‹ Influence de la composition chimique de l'air sur le développement des cultures de moisissuresChapitre 9 sur 42 · ITS 17 LS · texte numérisé non relu

ITS 17 LS

Nous avons préféré, pour nous placer dans des conditions toujours identiques, nous servir d’une émulsion de spores, dont on prélève une certaine quantité, la même pour chacun des différents récipients d’une expérience déterminée. Pour préparer cette émulsion il suffit d’agiter fortement pendant quelques minutes une parcelle de culture mûre avec quelques centimètres cubes d’eau distillée dans un tube à essais stérile, de laisser reposer pour permettre aux fragments de mycélium de se rassembler à la surface, ensuite de prélever de cette émulsion avec une pipette effilée et d’en répartir un même nombre de gouttes dans chacun des récipients à ensemencer.

Ceux-ci sont alors placés dans une étuve réglée à 35°, la température du milieu de culture, qui est d’environ 34°, étant reconnue comme la plus favorable au développement de la végétation.

Les cultures se développent au bout de dix-huit à vingt-quatre heures ; après quarante-huit heures, elles forment une membrane épaisse, d’abord blanche, qui se couvre de fructifications et est complètement noire à sa face supérieure après trois jours.

La végétation fait des progrès continuels pendant quatre jours au moins ; mais les poids moyens, formés en vingt-quatre heures étant à peu près égaux dans les deuxième et troisième jours, et plus forts que dans le premier et le quatrième, il faut faire les récoltes après deux ou trois jours de végétation.

C’est ce qui a été fait ici dans la majorité des cas ; dans quelques-uns seulement, l’expérience a été prolongée quelques jours de plus pour en mieux observer les résultats. a

Pour récolter, il suffit d'enlever avec les doigts la membrane formée, de la presser fortement pour en exprimer la plus grande partie du liquide qui l’imprègne, et de la faire sécher à l’étuve ; il ne reste plus qu’à la peser.

Récipients utilisés : ;

L’on utilise en général des cuvettes de porcelaine rectangulaires, peu profondes, placées non couvertes dans l’étuve.

RAULIN a montré, en effet, que :

1° Le développement est plus rapide dans un vase découvert que dans un vase couvert ;

2° Il est d’autant plus rapide que le vase est moins profond

3° Il est d’autant plus rapide que le rapport du périmètre de la surface du liquide à la surface est plus grand.

Ces divers effets de la forme des vases sont en relation directe avec l’intervention nécessaire de l’oxygène de l’air.

De tels récipients conviennent lorsqu'il ne s’agit que de modifier le milieu de culture sans s’inquiéter de lair ambiant. RAULIN indique simplement que « la pureté de l’air ne doit être troublée ni par les gaz des laboratoires, ni par d’autres émanations, car les Mucédinées sont très sensibles à certaines influences délétères. »

Mais, dans le but que nous poursuivions, il n’était pas possible de les utiliser ; il fallut opérer dans des vases clos, pour que la substance volatile introduite dans l’air environnant les cultures, dans le but d’en modifier la composition, ne puisse s’échapper.

Il est certain que de cette facon, la végétation croît dans des conditions différentes de la normale, et cela pour plusieurs raisons : d’abord le manque d’oxygène, lorsque la plante a épuisé celui de l’air contenu dans les récipients où elle croît, ensuite les produits de la respiration (notamment le gaz carbonique) ne peuvent s’éliminer comme dans une étuve où l’air est renouvelé ; en outre, l’état hygroscopique de l’air renfermé dans le vase atteint rapidement la saturation.

En général, du reste, en opérant dans des vases clos, les cultures ont de la difficulté à former leurs fructifications (qui n’apparaissent guère avant le troisième ou le quatrième jour), parfois même, elles restent tout à fait

blanches.

D, l: PE

Mais comme dans toutes nos expériences les résultats ont été observés comparativement à des témoins placés dans les mêmes conditions, les causes d’erreur provenant de ce fait ne sont plus valables.

= Nos premiers essais ont été faits dans des flacons d’une contenance de 300 centimètres cubes, à col étroit, bouchés, mais n’ont pas donné de résultats. Ceci était dû à la forme impropre des récipients, et au manque d’oxygène, les témoins eux-mêmes ne poussant pas ou ne donnant que des cultures insignifiantes.

Nous avons obtenu une croissance normale des cultures en utilisant les deux sortes de vases suivants

D’une part des cristallisoirs en verre blanc, d’une contenance de 200 à 250 centimètres cubes, d’un diamètre de 8 centimètres et d’une profondeur de 5 centimètres, dont les bords rodés permettent de les fermer au moyen de plaques de verre, le joint étant au besoin parfait avec un peu de vaseline ;

D'autre part, des flacons d’une capacité de un litre, d’une largeur de 9 à 10 centimètres, à larges goulots, que l’on fermait avec des bouchons de liège,

Distribution des réactifs utilisés :

Pour étudier l’influence d’un corps déterminé, il suffit de l’ajouter directement en proportions convenables au milieu de culture. |

Mais, quand il s'agissait d'étudier l'effet de ses vapeurs, le composé plus ou moins volatil utilisé fut réparti sur des tampons de coton hydrophile suspendus au-dessus de la surface du liquide ensemencé au moyen de fils fixés aux bouchons.

Quand on employaït des cristallisoirs, les fils étaient fixés aux plaques de verre au moyen de cire, ou mieux l’on fixait directement les cotons sur les plaques avec de la vaseline ; l’adhérence obtenue est suffisante.

c) Limites d'erreur de nos expériences :

Nous nous sommes demandés quel était l’ordre de srandeur des erreurs que nous pourrions commettre. Celles-ci peuvent avoir deux origines :

EN nee

1° Celles relatives à toutes les expériences mettant en jeu des phénomènes biologiques et indépendantes de l’expérimentateur.

Elles sont cause d’un certain pourcentage de résultats qui semblent contradictoires avec ceux de la majorité des autres expériences, mais en tirant les conclusions générales de l’ensemble des résultats obtenus sur de nombreux essais faits dans des conditions identiques, elles deviennent négligeables.

2° Celles provenant du mode opératoire adopté au cours de nos expériences.

Nous avons été obligés, en effet, devant faire croitre les cultures dans des vases clos, d’opérer dans des conditions différentes de celles d’usage habituel.

Mais, comme nous avons dans chaque expérience, disposé à côté des essais, un ou plusieurs témoins poussant de façon identique, les résultats étant finalement comparés à ceux de ces témoins, sont valables, cette cause d'erreur étant la même dans tous les cas.

d) Essais préliminaires :

Quelques expériences préliminaires étaient nécessaires pour déterminer les conditions optima qu’il fallait réaliser pour obtenir de bonnes cultures. Voici ces essais :

1° Nous fîmes d’abord l’expérience suivante, afin de savoir si l’utilisation de récipients clos ne gênait pas la croissance de l’Aspergillus niger :

Six cristallisoirs contenant 30 centimètres cubes de liquide de RAULIN (couche de 1 centimètre environ) étaient ensemencés chacun avec vingt gouttes d’une émulsion de spores d’Aspergillus.

Les récipients 1 et 2 étaient couverts de plaques de verre les fermant complètement ; sur 3 et 4 on disposait des plaques semblables, en laissant un intervalle d’un millimètre entre elles et le bord supérieur ; il en était de même pour les récipients 5 et 6, l’intervalle laissé étant de 2 à 3 millimètres. Les cristallisoirs ensemencés furent portés à l’étuve.

Deux jours après, tous présentaient de belles cultu-

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res, blanches dans les deux premiers, brunes dans les autres ; dans les heures suivantes, le témoin 1 se couvrit de fructifications, tandis que 2 brunit à peine. Recueillies le troisième jour et mises à sécher, elles donnèrent à l’état sec les poids suivants:

1 2 3 4 5 6 0 gr. 553 0,319 0,537 0,549 0,549 0,551

L’on voit, d’après les poids obtenus, que si l’une des cultures en vase clos a donné le même poids que ceux des cultures faites dans des vases communiquant avec l'air libre de l’étuve, l’autre, par contre, donna une culture nettement inférieure et ses fructifications se formèrent mal.

2° Pour déterminer la quantité de liquide de RAULIN à mettre en œuvre dans nos expériences, nous fîmes l’essai suivant :

Des cristallisoirs renferment des quantités différentes du liquide de culture furent ensemencés comme précédemment. Tous furent fermés au moyen de plaques de verre et portés à l’étuve.

Le premier reçut 200 centimètres cubes de liquide (dont le niveau atteignait presque les bords du vase), le deuxième 150 centimètres cubes, le troisième 100 centimètres cubes et le dernier 50 centimètres cubes.

Les cultures furent recueillies après trois jours.

Voici leurs poids à l’état sec :

1 2 3 4 1 gr. 835 1,890 1,735 1,212

La dernière culture nettement inférieure mise à part, les autres ont donné des poids sensiblement analogues.

Au cours de nos expériences, nous avons généralement adopté un volume de 100 centimètres cubes de liquide de RAULIN, la hauteur de celui-ci dans les récipients étant comprise entre deux et trois centimètres, et le volume d’air le surmontant (dans les cristallisoirs) étant à peu de chose près égal.

3° Détermination de la quantité de spores convenables pour l’ensemencement :

Des cristallisoirs renfermant le même volume de liquide de RAuLzIN furent ensemencés respectivement avec

AE ed

II, V, X et XX gouttes d’une émulsion de spores préparée comme il a été indiqué.

Les poids secs des cultures, recueillies au bout de deux jours, furent respectivement de :

0 gr. 458 0,461 0,453 0,401

Les différences sont peu sensibles.

Nous avons adopté le nombre de X gouttes de l’émulsion de spores pour les expériences faites dans les cristallisoirs, et celui de XX quand nous nous sommes servis de flacons.

4° Nous citons ici un essai effectué au cours d’expériences faites dans des flacons, ceux-ci semblant présenter parfois des irrégularités au cours de la croissance des cultures, suivant la place qu'ils occupaient dans l’étuve.

Un ceriain nombre de flacons, contenant 100 centimètres cubes de liquide, furent ensemencés, bouchés et portés à l’étuve. Les cultures recueillies au bout de deux jours et séchées, donnèrent les poids suivants : ;

Les cultures obtenues, la première mise à part, sont comprises entre 0 gr. 650 et 0 gr. 715. La disposition des vases a donc peu d'influence sur la marche de la végétation. En pratique, nous avons rassemblé les récipients les uns auprès des autres, afin d'éviter le contact de l’un ou de plusieurs d’entre eux avec les tubes de l’étuve, une légère différence de température pouvant être une cause d'erreur suffisante pour fausser les résultats.

5° Nous avons ensemencé des cristallisoirs renfermant :

Le premier 50 centimètres cubes de liquide de Rauw- LIN ;

Le deuxième 50 centimètres cubes de ce liquide dilué de son volume d’eau distillée ;

Le troisième 50 centimètres cubes de liquide dilué des deux tiers d’eau distillée.

Les cultures recueillies le troisième jour, donnèrent respectivement les poids suivants :

SNL

La dilution influe done sensiblement sur la croissance des cultures.

Dans les expériences qui vont suivre, relatives au formol, nous avons employé généralement du liquide de Raulin étendu de son volume d’eau. La plante ne se trouve plus ainsi dans les conditions les plus favorables à la croissance et doit être plus sensible aux diverses circonstances que l’on étudie.

Nous verrons, du reste, que d’autres expériences, répétées, dans les mêmes conditions, en employant du liquide de RAULIN non dilué, ont donné des résultats identiques.

e) Expériences personnelles :

Les expériences ayant pour but l’étude de din de la solution et des vapeurs de formol sur la croissance de l “Aspergillus niger, sont classées pour faciliter leur exposé, en trois séries, suivant les récipients et les conditions dans lesquelles elles furent réalisées.

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