‹ Influence de l'air marin sur la tuberculose pulmonaireChapitre 11 sur 22 · PAT · texte numérisé non relu

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Pour le manger, se guider sur son appétit. Je le revis deux ans après. Il était transformé ; forci, bien portant, ayec un caractère plus vif. Plus de signes stéthoscopiques au poumon, examen des crachats négatif.

Pour comparer les climats littoral et marin,nous ayons pris deux cas types. Mais il y a de. grandes variations dans l’un et l’autre.

Comme le climat littoral, une différence essentielle existe entre le climat océanique à marée et le climat méditerranéen sans marée.

Les vents de l'Océan sont humides et tièdes, condition favorable, ceux de la Méditerranée sont souyent secs et froids, ils sont à redouter.

L'humidité de l’atmosphère varie dans des pro. portions considérables d’un jour à l’autre, et même d’une heure à l’autre, et impressionne d'autant plus désagréablement les organismes que ses variations sont plus brusques.

Par contre le climat littoral méditerranéen est plus lumineux, plus chaud, mais cela ne veut pas dire ‘qu’il possède plus de rayons actiniques ; car l'air humide ne les arrête point.

D'autre part, le climat océanique présente des grandes variations suivant les régions cotières considérées. Il faut envisager toute une gamme de climats littoraux se rapprochant par degrès successifs du climat marin. S'en rapprochent le plus les côtes qui possèdent une marée et qui ont une plage en pente douce, sur laquelle la mer parcourt de

pe

grands espaces. Elles jouissent ainsi d'une surface d’évaporation énorme qui entretient l'humidité de l'atmosphère, et par suite, d’une constance relative de température et d'état hygrométrique qui diminue l'intensité des brises alternatives.

Detels climats côtiers sont ceux qu'on préfère pour la cure des tuberculeux externes : Berck en est le type. La plage y est de sable, en pente très douce, etla marée court sur une grande surface, l'état hygrométrique varie peu. Il n’en est pas de même en d’autres stations à plage abrupte, et mal exposée. Si le médecin doit choisir pour son malade sa station littorale, il doit aussi choisir sa station marine. Ici encore le climat marin varie suivant la région considérée, Car si le climat marin inîlue sur le climat terrien, la réciproque est vraie.

Ainsi tout le Golfe du Lion, en Méditerrannée, subit le mistral ; en Afrique, l'Océan jusqu'aux îles Canaries, la mer Rouge subissent les vents du Sahara, etc.

Le climat marin est encore sujet aux vents alizés, qui soufflent durant toute une saison, loin des côtes, dans la même direction,

On divise, par rapport au vent le climat marin en quatre zones, de l’'Équateur vers le Nord : l° des calmes équatoriaux ; 2° des alizés : 30 des calmes tropicaux : A°des vents variables.

Les vents variables soufflent tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, sans loi.

Près de la zone torride ils sont les plus réguliers ;

en montant vers les pôles, ils deviennent de plus en plus irréguliers.

Dans le nord de la France, en Angleterre et en Allemagne, le vent du sud-ouest domine ; dans le midi de la France, sa direction incline davantage versle Nord ; en Espagne eten Italie le vent du Nord prédomine.

Les vents périodiques soufflent dans la même direction aux mêmes saisons ou aux mêmes heures de la journée : tels sont les moussons, et la bise. Les moussons soufllent six mois dans une direction, six mois dans l’autre. On les observe surtout dans le golfe du Bengale et dans la mer de Chine.

Ils se dirigent vers le continent pendant l'été, en sens contraire pendant l'hiver.

Les moussons d’été sont causées par la haute température qu'atteint alors le versant méridional de l'Himalaya, nappe d’air chaud, qui s'élève le long de ce versant, produit une puissante aspiration de l'air de la mer vers le continent. L'hiver, le continent se refroidit plus que la mer, l’aspiration se produit au-dessus de l'Océan Indien et les moussons soufflent en sens contraire.

Le caractère du climat marin se résume en un mot : « de tous les climats c’est le plus stable. »

En ce sens, il convient de l'opposer au climat le plus instable : le climat désertique. Sa chaleur avec des écarts excessifs, pouvant amener la nuit la formation de glace, s’échauffle rapidement aux rayons

solaires durant le jour.

Il est, au moindre vent, encombré dé poussièrés. L'air qui a passé sur ces mers de sable, sûr ces plaines dé cailloux, est échäuffé et ést dévêhu d’une Sécheresse irritante ; le verit entrainé avec lui, jusqu'à dés distaäncés incroyables, dés tourbillons dé sable. L'air deviént alors irrespirable, la gofge et les poumons sont déchirés, rien né peut miëux favoriser les cracheinents de sang.

Lé tiédetif doit avoir toujoufs présent à la méiioire le danger que présentënt pour les tüber: cüleux les téripêtes de sable.

Ce vent du désert ou khamsin, fléau de l'Egypte, apparaît brusquemeit, produit une élévation brusque dé la éolohne bârométrique qui descend dé 4 à 7 millimètres en quelques finutés et une dininution énorme de l'état hygrométrique dé l'air passänt de 0,31 40,17: L'oùragañ survient tout d’un coup, là lus mièré s’obscurcitsous lé flot dés poussières du désert, ün nudgé jauñëe térhie voile le disque du soleil.

L'air Contiént jusqu'à 1 grammé de sable par mètre cube. Ces fines particüles pénètrént partout, même éñ lés maisons, les mieux calleutrées. Elles entrent dans les bronches, dessèthéft le gosiér, prodüisétit des étériueménts ét dé la toux,

Li tuberculose pulinonairé ést râre parmi Îles indigènes égyptiens, proclamét:ôn. La raison en est simple. Grâce äü khämisin, les formés cliniques, rapporte lé D' Léérand d’Aléxañdrie (1), évoluent

1. H. Legrand et A. Valässopoulo, Tuberculose ét tuberculeux en Egypte (Cong. intern. tuberculose. Paris, 1903).

le ré RD CU AE (D EE

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rapides ! bronchites aiguës, pneumoniés cädéeuses, aboutissant à la phtisié galüpante, que l’on met Souvent $ür lé compté du typhus ou du paludisme.

En Eürope, les phtisiques meurent à la chüté des feuillés, èn Egypte, là plupart süccotibent au printemps, lorsque soufile le khamsin. Les pauvres alades perdent l'appétit, suffoquent, où bien s'épuisent en héimoptysies répétées, incoërcibles, souvent foudroyantes.

E. Rochéfort (1) qui a écrit dans le Dictionnaire encyclopédique des sciehces médicales, une étude sûr l'Egypte, le signale également :

« Bien que cé soit surtout pendant le mois de mai qué le khämsin atteigié en Egypte sa plus grande intensité, sés apparitions ñe sont pas strictement limitées à cette courte période d’un mois. Non seulémiéñt lé khamsin ne comménte pas toujours en avril, comme on l’a affirmé, il se montre en mars et même en févriér. »

Il ÿ a plus. Même quand lé khamsin ne souffle pas, en tous térips l’ätmosphère de l'Egypte est chargée de grains de sable ténus. Ceux-ci ne s’opposent pas à l’arrivée de la lumière qui est éclatante, mais ils absorbent une partie des rayons chimiques qui sont très atténués dans ce pays.

Ce fait n'est connu que des photographes. Je le

trouve longuement exposé dans un guide récent (2).

1. Dictionnaire de Dechambre, article « Egypte ». 2. Comment visiler l'Egypte. Paris, librairie Hachette,1911-1912, p. 154.

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Au point de vue photographique, il faut considérer la luminosité du ciel d'Egypte comme bien inférieure à celle des pays de l’Europe centrale. Ce phénomène étudié par les physiciens, provient de causes multiples dont les deux principales sont : d’une part la réfraction vers le ciel des rayons du soleil éclairant les sables du désert, d'autre part la présence dans cette même atmosphère de particules de sable impalpables et flottantes qui par leur couleur jaune enlèvent et annihilent une bonne partie des rayons actiniques. « Aussi tout amateur photographe qui ignore cette particularité, est tenté, lorsqu'il arrive en Egypte, de faire des instantanés extra-rapides, il ne tarde pas à s’apercevoir qu'il obtient des clichés insuffisants, manquant d'opposition. »

Un tel climat est donc l'opposé du climat marin, riche en rayons ultra-violets. Il en est également l'opposé au point de vue du traitement de la tuberculose pulmonaire. Le climat désertique l’aggrave, le climat marin l’améliore et la guérit.

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