‹ Influence de l'agitation sur les champignons inférieursChapitre 3 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La littérature mycologique est riche en documents se . rapportant à l'influence des agents physiques (lumière, électricité, chaleur) sur le développement, la reproduction et la biologie des champignons. :

Les modifications dans l’éclairement produisent des effets très variés suivant les espèces sur lesquelles on fait agir les radiations. Beaucoup de moisissures et même de champignons à chapeau fournissent à l'obscurité un abondant mycélium ; il en est ainsi pour les espèces qui poussent dans les caves, sur les vieux tonneaux, les cloisons, etc.; il en est de mème encore pour les champignons qui croissent à l'intérieur des troncs d’arbres et pour les moisissures qui végètent à l’intérieur des fruits (Rhizopus nigricans dans les noix).

Des observations de RiNprreiscx et de KLEIN ont montré que dans le cas du Botrytis cinerea la formation des conidies n’a lieu que pendant la nuit.

Par contre, d’après BRErELD (1), la production des sporanges du Pilobolus microsporus ne s’observe qu’en présence de la lumière; à l'obscurité, les porte-sporanges avortent sans produire de spores.

(1) BrereLp. Schimmelpilze, IV, p. 76.

L'éclairement unilatéral exerce souvent une action sur la direction de l’axe du champignon. Lorsque celui-ci est éclairé d’un seul côté, on le voit souvent tourner son axe vers la source de lumière (héliotropisme positif). Tel estle cas pour le Mucor mucedo, le Phycomyces nitens, etc.

Le passage des étincelles d’induction est sans influence sur la marche de la fermentation alcoolique. Mais si l’on envoie sur une levure humide, pendant 5 minutes, les décharges d’une grande bobine d’induction donnant des étincelles de 5o centimètres, on constate que la fermentation provoquée par cette levure est ralentie. Enfin, si l'on fait passer un courant fourni par ro éléments Bunsen dans l’eau tenant en suspension de la levure, cette dernière est tuée.

En ce qui concerne les basses températures, Scnt- | MACHER (1) et Pauz BERT ont montré que l’on peut soumettre à un froid de — 113° C de la levure humide, sans lui enlever ses propriétés fermentaires.

Picrer et JUNG (2) ont maintenu d’abord à la température de — 50° degrés pendant 108 heures, puis à — 130° pendant 24 heures, des cellules de levure sans que ces dernières présentassent, à l'examen microscopique, d’'altération visible. D’après Zorr (3), les spores de Saccharomices Hansenii peuvent supporter un froid de — 83° pendant plusieurs heures sans perdre la propriété de germer.

Les températures optimales et minimales de développement varient suivant les espèces.

Aux phénomènes physiques précédemment cités il faut ajouter les actions mécaniques.

L'étude de l'influence de l'agitation sur les champignons inférieurs, en milieux solides et liquides, n’a été qu'ébauchée. C’est ce qui nous à engagé à entreprendre sur ce point de nouvelles recherches.

(:) Scuumacner (Em.). Beitr. x. Morph. und Biol. der Hefe (Sitz. der Wiener Akad., LXX, 157, 1874).

(2) Prerer et JuNG (d'après Zopf).

(3) Zorr, WW. die Pilse (Breslau, 1890, p. 115).

Re PRES

Nous avons fait porter notre expérimentation sur des formes à la fois nombreuses et variées, dans le but de rechercher les lois qui régissent les modifications observées sur les champignons soumis à l'agitation, tout au moins de tenter des généralisations solidement étayées.

Ce travail a été fait au Laboratoire de Botanique cryptogamique de l'École supérieure de Pharmacie de Paris, sous la direction de M. GUEGUEN.

C’est pour nous un devoir particulièrement agréable à remplir, que de remercier ici M. le professeur Gurcxarp de la bienveillance qu'il a bien voulu nous témoigner, des savants conseils et des encouragements qu'il n’a cessé de nous prodiguer au cours de nos recherches. Qu'il veuille bien agréer l'hommage de notre profonde reconnaissance.

Nous exprimons également toute notre gratitude à M. le professeur Rapars pour l'intérêt qu'il a toujours porté à nos recherches.

Nous tenons spécialement à exprimer nos plus vifs remerciements à M. le professeur agrégé GUEGUEN, qui nous a donné l'idée de ce travail, qui a bien voulu examiner nos préparations, et nous aider de sa grande expérience dans leur interprétation parfois si délicate.

C’est à l’aide des échantillons qui ont été généreusement mis à notre disposition par M. BaïNiIER, créateur de la Mycothèque de l'École supérieure de Pharmacie de Paris, que nous avons pu mener à bien cette étude.

Nous nous proposons de publier ultérieurement les résultats obtenus sur des genres autres que ceux qui font l’objet de ce travail, genres qui sont représentés dans la Mycothèque de l'Ecole supérieure de Pharmacie.

A M. le professeur ROGER, de la Faculté de médecine de Paris, nous sommes heureux d'adresser ici l'hommage de notre profond attachement pour l'intérêt constant qu'il voulütbien nous témoigner durant nos quatre années

d’internat.

Nous avons trouvé l’aide la plus précieuse et la plus

ne

amicale auprès de nos camarades MM. Noxxorre et MAHEU. Qu'ils reçoivent ici Pexpression de notre reconnaissante affection.

Enfin, en terminant, j'estime qu'il est de mon devoir d'exprimer aussi toute ma profonde et sincère reconnaissance à mes parents et amis, MM. Eugène CapiomonT et Victor Cuarzrer-Tagur, pour l'intérêt qu'ils m'ont toujours témoigné dans le cours de mes études.

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