures.

Voici quels ont été nos résultats.

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Cultures cellulaires de spores-levures {15 jours d’agitation à raison de 120 secousses à la minute). — Cinq de ces cultures en gouttes pendantes (le milieu employé est du Raulin normal) sont ensemencées avec des spores-levures et placées sous une cloche humide à une température variant entre 15 et 18°. Ces éléments ne tardent pas à bourgeonner à l’un des pôles et à se multiplier très rapidement. Les nouvelles cellules possèdent un protoplasme clair, à peine granuleux, sans noyau apparent ; leur membrane est peu épaisse. Ainsi se poursuit l’évolution jusqu'au onzième jour; puis les spores cessent de bourgeonner, s'allongent, et pour la première fois nous voyons apparaître un début de mycélium formé de filaments droits et cloisonnés.

Le thalle grossit de plus en plus, devient un article, puis un mycélium normal sans sporanges. Ces derniers apparaissent au bout de vingt-sept jours de culture cellulaire.

Culture cellulaire de « kystes » ou « formes dernières ». — Premier jour d'ensemencement. Rupture de la membrane d'enkystement, qui met à découvert une cellule à paroi mince, produisant un tube de germination tortueux, eloisonné, à contenu protoplasmique pourvu de plusieurs gros granules réfringents et de petits corpuscules gras. (PI. IV, fig. 5.) — Deuxième jour. Le thalle se ramifie ensuite d’un seul côté et émet quantité de bourgeons dématioïdes. Cet état persiste 8 à 9 jours, après quoi le mycélium cesse de se cloisonner et devient normal. Les sporanges sont visibles le pingt-troisième jour.

Culture sur carotte, d'un prélèvement de liquide noir (résultat d’un mois d’agitation, 120 secousses à la minute). — Premier jour d'ensemencement. Abandon sur le substratum d'une légère croûte noirâtre qui disparait par suite d’une végétation luxuriante de cellules-levures, lesquelles forment une couche rosée luisante, un peu surélevée, qui se maintient dans cet élat pendant plus de 25 jours.

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L'examen microscopique ne fait voir que des formeslevures mesurant 10 à 12 de long sur 4 de large. Après un mois, la culture se plisse et se déssèche, c’est le début mycélien de Mucor flavus. Au microscope, ce mycélium se montre composé d'articles de dimensions très variables arrondis aux extrémités, portant cà et là, au niveau des cloisons, des formes globuleuses de 5 à Suret plus PIN. 6 et.) Après 95 jours, la culture, vaguement luisante, est hérissée de prolongements, futurs axes sporangifères ; les cellules oïdiennes disparaissent petit à petit pour faire place à un thalle formé d’un mycélium non cloisonné, et de filaments fructifères verticaux. À l'extrémité de ces derniers, on trouve un sporange globuleux, dont le protoplasme se divise en un grand nombre de spores. Le Mucor flavus est définitivement reconstitué au bout du trente-septième jour. Ainsi que nous l’avons dit dans le chapitre 1, la reconstitution de cet organisme est facilitée et accélérée, si l’on a soin de repiquer sur carotte le produit d’un premier semis, puis de semer à son tour le résultat de ce deuxième repiquage, et ainsi de suite. Dans ces conditions, en effectuant quatre fois ces mêmes opérations, nous obtenons le Mucor flavus normal dans un délai de 12 jours.

Voici deux schémas qui résumeront les phases de transformation et de régénération.

l° Phase de transformation.

(1) Spore-mycélium toruleux

pseudasques

spores brunes

kystes

2 Phase de régénération.

mycélium normal avec sporanges

mycélium toruleu

promycélium cloisonné à formes dématioïdes À

(2) Spores brunes mycélium normal avec sporanges

promycélium cloisonné à formes dématioides

rupture de la membrane

(3) Kystes

Nous n'insisterons pas sur les cultures des sporeslevures et kystes, sur milieu gélatiné ou autre, les mêmes phénomènes se reproduisant toujours exactement, sans différences bien notables.

. 10. Pseudasques obtenus par agitation de 1 mois

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