Filaments immergés
Fig
toruleu x.
2, Filaments
Fig
Culture fixe, vieille d'un mois, agitée ensuite pendant un mois, à raison de 60 secousses par minute. — Le résultat est sensiblement le même que pour les Æhizopus, le thalle se réunit en sphères formées de mycélium cloisonné, toruleux et oïdien.
Phase de régénération. — Si l’on prélève une petite quantité de ce mycélium ou « stade-levure » et qu'on le transplante sur carotte, pomme de terre ou Raulin gélatiné, on remarque, au début, de petites colonies punctiformes luisantes, analogues à celles des levures. Peu après. ces cultures s’étalent, se plissent, émettent des hyphes sporangifères, brunissent et produisent des sporanges normaux.
Nous avons affaire ici à des plantes mieux fixées, dont la transformation, sous l'influence des secousses, cesse de se maintenir dès qu'on ramène la plante au repos sur un milieu solide. Cette rapidité du retour à la forme normale est encore plus marquée chez les Phycomyces, comme nous le verrons plus loin.
Genre PHYCOMYCES, Künze.
Champignons à filaments mycéliens gros et non anastomosés, sans stylospores ; columelle dans le sporange multisporé, membrane du sporange totalement diffluente sans gonflement, ou indéhiscente. Filaments fructifères à végétation définie, tubes sporangifères d'une scule sorte, simples. Rameaux sexués arqués et épineux.
PHYCOMYCES SPLENDENS, Fries (1).
Le Phycomyces splendens a été décrit pour la première fois par FRIEs.
BAINIER, qui a retrouvé cette plante sur l’ergot de $eigle, en a donné récemment (2) une description très complète que nous résumons 1c1.
Les sporanges normaux que surmontent les filaments mycéliens mesurent environ 1 millimètre de diamètre, leur couleur est au début déterminée par la masse des gouttelettes huileuses jaune d’or qu'ils contiennent ; ils deviennent ensuite jaunâtres, puis grisâtres (mélange de terre de Sienne avec très peu de noir d'ivoire); enfin, le sporange se tache de blanc légèrement bleuûtre lorsqu'il est bien mür. Les.spores mesurent en moyenne 22 à 30 w, elles sont ovales. Il existe chez cette plante deux autres sortes de sporanges ; les spores sont ici de dimensions variables, mais beaucoup plus petites. En plus de ces trois types de sporanges qui se trouvent plus ou moins abondants dans toutes les grandes cultures, on rencontre encore souvent, dans les filaments du mycélium aérien, des sporanges très réduits, dépassant à peine la grosseur d'une spore normale et rouge sang-dragon sur des supports de mème couleur. Ces sporanges sont dépourvus decolumelle el renfermenticidikà douze spores rouges, très petites et sphériques. Des formes intermédiaires montrent
(x) FRies. Syst. mycol., &. III, p. 308.
(2) BaiNi£r (G.). Bull, Soc. mycol., t. XIX, p. 167, 1903.
nettement que ce sont des sporanges rudimentaires. Les zygospores de cette espèce sont inconnues.
Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5°/,. — Deuxième jour, petite traînée blanchâtre d'environ 3 millimètres de longueur sur 1 millimètre 1/2 de large. Quatrième jour, végétation plus Inxuriante, mais les caractères et l'aspect de la culture sont identiques. Auitième jour, le thalle est gris noirâtre et émet des hyphes sporangifères dressées. Onzième jour, les sporanges arrivent à maturité. Examen microscopique. Rien de plus à signaler que les caractères généraux précédemment cités.
Culture agitée sur Raulin gélatiné à 5 °/,. — La croissance est plus rapide et dès Le quatrième jour le substratum est envahi par un mycélium blanchâtre qui donne des sporanges mürs le neuvième jour. Rien de particulier à signaler à l'examen microscopique.
Culture sur Raulin gélatiné soustraite à l’action de la pesanteur. — Il y a encore ici une avance très marquée dans la croissance du champignon ; les filaments sont rejetés sur les parois du matras et les appareils reproducteurs se montrent entre le huitième et le neuvième Jour.
Culture fixe sur Raulin liquide (semis en surface à l’aide de spores provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné). — Quatrième jour, petites colonies blanchâtres à peine visibles. Sixième jour, ces colonies se multiplient et constituent une sorte de voile blanc à la surface. Huitième jour, végétation de plus en plus abondante, les appareils reproducteurs manquent. Douzième jour, apparition des hyphes sporangifères qui prennent une teinte brun foncé. Du quatorsième au quinzième jour, les filaments deviennent luisants, un peu plus foncés que dans les cultures précédentes, et les sporanges définitivement constitués entrent en déhiscence. Le vingt-deuxième jour, le thalle entier tombe au fond du liquide. Examen microscopique.
Les filaments mycéliens sont de dimensions moindres que ceux sur Raulin gélatiné.
Culture fixe sur liquide de Raulin {semis en profondeur, avec spores prises sur Raulin gélatiné). — La croissance est un peu plus rapide. Dès ‘le second jour, nous observons dans le liquide de petites colonies étoilées qui se réunissent et forment au bout d'un certain temps un dépôt floconneux blanchâtre. Il atteint vers le vrngt-cinquième jour > centimètres de hauteur. Examen microscopique. Le thalle forme de larges rubans non cloisonnés qui portent des deux côtés des ramifications nombreuses, lesquelles portent à leur tour des rameaux courts et arrondis aux extrémités. Les formes toruleuses ou oïdiennes sont rares même chez les cultures vieilles d’un mois. Les appareils reproducteurs font défaut ; les formes enkystées ou chlamydospores se rencontrent fréquemment.
Culture agitée dans un liquide de Raulin {agitation de 6o secousses par minute). — Deuxième jour, colonies punctiformes mesurant 1/2 millimètre. Le quatrième jour, elles ont acquis 2 millimètres à 2 millimètres 1/2. Sixième jour, les colonies se sont transformées en petites boules blanches hérissées de poils également blancs. Dirième jour, les sphères atteignent 5 à 6 millimètres de diamètre, et leur couleur devient d’un beau rose. (PI. IT, fig. 12.) Quinzième jour, les pelotons mycéliens les plus gros mesurent 8 à 4 millimètres. Certains se dissocient au bout de trois semaines, ou se fendillent surles côtés, et dans ce cas leur couleur passe au rose sale ; d’autres, au contraire, deviennent glabres; elles ressemblent alors à de petites billes dont quelques-unes atteignent 1 centimètre de diamètre.
Examen microscopique (PI. XIV). — En section transversale, la sphère est massive et formée d'un seul tissu dont les éléments sont disposés radialement. Les hyphes se renflent, se cloisonnent, s’enchevètrent les unes
te dans les autres, émettent à leur tour des rameaux divergents. Le diamètre des filaments est moins considérable que dans le cas de Phycomyces splendens en culture fixe immergée. Les parties centrales de la sphère sont occupées par un lacis de filaments d'aspect et de calibres différents, qui s'entrecroisent en tous sens; dans la plupart des cas un même filament affecte divers aspects le long de son parcours. Quelques-uns d’entre eux se terminent par des dilatations sphériques qui ne sont sans doute que des appareils reproducteurs avortés, et qui contiennent un protoplasme hyalin et quelques guttules graisseuses. La membrane des filaments est fortement épaissie.
Culture sur Raulin liquide soustrait à l'action de la pesanteur. — Aspect et structure comme ci-dessus.
Examen microscopique du liquide surnageant. — Le liquide de Raulin tient en suspension des filaments qui proviennent de la dissociation de certaines sphères, et dont la structure n’offre rien de particulier.
Culture fixe d'un mois, agitée ensuite pendant le même temps. — Le dépôt floconneux se met en suspension; les hyphes qui le constituent grandissent en s’enchevétrant. IlLen résulte des sphères mycéliennes semblables à celles décrites plus haut. A l’examen microscopique, on remarque qu’elles sont formées : 1° d'éléments anciens formant des rubans assez larges et très ramifiés ; 2° par des éléments nouveaux cloisonnés et de taille plus petite.
Phase de régénération. — La régénération est facile dans le cas de Phycomyces splendens, agité pendant un mois.
Il suffit d’ensemencer sur carotte, ou sur tout autre milieu solide ou liquide, une parcelle de filament provenant de pelotons mycéliens pour assister, cinq ou six jours après (sans grande transformation sauf la perte des cloisons pour le mycélium) au développement du champignon normal muni de ses sporanges.
PHYCOMYCES NITENS, künze.
Les mèmes expériences pratiquées sur le Phycomyces nutens ont fourni des résultats identiques.
HELICOSTYLUM PIRIFORME, Bainier (1).
CIRCINELLA UMBELLATA, Bainier (2).
ne donnent aucune déformation appréciable lorsqu'ils sont soumis à l'agitation. Nous constatons simplement l’enchevêtrement du mycélium et sa constitution en boules. Ces pelotons mycéliens ne présentent aucune anomalie, aussi nous n'insisterons pas davantage.
(1) Barnier (G.). Étude sur les Mucorinées. Th. de l'Éc. sup. de Pharmacie, 1882, Helicostylum piriforme, p. 85.
(2) BaïnreR (G.). Même thèse, 1882. Circinella umbellata, p. So
PLANCHE XIV Phycomyces splendens.
Détails microscopiques d’une sphère mycélienne résultant de l’agitation pendant un mois (6o secousses à la minute) d'un semis dans du liquide de Raulin normal.
Fig. 1. Filaments périphériques.
Fig. 2. Début de formes toruleuses.
Fig. 3. Renflements placés très souvent à l'extrémité d'un filament long et peu cloisonné (sporanges avortés).
Fig. 4. Partie centrale de la sphère (enchevètrement intense des filaments avec légère diminution du diamètre).
Grossissement : 300 fois.
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