‹ Influence de l'ingestion de quelques hexoses (glucose, galactose, lévulose) sur le quotient respiratoire et le métabolisme de base en l'absence et en présence de vitamines BChapitre 7 sur 60 · FE LE · texte numérisé non relu

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L’explication de l’augmentation des échanges gazeux après ingestion d’aliments pourrait être attribuée, selon L. ZUNTZ et LOEWY, au travail de la digestion, spécialement au fonctionnement des glandes digestives et au péristaltisme intestinal. BENE- DICT et PRAT ont constaté, en particulier, qu’une plus grande combustion est observée chez le chien normal par rapport au chien dépancréaté à la suite de l’absorption d’une même quantité de nourriture. Dans les deux cas cependant, le mécanisme DIGESE reste le même, mais le chien dépancréaté ne peut assimiler qu’une partie des aliments ingérés.

Marcel LABBE et STEVENIN considèrent, par ailleurs, que chez le sujet alimenté normalement, le travail mécanique de la digestion produit une quantité de chaleur qui n’est pas négligeable. Cependant, BENEDICT et EMMES nient cette action calorique du péristaltisme ne l’ayant pas observée après administration d’agaragar ou de purgatifs salins. Quoi qu’il en soit, l’assimilation des substances nutritives et leur passage dans la circulation restent les facteurs déterminants de l’augmentation post-prandiale des échanges respiratoires.

b) Secondairement, on devra éliminer rigoureusement tout travail extérieur. MAGNUS-LEVY et FALK. TIGERSTEDT, BENE- DICT et ses collaborateurs estiment qu’on ne saurait trop prendre de précautions pour l’éviter. Tout mouvement dont l'importance peut paraître minime, de simples changements d’attitude même, peuvent entraîner un accroissement notable du métabolisme.

C’est ainsi que des sujets couchés, complètement immobiles, uniquement occupés à mastiquer de la chewing-gum, voient, selon BENEDICT et CARPENTER, augmenter leur métabolisme en moyenne d'environ 17 %. Une augmentation du même ordre s’observe dans la mastication d’un bouchon de caoutchouc. Chez l’homme couché, le simple passage à la position assise provoque, d'après ces mêmes auteurs, une augmentation des dépenses de 35 à 40 %.

Le balancement des bras au cours d’une marche rapide fait passer, ainsi que l’ont montré BENEDICT et MURSCHAUSER, chez un sujet debout, l'augmentation des dépenses caloriques du simple au double.

Notons encore, d’après ARMSBY, FRIES et BRAMAN, que le métabolisme de base du bœuf couché augmente de 41 %, lorsque l’animal se maintient debout.

On comprend dès lors que la règle suivante s’impose dans la détermination du métabolisme de base : position couchée, relâchement musculaire aussi complet que possible, élimination absolue de tout mouvement,

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Cependant, LEFEVRE s'élève contre une telle manière de voir et prétend qu'aucune de ces différences ne serait plus observée si Pon commençait par soumettre le sujet à un équilibre thermique rigoureux. Nous allons voir ce qu’il convient d’en penser.

c) Les conditions de la régulation de la température ont été grandement discutées. C’est à l’éminent physiologiste Léon FRE- DERICQ que l’on doit la connaissance d’un minima de la production calorique en fonction de la température extérieure. LEFEVRE établit à la fois la réalité de ce minimum et sa signification, en montrant qu’en dehors des périodes de digestion et de travail extérieur, la dépense d’énergie se résout en deux parts physiologiquement distinctes. L'une, variable, fonction de la température extérieure, comprend une mise en jeu de tous les mécanismes régulateurs de la température interne, mécanismes déperditeurs ou de thermolyse si la température extérieure est trop élevée, mécanismes producteurs ou de thermogènèse si elle est trop basse. L'autre, fixe, correspond à la vie même des tissus et des organes et à leur fonctionnement. Nous y reviendrons dans le paragraphe suivant.

L’élimination de toute dépense de thermogénèse ou de thermolyse peut seule faire apparaître dans sa pureté la valeur du métabolisme de base. C’est pour cette raison que l'organisme doit être placé dans des conditions telles qu'il n'ait besoin d'aucune combustion pour se défendre contre le froid ou la chaleur.

La réalisation de cet équilibre thermique est habituellement obtenue dans la pratique courante, chez les sujets couchés, vêtus,

recouverts d’une couverture et maintenus à la température moyenne de 16 à 18°.

LEFEVRE s'est violemment élevé contre cette méthode qui, selon lui, ne correspond nullement à la neutralité thermique, laquelle ne pourrait être obtenue chez l'homme, que dans un bain à la température de 36°.

Pourquoi le bain ? Parce que, et c'est là un fait physique sur lequel il est inutile d’insister, le contact avec l’eau permet à l’organisme un abandon beaucoup plus rapide que le milieu aérien de la chaleur résultant des dépenses de fonctionnement.

Pourquoi à 36° ? Parce qu'à cette température, l'organisme n’a aucune combustion à effectuer pour combattre le refroidissement, pas plus qu'il n’a de lutte à entreprendre contre l’échauffement. Pendant un séjour de trois heures dans un bain à 36°, la température profonde ne varie pas, en effet, de 2/10 de degré.

La détermination de cette température n’est pas le fait d’un hasard, mais le résultat d’un caleul minutieux basé sur l’étude des courbes normales de thermolyse et de thermogénèse.

BENEDICT et Cornélia BENEDICT ont montré que ce calcul théorique se trouvait en contradiction avec l'observation clinique de

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sujets maintenus pendant plusieurs heures dans un bain à 36°. En effet, le rythme du pouls a, dans ces conditions, une tendance à s’accélérer, ce qui implique un accroissement de l’activité cireulatoire et du métabolisme. Le rythme respiratoire s'accélère parallèlement presque toujours, mais sans régularité uniforme. En confirmation de ce fait, le métabolisme de base déterminé par la méthode habituelle, chez des sujets couchés, vêtus et 12 heures au moins après le dernier repas, a donné des valeurs très concordantes, alors qu’elles s’élevaient sous l’effet du séjour dans le bain.

La discussion pourrait sans doute être prise du point de vue théorique et des modifications pourraient être apportées à la technique de LEFEVRE, mais il semble démontré qu’elle ne saurait présenter un grand intérêt pratique.

$ IT. — Influence de la vie des tissus et des organes sur le métabolisme de base.

L'alimentation, le travail musculaire et la température extérieure agissent comme nous venons de le voir sur le métabolisme de base. Peut-on, en supprimant ces actions diverses, obtenir une valeur calorique représentant véritablement le fonctionnement de l’organisme à son état élémentaire ainsi que les diverses expressions employées par les auteurs le laissent entendre : dépense de fond, dépense d'entretien, grundumsatz (MAGNUS-LEVY) ; erhaltungsumsatz (LOEWY) ; basal metabolism (LUSK, BENEDICT) ; standard metabolism (KROGH) ; basal metabolism rate (PLUMMER et BOOTHBY) ; dépense de l’énergie physiologique (Jules LEFE- VRE).

A vrai dire, le métabolisme protoplasmique se trouve plus ou moins vicié par le fonctionnement inévitable d’organes tels que Île cœur, les reins, les muscles respiratoires. Ce travail interne intervient pour une part assez importante dans la détermination globale du métabolisme habituel. Le travail du cœur représente, en effet, 4 % de ce total d’après LOEWY et von SCHROETTER ; celui des reins, 5 % d’après BARCROFT et STAUB, et celui des muscles respiratoires, 10 % d’après LOEWY. Enfin, les contractions des fibres lisses du tube digestif et le tonus musculaire jouent vraisemblablement un rôle que nous avons antérieurement signalé, mais qu’il est assez difficile d'apprécier.

Selon KROGH, on pourrait admettre que 25 % environ du chiffre total du métabolisme basal trouvé doivent être attribués au fonctionnement des organes. En fait, dans les conditions normales, il ne semble pas que les modifications d’activité de ces divers organes affectent sensiblement les combustions de l’organisme, si nous mettons à part le travail des muscles respiratoires dans le cas

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où il se montre excessif. Une dyspnée ou une tachycardie pourront devenir une cause d’erreur dont le clinicien devra tenir compte.

Ces éléments de trouble étant éliminés, on peut se demander si le métabolisme de base est une constante. Cette notion de valeur constante paraît ressortir, en effet, des études des premiers auteurs (SPEICK, ZUNTZ, LOEWY, JOHANSSON, MAGNUS-LEVY). Depuis, cette opinion s’est légèrement modifiée à la suite du grand nombre de déterminations faites par BENEDICT sur 136 sujets, à des intervalles assez éloignés et dans les mêmes conditions expérimentales. Cet auteur admet des variations moyennes d’ensemble de 13,99 %. BLUNT et DYE, par ailleurs, admettent des variations quotidiennes moyennes de 13,2 %, celles-ci pouvant osciller de 7,4 à 28,8 %. Nous aurons l’occasion de revenir un peu plus loin sur ce point et de formuler notre opinion personnelle.

$ III. — Définition du métabolisme de base

Nous venons de passer rapidement en revue les causes d’erreurs évitables et les causes d’erreurs inévitables qui interviennent dans la détermination du métabolisme de base. Celui-ci devrait logiquement être exprimé en grandes calories, l’heure étant prise comme unité de temps. Des unités de mesure de différentes ont été proposées auxquelles les calories devaient être rapportées.

a) Le poids, la taille et la surface corporelle ont été successivement proposés. On a pensé tout d’abord à utiliser comme unité de mesure le poids, et on a rapporté les échanges au kilogramme. Lorsqu'il s'agissait d’un sujet de dimensions normales, il est certain que le résultat est très acceptable. Il n’en était plus de même dès que le sujet atteint un embonpoint important.

On a tenté de corriger cette défectuosité en rapportant la détermination du métabolisme de base au poids idéal, c’est-à-dire au nombre de kilogrammes que le sujet devrait peser étant donné sa taille. Les résultats obtenus dans ces conditions sont beaucoup plus réguliers.

La faille à été prise moins souvent que le poids comme unité de mesure du métabolisme basal. Cependant, von NOORDEN rapporte ses résullats au centimètre de longueur. De même que pour le poids, le résultat n’est valable que pour les sujets de taille moyenne. Von GRUBER préconisa l’adoption d’un indice statural représenté par le rapport de la longueur à la racine carrée de la surface de la section transversale du corps.

C'est la surface corporelle qui, en définitive, a été adoptée par le plus grand nombre d'auteurs comme unité de mesure. Il y a déjà longtemps qu’on avait constaté le rapport de la chaleur ani-

male avec ce facteur. SARRUS et RAMEAU avaient établi, dès 1839, que la perte de chaleur —— et par conséquent la chaleur produite — se montre proportionnelle à la surface corporelle.

MEEH publia le premier, en 1879, une formule permettant de calculer la surface d’après le poids du corps. Ce furent cependant RUBNER, en Allemagne, et RICHET, en France, qui mirent le mieux en évidence le rapport entre la surface corporelle et la chaleur animale. S'appuyant sur les déterminations faites sur des chiens de poids divers, RUBNER formulait sa loi des surfaces : « Chez les animaux à sang chaud, à jeun et au repos, de dimensions différentes, la consommation d'énergie se révèle proportionnelle à la surface de l'animal.» On ne tarda cependant pas à reconnaître que la loi des surfaces ne s’appliquait pas indistinctement à toutes les espèces animales. D’assez grosses différences furent observées, d’une espèce à l’autre, ainsi que le montre le tableau suivant, emprunté à RICHET :

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ANNEE RAR PORN NE REC Re Je 2 DIRES SD CRD TER DÉS 2,65 A LOT AO ES MON | 2,25 SOURIS M or Pare re annee lis tn ere sine con 2,09 TÉL RE Se RE TERRE 2,00 ORAN Re r 1,85 Poe CECANATAR ere 1272 ÉLéRISSONMERICODAVEL M ee 1,62 RAC LT CHAMP RE en SR à 1,56 ÉADILE Se. se mms ects 1,48 Mathiotiens ml ea see 1,07 MOURIR ER ET ne sine 1,04 PACS Eee ares pute eee à 0,92

Ce procédé commode d’appréciation n’est cependant pas à l’abri de toute critique car, selon RUBNER, le seul fait de mettre un sujet en état de neutralité thermique semble exclure le rôle de la suface corporelle comme facteur de déperdition de chaleur dans le milieu ambiant.

b) Différentes méthodes ont été proposées pour calculer rapidement la surface du corps. La plus ancienne, ainsi que nous le signalions, est la formule de MEEH. Cet auteur s’est basé sur des déterminations faites directement sur le corps divisé en surfaces géométriques transposées sur du papier transparent. La surface du corps (S) lui apparaît comme une fonction de la racine cubique du carré du poids (P) :

La constante K se montre différente pour chaque espèce ; pour l’homme, K égale 11,3. Cette formule a été critiquée par MAGNUS- LEVYŸ ét FALK, GEPHARD et DU BOIS, FUBINI et RONCHI. Exacte pour l’homme maigre, elle s’éloignerait beaucoup de la

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vérité pour le sujet moyen et serait inexacte pour les femmes, l'erreur atteignant jusqu’à 33 %.

On a cherché à calculer K d’autres manières en utilisant des méthodes variées pour l’appréciation directe de la surface. D’ARSONVAL employait un tissu de soie spécial qu’il mesurait au moyen d’une décharge électrique. VARIOT et SAINT-ALBIN utilisaient des feuilles d’étain, DELAFIELD DU BOIS une étoffe qu’il découpait et mesurait. BENEDICT, enfin, avait recours à des photographies du sujet de face et de profil, exécutées à la même distance focale.

Quoi qu’il en soit, la méthode ainsi améliorée n’a pas prévalu. On donne actuellement la préférence aux méthodes d'HARRIS et BENEDICT ou d'Eugène DU BOIS qui tiennent compte de l’âge, du sexe, du poids et de la taille.

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GRAPHIQUE I. — Table de E. et D. DU BOIS permettant le calcul rapide de la surface quand la taille (en ordonnées) et le poids (en abscisses) sont connus.

Les formules appliquées par HARRIS et BENEDICT sont chez l'homme :

B — 66,4730 + 13,7516 P + 5,0033 H 6,7550 A et chez la femme :

B 655,096 + 9,5634 P + 18,496 H -—— 46,756 A. B représentant les calories par 24 heures ; P le poids en kilogrammes ; H la taille en centimètres et A l’âge en années. DU BOIS utilise une formule basée sur l'emploi de moulages de la surface du corps au moyen de feuilles d’étain, ainsi qu'il a été indiqué précédemment. Chacune des régions : tête, bras, mains, tronc, cuisses, jambes et pieds fut mesurée en plusieurs endroits pour trouver la longueur et la circonférence moyennes de chaque partie du corps, afin de calculer ce qu’il appelle la formule linéaire

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