‹ Influence de la composition chimique de l'air sur le développement des cultures de moisissuresChapitre 42 sur 42 · RESUME DES ESSAIS ET CONCLUSIONS GENERALES · texte numérisé non relu

RESUME DES ESSAIS ET CONCLUSIONS GENERALES

Résumé des essais :

A) Nous avons cherché, au cours des expériences variées que nous avons exposées dans ce travail, si la composition chimique de l'air avait une influence sur le développement des cultures de moisissures el nous avons pris comme exemple l’Aspergillus niger à cause de sa culture facile, de sa grande sensibilité aux réactifs et parce que l’on peut mesurer leurs effets par les poids des récoltes obtenues.

L'action antiseptique de certaines substances vis-àvis des moisissures était déjà connue et avait pu être évaluée. On a également signalé l’action antiseptique des vapeurs d’aldéhyde formique, mais sans donner de précisions au sujet des moisissures. Dans nos essais, nous avons tenté de combler cette lacune.

Nous avons surtout cherché à montrer, en prenant comme exemple le formol, que l’action antiseptique à l’état de vapeurs était plus énergique que lorsqu'on introduisait l’antiseptique dans le terrain de culture ; e’est là un des points capitaux de notre travail.

Nous avons expliqué pour une part le mécanisme de celte action et donné les raisons pour lesquelles les mêmes doses d’antiseptique étaient plus actives à l’état de vapeurs et nous avons montré les applications pratiques que l’on peut en tirer pour la conservation de certains liquides fermentescibles, au moyen d’une technique simple. Les expériences montrent que, pour la conservation de liquides fermentescibles que l’on a souvent à utiliser dans la pratique, il est commode d’employer la méthode aérienne.

Parmi les autres antiseptiques étudiés, le chloroforme a un effet moins marqué, notamment sur la diminution des poids des cultures, mais son action a pour effet de retarder la croissance de la moisissure jusqu’à deux et trois Jours.

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Quant aux vapeurs d’essences aromatiques, leurs effets diffèrent suivant leur nature. Si celles de girofle et de cannelle, bien que provoquant une légère diminution de poids des récoltes, n’ont qu’une action faible, il n’en est pas de même des essences de thym et d’amandes amères qui, à de très faibles doses, empêchent totalement la croissance.

B) La deuxième partie de cette étude a mis en évidence que certaines substances favorisent la croissance de la moisissure et donnent une augmentation du poids des récoltes.

Il en est ainsi pour l’ammoniaque, mais, seules, de faibles doses se montrent favorisantes, car au delà d’un certain taux, l’ammoniaque cesse d’être un aliment pour devenir toxique. Cette action peut être attribuée à un changement -du degré d’alcalinité du milieu et de l’air.

Les vapeurs alcalines que dégage la solution d’acétate d’ammoniaque se sont montrées nettement favorisantes dans tous les cas.

Parmi les amines, il semble que seules les amines grasses favorisent la croissance, les amines aromatiques semblant gêner les cultures.

Quant à l’acide acétique, il favorise d’abord légèrement les cultures, puis assez rapidement exerce une action antiseptique.

Enfin, il est intéressant de noter que nous avons pu obtenir une augmentation de poids des récoltes en faisant pousser l’Aspergillus niger sur un milieu privé d’azote, en le soumettant simplement aux émanations putrides dégagées par l’un des bacilles de la décomposition organique, le Prodigiosus, émanations qui renferment sans doute, outre de faibles quantités d’ammoniaque, d’autres substances volatiles azotées qui sont des produits de désintégration de la cellule vivante.

Dans ce cas, on peut invoquer spécialement le rôle de l’alimentation gazeuse.

C) Enfin, si l’on compare l’action des vapeurs avec celle des mêmes doses d’une substance antiseptique ou

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favorisante ajoutée directement dans le milieu de culture, nous avons constaté que :

Dans le cas du formol, les vapeurs de cette aldéhyde se sont montrées beaucoup plus antiseptiques que les mêmes doses de solution mises en œuvre.

Dans le cas de l’ammoniaque, les vapeurs sont aussi actives que la solution, et leurs effets suivent une marche parallèle.

Conclusions générales

Ce travail est forcément incomplet comme nous l’avons fait observer au début de cette étude.

Il en est cependant ressorti quelques résultats bien neis qui permettent d'établir une analogie, lointaine il est vrai, mais bien admissible, avec ce qui se passe dans la nature.

Nous avons pu, en modifiant simplement la composition de l’air, sans rien changer au milieu de culture, géner et empêcher ou, au contraire, favoriser la croissance de l’Aspergillus niger.

L’ensemble de nos expériences fait entrevoir l’influence que peuvent avoir les plus faibles variations de la composition chimique de l’air atmosphérique sur la marche de la végétation.

Et, connaissant le fait que des doses infimes d’émanations puissent agir sur des microbes, phénomène qui est de l’ordre de grandeur et des doses et des microorganismes, il n’y a rien d’étonnant à ce que des doses infinitésimales de substances répandues dans l’air aient pu exercer une action antiseptique ou favorisante sur la végétation de la moisissure.

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de Thèse, P. GUÉRIN. E. TASSILLY.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Académie de Paris, S, CHARLÉTY.

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