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DEUXIÈME PARTIE

Cryptococcus Salmoneus.

g.1. Levures normales.

g.2. 2 à 6. Transformations successives du Cryptococcus salmoneus

sous l'influence de secousses répétées.

Planche XVII.

STERIGMATOCYSTIS LUTEA, Bainier.

Le Sterigmatocystis lutea à été trouvé par Baxter (1) sur du semen-contra exposé à l'humidité, Sa couleur est d’abord Jaune-beurre, mais elle verdit en vieillissant. Les spores sont lisses et mesurent 6 x 4. Les basides portent jusqu’à six stérigmates. Les conidiophores peuvent atteindre 3 et 4 centimètres de hauteur.

Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/,. — Deuxième Jour, petites colonies blanches mesurant 2 millimètres de diamètre. Quatrième jour, les colonies s'étendent et mesurent 4 à > millimètres en prenant une teinte jaunebeurre. Cinquième jour, le substratum est à moitié recouvert, la coloration jaune s’accentue, les appareils conidiens arrivent à maturité.

Culture agitée sur Raulin gélatiné à 5 °/, (60 secousses par minute). — Mèmes caractères que ci-dessus.

Culture soustraite à l'action de la pesanteur sur Raulin gélatiné à 5 °/,. — Mêmes résultats.

Culture fixe sur Raulin simple (semis en surface avec conidies provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné vieille de douze jours). — Cinquième jour, petites colonies blanchâtres, peu étendues, mesurant chacune 2 à 3 millimètres. Septième jour, formation d’un voile à la surface du liquide par suite de la réunion de toutes les colonies. Huitième jour, présence d’hyphes conidifères jaunâtres. Neuvième jour, voile entièrement jaune, les appareils reproducteurs sont arrivés à maturité.

Culture fixe sur Raulin liquide normal (semis en profondeur à l’aide de conidies d’une culture sur Raulin

(1) Barnier (G.). Étude sur différents stérigmatocystes (Bull. Soc. Bot. de France, 1880, p. 30.

gélatiné à 5 °/,). — Cinquième jour, petits filaments blanchâtres, réunis en un peloton d’un millimètre de diamètre, se tenant en suspension au milieu du liquide. Septième jour, la colonie s'étale, devient cotonneuse et demeure absolument blanche. MVeuvième jour, ensemble de la culture se tient au fond du matras et n'offre plus aucun caractère nouveau, même au bout d’un mois de séjour dans

le liquide.

Examen microscopique. — Au début, le thalle est formé de filaments droits, cloisonnés à distances égales et plus grèles que dans le cas d’une culture émergée. Le protoplasme est granuleux et renferme quelques petits globules de graisse et de glycogène. La membrane est peu épaisse. Par la suite, les filaments deviennent plus rameux, contournés, et présentent de temps en temps des renflements peu volumineux. La quantité de globules gras augmente et la membrane devient un peu plus épaisse. Au bout d’un mois les filaments se cloisonnent davantage, les renflements sont plus nombreux; en réalité la plante souffre et fait des efforts pour résister.

Culture sur Raulin liquide agité (6o secousses à la minute). — Troisième jour, petites colonies punctiformes à peine visibles nageant dans le liquide. Quatrième jour, elles atteignent environ 1 millimètre 1/2, leur forme est très irrégulière, souvent étoilée. Sixième jour, les thalles s’étirent en grains de blé, et mesurent à ce moment 3 millimètres de long sur 1 de large ; jusqu'à ce moment leur aspect est spongieux. ÂAuitième jour, le feutrage se resserre considérablement ; il en résulte un tissu blanc très compact. Les colonies ressemblent à de petits cocons eflilés légèrement à leurs extrémités et portant parfois aux deux pôles deux petites papilles de 1 ou 2 millimètres (PI. TIT, fig. 27). Ces papilles sont formées de mycélium beaucoup plus lâche, Quinsième jour, les pelotons grossissent mais présentent toujours la même allure

générale. Trentième jour, les colonies sont nombreuses, nous en avons compté plus de 150; elles demeurent très blanches, mais laissent quelquefois percevoir dans leur profondeur un petit amas grisâtre (rare) dont nous parleront dans un instant. Leurs dimensions moyennes sont de > millimètres de long sur 2 à 3 millimètres de large. Les prolongements subsistent fréquemment mais pas toujours. La consistance est spongieuse, molle, car les thalles sortis du liquide s'affaissent en petits disques allongés. En coupe transversale, ils présentent deux zones distinctes, l'externe blanche, l’interne gris noirâtre ; le centre de chaque peloton étant occupé par une cavité d’un demi-millimètre. Rarement par une agitation prolongée les amas mycéliens se désagrègent. Examen microscopique (PI. XI). Les filaments de la zone blanchâtre sont très enchevêtrés, enroulés en spirale, mais relativement pauvres en cloisons. Leur membrane est lisse, beaucoup plus épaisse que dans les cultures fixes de même âge; le protoplasme est granuleux, mais ne renferme que quelques globules gras. En pénétrant dans l'intérieur du sphéroïde, nous trouvons des filaments beaucoup plus serrés munis de cloisons rapprochées. Les articles courts ainsiformés grossissent sans s'arrondir et constituent des chapelets plus ou moins réguliers assez difficiles à dissocier. A leur extrémité se produit quelquefois un simple renflement séparé par une cloison ou un rudiment d'appareil conidien formé de 5 à 6 bourgeons réunis au sommet d’un très court pédicelle. Les chapelets de cellules renferment des quantités notables de globules gras ; de plus, très fréquemment, le protoplasme quitte la membrane et il se forme un espace vide entre le protoplasme et la membrane fortement épaissie.

Certains sphéroïdes ont à leur surface un granule grisâtre très fortement enchatonné dans leur tissu. Ce granule est formé de cellules polygonales sans méats, dont les parois sont très épaisses. Cette structure doit les faire considérer comme des sclérotes, ou, comme les appelle Ray, comme des formes résistantes de conservation. I] faut,

pour obtenir de tels selérotes, soumettre la culture à une agitation constante de 2 mois ou 2 mois 1/2.

Suppression de la pesanteur. — Résultats semblables ; néanmoins les colonies formées sont plus rondes et moins irrégulières.

Culture fixe vieille d'un mois, puis agitée pendant un mois à raison de 60 secousses par minute. — Nous retombons dans le cas précédent.

Phase de régénération. — Ces différentes cultures, transplantées sur milieux solides fixes, donnent très rapidement au bout de 8 à o jours le Siterigmatocystis lutea normal.

PLANCHE XI Sterigmatocystis lutea.

Détails microscopiques d'une pelote mycélienne résultant de l'agitation pendant un mois (60 secousses à la minute) d'un semis fait dans du liquide de Raulin normal,

- Fig. 1. Filaments périphériques.

Fig.2. Filaments centraux (formes de souffrance à membrane plus épaisse et très cloisonnées).

Fig. 3 et 4. Rudiments d'appareils reproducteurs.

Grossissement : 300 fois.

Planche XI.

STERIGMATOCYSTIS BUTYRACEA, Bainier.

Le Sterigmatocystis butyracea à été isolé par Bainter (r) qui l’a trouvé mélangé à d’autres mucédinées sur des amandes douces. Les conidies, le capitule et son support sont d’une couleur jaune-beurre frais, le pédicelle étant plus foncé que les capitules. Le mycélium lui-même est coloré. Les conidies sont lisses et mesurent 5 à 2, les stérigmates de 12 y 6 sont souvent au nombre de quatre. Les basides mesurent 25 4 et sont portés sur un capitule variant entre 46 et 63 y. Enfin le support, de grosseur inégale, est légèrement hérissé.

Culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/. — Deuxième jour, début de germination. Quatrième jour, thalle abondant, couvrant la moitié du substratum et prenant une teinte jaune clair. Sixième jour, mycélium de plus en plus coloré, les conidiophores apparaissent. Septième jour, les conidies müres se détachent.

Culture agitée sur Raulin gélatiné à 5°/,. — L'aspect de la culture est la même que précédemment, il en est de même si l’on supprime l’énfluence de la pesanteur.

Culture fixe sur Raulin liquide normal {semis en surface à l’aide de conidies provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/,.) — Quatrième jour, début de germination. Cinquième jour, petites colonies blanc sale, mesurant 1/2 millimètre de diamètre. Juitième jour, léger voile jaune clair avec appareils conidiens. Dixième jour, le thalle devient jaune foncé, les appareils reproducteurs sont mürs. L'examen microscopique ne révèle rien d’inté-

(x) Bull. Soc. Bot. de France, 1880, p. 29.

ressant, Le dix-huitième jour, l'ensemble de la culture tombe au fond du liquide.

Culture fixe sur Raulin liquide normal (semis de conidies provenant d’une culture fixe sur Raulin gélatiné à 5 °/). — Troisième jour, début de germination. Cinquième jour, filaments blancs cotonneux en suspension dans le liquide. Dixième jour, thalle plus abondant sans caractères particuliers même après une immersion d’un mois.

À l'examen microscopique, le thalle est composé de filaments plus grêles que dans le cas des cultures émergées, cloisonnés régulièrement, ramifiés et présentant sur leur parcours quelques légers renflements oïdiens (surtout dans les cultures anciennes). Le protoplasme est hyalin, les membranes sont peu épaisses. Parfois, mais rarement, quelques filaments émettent latéralement des bourgeons analogues aux formes dématioïdes décrites par BEAUVERIE, dans l’Aspergillus variabilis (1) Gasperini. Les appareils reproducteurs manquent, seules quelques sphères sans stérigmates ni basides apparaissent à l'extrémité de certains filaments.

Culture sur Raulin liquide agité (60 secousses par minute). — Les débuts de germination sont très nets dès le second jour. Le troisième jour, petites colonies blanches étoilées, de 1 millimètre à 1 millimètre 1/2 de diamètre. Sixième jour, ces colonies ont l'aspect d’un sphéroïde allongé, arrondi aux deux pôles et mesurent 3 à 4 millimètres. Auitième jour, les sphéroïdes atteignent > à 6 millimètres de long, et ressemblant à un minuscule cocon de ver à soie. Treizsième jour, les formations prennent une teinte crème puis légèrement jaunâtre, leur croissance s’arrète vers le quinzième jour ; les plus volumineuses atteignent alors 1 centimètre de longueur sur

(1) BEAUVERIE (J.). Etude sur le polymorphisme des champignons (Th. de doct. ès sciences de l'Université de Lyon, p. 129, 1900.

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