CONCLUSIONS
Le métabolisme de base et le quotient respiratoire ont été étudiés chez l’homme à jeun, au repos et en équilibre thermique, après ingestion des principaux hexoses. Nous avons montré que les déterminations portant sur une durée expérimentale de 6 minutes devaient être répétées : avant l’expérience, puis une demiheure, une, deux, trois et quatre heures après l’ingestion, pou: suivre avec exactitude les modifications provoquées.
En l’absence de levure, l’ingestion de glucose, de galactose et de lévulose entraîne des modifications assez tranchées des échanges respiratoires. L’élévation du métabolisme de base, qui est la règle pendant la première heure, va en s’atténuant du premier au dernier de ces hexoses. Le quotient respiratoire ne tend, en aucun cas, vers l'unité; mais, au contraire, s’abaisse toujours plus ou moins nettement.
En présence de levure, dans le cas du glucose — mais dans ce cas seulement —— on note, en dehors de l’augmentation habituelle du métabolisme de base, une élévation du quotient respiratoire vers la 2° heure, les vitamines B paraissant ainsi favoriser l'utilisation de ce sucre.
L’ingestion de substances rapidement assimilables, mais de nature chimique très différente, telles que le glucose, l’huile d’olive et la peptone de muscle, entraînent cependant des modifications assez comparables des échanges respiratoires. Il est probable que, dans tous ces cas, un processus complexe de combustion s’institue où chacun des représentants des diverses fractions organiques est intéressé.
L'ingestion de substances de déséquilibre, telles que le galactose et l’huile de ricin, est suivie d’une modification des échanges respiratoires qui reste voisine de celle qu’on observe avec le glucose et l’huile d'olive. Il paraît donc vraisemblable que ces substances sont comburées au même titre que les autres et que leur action de déséquilibre se manifeste à la longue, par l’accumulation dans les tissus de produits de désintégration incomplète (?).
Les variations du métabolisme de base observées après ingestion de divers hexoses ne peuvent être suivies aussi exactement chez le pigeon que chez l’homme, chaque opération nécessitant plus d’une heure. Il est donc préférable de réserver cet animal
pour les expériences de longue durée. A cet effet, des régimes riches en l’un ou l’autre des hexoses leur ont été administrés sans addition et avec addition de vitamines B, données sous forme de levure de bière.
Le calcul du métabolisme de base dans les expériences de quelque durée sur la nutrition, pour avoir une signification, doit être rapporté au poids et à la surface, ainsi que LECOQ et nous-même l'avons signalé.
Un régime expérimental, même riche en glucose, peut être normalement complété par une addition opportune de vitamines B s’il est, par ailleurs, convenablement équilibré. Le métabolisme de base et le quotient respiratoire restent alors sensiblement constants.
La suppression de l’addition de vitamines B à un régime équilibré riche en glucose crée une avitaminose simple dont l’action se traduit par une diminution du quotient respiratoire et une exagération du métabolisme de base.
La présence d’une forte proportion de galactose dans une ration crée un déséquilibre alimentaire aigu qui se traduit par l’apparition de crises de polynévrite malgré la présence de doses plus ou moins élevées de vitamines B. Ce déséquilibre alimentaire entraîne, ainsi que l’avitaminose B, une chute rapide du quotient respiratoire et une exagération du métabolisme de base.
Il est possible d’obtenir, en introduisant dans la ration des proportions élevées de lévulose, un déséquilibre atténué qui, au bout d’un temps plus ou moins long, entraine, lui aussi, une chute du quotient respiratoire et une exagération du métabolisme de base. Le déséquilibre est d’autant plus accentué que la proportion de lévulose présente dans le régime est plus forte.
Quoique de formules chimiques très voisines, les divers hexoses essayés (glucose, galactose, lévulose) exercent, comme on le voit, une action très différente sur les échanges respiratoires.
Vu, bon à imprimer.
Le Président de la Thèse, H. COUTIÈRE.
Vu.
Le Doyen de la Faculté P. GUÉRIN.
Vu et permis d'imprimer.
Le Recteur de l'Académie de Paris, CHARLÉTY