‹ Influence de la composition chimique de l'air sur le développement des cultures de moisissuresChapitre 5 sur 42 · CES · texte numérisé non relu

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Mais ce ne sont pas seulement les antiseptiques à l’état gazeux qui peuvent agir sur des germes renfermés dans un milieu de culture quelconque. De nombreux travaux exécutés ces dernières années ont montré que dans certaines conditions, les bactéries subissaient aussi l’a tion opposée à la précédente, c’est-à-dire une action favorisante, lorsque l’air ambiant renfermait certaines substances volatiles jouant le rôle d’aliments gazeux.

Là encore il était utile de se rendre compte de l’action de ces aliments gazeux répandus dans l’air par rap: port aux mêmes proportions de corps introduits dans le terrain de culture.

C’est pourquoi cette étude de l’action favorisante de certaines substances a été menée parallèlement à l’étude des antiseptiques.

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Avant d’aller plus loin, étant données les considérations précédentes qu’il était nécessaire d’exposer, on peut se demander maintenant quel est le but et l’importance de cette étude qui peut être envisagée comme point de départ de nouveaux travaux de plus grande envergure.

De récents travaux exécutés ces dernières années ont montré que la composition chimique de l’air exerçait une influence considérable sur les microbes en suspension dans l’air ou sur les terrains ou supports microbiens. Selon les traces d’impuretés gazeuses répandues dans l'air, à des doses infinitésimales à peine décelables par les réactifs, on a pu constater que cet air agissait tantôt comme agent de ralentissement des cultures, tantôt comme agent favorisant la multiplication des germes, la vitalité des germes renfermés dans un bouillon de culture liquide ou solide dépendant essentiellement de la composition de l’air.

Nous nous trouvons donc ici dans des conditions très voisines de celles que nous nous sommes proposés d’examiner en petit au laboratoire, et ces conditions se présentant dans la pratique courante, on saisit facilement l’intérêt de ces essais.

Sans être taxé d’exagération, on peut supposer qu’un grand nombre de phénomènes vitaux doivent être influencés par la composition chimique de l'air, qui renferme toujours des substances gazeuses, tantôt antiseptiques, tantôt favorisantes.

Etant donnée la complexité de cette étude, il s’agissait de s’adresser à un cas concret et de trouver un mode opératoire permettant d'aborder la question sous un angle limité, mais suffisamment net pour donner quelques précisions sur le sujet.

Dans ce but, nous nous sommes adressés à l’Asper-

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gillus niger, VAN TiecHEm 1867, comme micoorganisme et au liquide de RAULIN comme milieu de culture.

. Nous pensons que ce choix convient pour deux raisons :

D'abord l’Aspergillus est très sensible à la présence des moindres traces d’antiseptiques, comme l’a prouvé RAULIN ; nous avons pensé qu’il en serait de même pour des agents favorisants et nous verrons plus loin qu’il en est ainsi ;

D’autre pari, il est extrêmement facile d'évaluer les cultures d’Aspergillus en pesant directement les voiles formés.

Dans son ouvrage, intitulé Etudes chimiques sur la végétation, RAULIN (1) montra qu’un végétal (en l’espèce l’Aspergillus niger) peut se développer dans des milieux artificiels exclusivement formés de composés chimiques définis. Il précisa les conditions les plus favorables à la production du végétal, chercha quels sont les éléments physiques ou chimiques qui influent sur son développement, et mesura numériquement les effets de chacun d’eux. Des résultats obtenus, il dégagea les conséquences générales qui furent à la base de toute une série de travaux français et étrangers.

Au cours de leurs expériences, les divers auteurs modifièrent le milieu type de culture, en créant de nouveaux milieux ne différant du premier que par la ou les circonstances physiques ou chimiques qu’ils se proposaient d'étudier, et notèrent leur influence sur le développement du végétal.

Parmi les éléments, il en est un dont la présence fut reconnue indispensable par RAULIN, c’est l’oxygène. Nous avons cherché à modifier la composition chimique de l'air dont l’Aspergillus a besoin pour vivre, en l’additionnant, soit de substances susceptibles de gêner ou d’empêcher son développement, soit de substances pouvant, au contraire, favoriser sa croissance.

C’est en pesant les cultures formées, et en comparant les résultats, que nous avons pu étudier à la fois linfluence antiseptique et favorisante de l’air, dont on fait varier la composition chimique.

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Il fallait, d’autre part, faire un choix parmi les corps à essayer. Nous avons choisi pour les antiseptiques le formol, que l’on peut utiliser à l’état liquide ou gazeux et quelques autres produits parmi lesquels des essences aromatiques. Comme produits favorisants, nous avons expérimenté l’ammoniaque, l’acétate d’ammoniaque, quelques amines et des gaz azotés provenant de la putréfaction de la matière organique sous une action microbienne.

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