‹ Influence de la conversion religieuse sur la condition juridique des personnes en Algérie: De quelques questions algériennesChapitre 2 sur 50 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans la plupart des sociétés modernes, les individus ont une condition juridique indépendante de la religion qu'ils pratiquent. Cet état de choses n’a pas toujours existé, il faut même dire qu’aux premiers temps de l'Histoire, il n’en a jamais été ainsi. C’est presque une banalité de dire que toutes les civilisations ont commencé par pousser des racines profondes dans le domaine religieux ; c’est, en tout cas, une vérité sociologique incontestée et incontestable. En sorte que le droit s’est originairement confondu avec la religion et qu’il a fallu une évolution, plus ou moins rapide, plus ou moins complète selon les circonstances et les pays, pour que la notion du

« droit pur » se dégageât des dogmes religieux qui

De

la masquaient, l'obscurcissaient au point de l’annihiler.

Mais, par ailleurs, il ne faudrait pas croire qu'il suffise à une société d’arriver à la période où les éléments constitutifs et distinctifs à la fois du « Jus » et du « Fas » apparaissent très nettement, pour qu'elle se refuse à consacrer désormais toute influence juridique de la religion sur la condition des personnes.

Bon nombre de sociétés, bien qu'ayant depuis longtemps compris l’abime qu'il y a entre des règles qui régissent les rapports des hommes entre eux et qui constituent le droit dans son sens le plus technique et le plus positif, et celles qui sont relatives aux rapports des hommes avec leurs dieux, n’en ont pas moins établi, selon les croyances, des différences sociales et juridiques entre les citoyens.

Sans remonter très loin, les xvir et xvir° siècles qui comptent parmi les plus glorieux de notre histoire du droit, au cours desquels les discussions juridiques s’élaborent avec une netteté parfaite, sans que rien ne vienne obscurcir la ligne de démarcation lumineuse depuis longtemps tracée entre le « Jus » etle « Fas », ont connu un fossé profond entre la condition des catholiques et celle des protestants. Et ce n’est certes pas le Premier Empire qui a parachevé sur le terrain du droit, l'émancipation de

la race juive commencée par la Révolution |

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