CHAPITRE PREMIER
Ce qu’il faut entendre par métabolisme de base
Les premières études calorimétriques datent de LAVOISIER. « La respiration, écrivait-il dès 1777, n’est qu’une combustion lente de carbone et d'hydrogène semblable à celle qui s’observe dans une lampe ou dans une bougie allumée, et, sous ce point de vue, les animaux qui respirent sont de véritables corps combustibles qui brûlent et se consument. »
La science n’a fait que confirmer cette mémorable découverte. Les phénomènes vitaux exigent, pour s’accomplir, une continuelle dépense d’énergie qui atteint, journellement, le chiffre moyen de 2.400 calories pour un homme adulte soumis à un travail modéré. Cependant, dans les conditions habituelles de la vie, la quantité de chaleur dégagée peut être exagérée ou diminuée sous l'influence des habitudes de vie propres à chacun, notamment du travail musculaire, du travail intellectuel, de l’alimentation, de la lutte contre le froid, du sexe, de l’âge. Mais cette quantité de chaleur nécessitée par les fonctions de relation vient s’ajouter à celle qu’exigent les fonctions internes de nutrition. Si la première est due à des causes occasionnelles contingentes, la seconde est à la base même de la vie: fonctions cellulaires, contractions cardiaques, jeux des muscles respiratoires, des muscles de l'intestin, etc.
Cette énergie, nécessaire au maintien des fonctions physiologiques indispensables, correspond à la dépense minima ou dépense de fond et constitue pour chaque individu une constante en rapport avec le poids et l’étendue du corps. C’est ce que l’on désigne, en définitive, sous le nom de métabolisme de base.
$ I. — Influence de la vie de relation sur le métabolisme de base
Pour arriver à la mesure du métabolisme de base, on devra commencer par supprimer toutes les influences de la vie de relation en mettant le sujet à jeun, au repos musculaire et en équilibre thermique.
a) La première condition à réaliser est d'opérer sur le sujet à jeun. L'influence de l’alimentation sur les échanges respiratoires
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a été depuis longtemps mise en évidence. Elle apparaît presque immédiatement après l’ingestion d’aliments, quelle que soit la quantité absorbée, et l’on admet qu’elle se poursuit pendant plusieurs heures. L’augmentation du métabolisme, qui est la règle, varie considérablement suivant la quantité et la nature des aliments. C’est ainsi que RUBNER a noté chez le chien, comparativement au métabolisme initial, une augmentation de :
9,8 % après ingestion de glucides.
12,7 % après ingestion de lipides.
36,7 % après ingestion de protides.
C'est, d’après cet auteur, avec les protides que l’augmentation post-prandiale des échanges est la plus considérable. Elle serait au contraire la plus faible avec les glucides. De nouvelles expériences poursuivies sur l’homme ont montré, par ailleurs, une augmentation de :
2,8 % après ingestion de glucides.
26,8 % après ingestion de protides.
La nature de la substance ingérée n’est d’ailleurs pas seule en cause. L'augmentation du métabolisme est également en fonction de la quantité absorbée. C’est ainsi que DU BOIS a vu chez trois sujets le métabolisme monter de 11, 13, 24 % dans la seconde heure, après l’ingestion de 100, 200 et 300 gr. de glucose. MAGNUS-LEVY, d'autre part, donnant à un chien 140 gr. de lard, observe de la 3° à la 6° heure une élévation maxima d'environ 10 %, alors que celle-ci atteint 19 % pour 320 gr. du même aliment.
Les variations du métabolisme ont été suivies par Marcel. LABBE et STEVENIN chez 10 sujets auxquels ils faisaient absorber 100 gr. de glucose et dont les échanges étaient mesurés toutes les 20 minutes, pendant une durée de 2 heures. Le maximum de l’augmentation des échanges fut obtenu :
1 fois après 20 minutes.
4 fois après 40 minutes.
3 fois après 1 heure.
3 fois après 1 heure 20.
La rapidité avec laquelle les échanges revenaient à la valeur initiale variait avec les sujets, puisque ce retour fut observé : 1 fois après 1 heure 20.
1 fois après 1 heure 40.
3 fois après 2 heures.
4 fois après ce temps.
Le taux d'augmentation du métabolisme s’est lui-même montré très variable puisqu'il a atteint dans les 10 mêmes cas : 8, +14, +19, +22, --22, +24, +29, +30, +46 et +62 %,