EXPÉRIENCE
Si dans un sérum donnant une séro-réaction d'aggluünation positive on enlève l'acéto-globuline par addition de quelques gouttes d'acide acétique très dilué ; après avoir centrifugé pour séparer le liquide clair et neutralisé exactement par quelques gouttes de solution
N N de soude à — où —— l'acelutinati ù lui 10 ou 100 l'agelutination ne se produit plus.
L'agglutinine a done été enlevée en même temps que
l’acéto-globuline. Mais alors elle faisait partie intégrante de cette substance.
Cet essai n’est d'ailleurs que la reproduction d'une expérience analogue de Patein. Dans son étude sur « l'influence de la précipitation de l’acéto-globuline sur le pouvoir hémolytique du sérum de lapin », il montre, que le sérum de l’homme et celui du cheval, privé de leur acéto-globuline, perdent leur pouvoir hémolytique vis-à-vis des globules rouges du mouton et du lapin.
Lorsque l’on procède à l'examen microscopique d’une de ces agglutinations, on n’apercoit que des amas de bacilles plus ou moins isolés les uns des autres, ce qui a fait croire à une réaction positive.
Le précipité d'acéto-globuline, incolore, ou presque, très tenu, très réfringent, s'aperçoit difficilement car chaque parcelle amorphe d’albumine semble entourée et plaquée de bacilles.
Pour détruire cette agglutination, il suffit, dans ce cas. d'ajouter avec précaution 1 goutte de solution alcaline diluée entre lame et lamelle, l’acéto-globuline devient soluble et les bacilles n'étant plus retenus par leur support redeviennent libres et sont entraînés au hasard sous la lamelle par les phénomènes de capillarité.
Nos recherches ont porté sur les bouillons de culture classiques contenant 10 gr. de peptone et 5 gr. de Naclpar litre sur des liquides chimiquement définis et sur les cultures sur gélose. Nous avons toujours noté l'importance du facteur : acidité.
Nous avons fait d’autres expériences avec le contenu d'ampoules scellées de sérums agglutinants différents bacilles (le b. d'Eberth, le Para A, le Para B., le B.
Méningoccoque, etc.) et chaque fois nous avons pu mettre en évidence la précipitation de l’acéto-globuline par une solution acidulée. Seulement, il semble que la quantité d'acéto-globuline varie suivant l'espèce de sérum considéré. On peut arriver à cette hypothèse, que suivant la nature du microbe ou de la toxine injectée à un animal (cheval, lapin) pour avoir un sérum à pouvoir agglutinant on a une proportion plus ou moins grande d’acéto-globuline.
Il semble donc que l’acéto-globuline joue un rôle très important dans les phénomènes d'agglutination. Plus la proportion d'acéto-globuline sera élevée dans le sérum, plus l’agglutination sera accentuée, à condition toutefois que l'acidité du milieu soit suffisante pour le précipiter totalement dans ce sérum.
Or l’acéto-globuline, d’après Patein, varie dans les sérums thérapeutiques de 3 gr. 50 à 5 gr. 10 environ. Dans toutes les pyrexies, et particulièrement dans la fièvre typhoïde, le malade s'alimente peu ou pas et fait par conséquent de l’autophagie, il est certain que les échanges organiques sont profondément troublés et que Ja quantité des matières protéiques du sérum (sérine, globuline et surtout acéto-globuline) varie dans de fortes proportions et peut être quelquefois doublée.
Enfin, une dernière expérience nous à permis de nous rendre Compte que les bacilles ne jouent qu'un rôle secondaire dans le phéromène d'agglutination puisque tués, devenus inertes par une solution de formol, enlevés de leur milieu de culture, lavés à l’eau distillée puis à l'alcool, à l'éther, ils peuvent tout aussi bien agglutiner.
La poudre de tale, l'encre de Chine peuvent agglutiner
sous l'influence d'un sérum quelconque à condition que la dissolution contenant les fines parcelles de talc ou d'encre de Chine soit suffisamment acide mais sans excès pour précipiter l’acéto-globuline du sérum.
Dans tous les traités de Bactériologie, il est recommandi de n’employer que des cultures d'Eberth vieilles de 12 à 24 h. Le milieu de culture sera, en plus, approprié au bacille ; on ne doit se servir des cultures de b. de Koch en'bouillon glycériné qu'après 8 à 12 jours (S. Arloing).
Ces cultures donnent une réaction plus nette. Pourquoi toutes ces précautions ?
Précisément parce qu'une culture de b. d'Eberth âgée de 12 à 24 h., ou celle du h. de Koch âgée de 8 à 12 jours présente l’acidité nécessaire et suffisante pour provoquer la précipitation de l’acéto-globuline.
Un point de technique nous semble capital, disent Widal et Ravaut, c'est de ne point pratiquer la Séro Réaction d'agglutination sans avoir essayé sa culture avec un tube témoin. Cette précaution est absolument indispen-: sable car, de jour en jour, le pouvoir agglutinant des cultures varie considérablement.
Le bacille tétanique de Nicolaïer n’agglutine pas parce queses cultures liquides deviennentrapidementalcalines.
De même, le bacille dyphtérique de Léæffier agglutinera mal parce que son milieu de culture est d’abord trop acide et ensuite s’alcalinise dans de fortes proportions. :
Si certains auteurs ont pu faire agglutiner le b. dyphtérique (Nicolas, Martini, Bruno, Frændkel), c'est peut-être parce qu’ils avaient une culture remplissant la condition
d'acidité voulue.
En.
D'un autre côté, pourquoi est-il recommandé de ne. faire la Séro Agglutination de la fièvre typhoïde qu'à partir du second septenaire de la maladie ?
Parce que la quantité d'agglutinine dans le sérum serait alors plus élevée ?
Comme on a jamais pu isoler la dite agglutinine on pourrait attribuer le phénomène à la quantité d'acéto globaline incluse dans le sérum d'un typhique quisouvent a doublé, comme nous avons pu nous en rendre compte expérimentalement.
Cette idee cadre bien avec les courbes établies en particulier pour la Tuberculose par S. Arloing et P. Courmont. Combien qui ont montré :
1° Une agglutination très marquée dans les cas bénins ou moyens de bacillose ou de fièvre typhoïde ;
2° Une agglutination en quelque sorte négative dans les formes graves ou mortelles.
Dans le premier cas, l'organisme résiste, se défend, son activité se manifeste par des combustions, des échanges organiques dont le mécanisme nous échappe mais qui influent sur la composition du sérum et qui influent surtout sur le taux des matières protéiques, principalement sur le taux de l’acéto globuline.
Dans le second cas, l'organisme reste atone, la violence en processus morbide ou la faiblesse du terrain est telle qu'aucune réaction de défense se produit. Peu ou pas d'échanges organiques, ni d'activité cellulaire, la composition du sérum reste à peu près normale quant aux matières albuminoïdes. S. Ar/oing, Bayle, Dumarest avaient depuis longtemps exprimé le fait que l'intensité
DE
DU
de l’'agglutination semblait proportionnelle à l'activité de la défense organique.
Le dosage de l’acéto globuline. le taux de cette albumine pourrait, peut-être, devenir un indice précieux pour le diagnostic et le pronostic des maladies infectieuses.
Ceci n'est d’ailleurs qu'une hypothèse qui aurait besoin d'être approfondie.