TRAITEMENT PENDANT LE THRISMUS
Le tableau n’est plus le même, l'infection est en principe grave, nous ne pouvons pas l’atteindre, notre malade souffre, elle ne peut pas s’alimenter, son moral est très bas.
Nous devons avant tout vaincre le trismus.
En principe, il est dû à l’atteinte de la région in-
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nervée par le rameau massétérin, pouvons-nous espérer le résoudre au moins partiellement en agissant sur le vestibule que nous pouvons atteindre en passant entre la joue et les arcades dentaires jointes?
Nous avons peu de chances d’obtenir un résultat, cependant nous devons essayer de porter jusque-là nos pulvérisations antiseptiques et nos badigeonnages au novarsénobenzol, nous devons aussi tenter d'appliquer la thérapeutique de choc, nous aurons une fois sur trois une résolution suffisante pour pouvoir agir d’une façon plus étendue et plus efficace.
Mais ne nous obstinons pas, et. si après vingtquatre heures de traitement, le 1irisinnus subsiste, nous avons le devoir d'intervenir.
De même, si l’état est trop alarmant au moment où la malade se présente à nous, nous interviendrons sans attendre.
Deux procédés s'offrent à nous :
l’anesthésie massétérine, l’anesthésie générale.
Nous croyons pouvoir renoncer à la première qui est trop infidèle et impressionne trop une malade déjà démoralisée.
Reste l’anesthésie générale.
Anesthésie qui, malheureusement, doit être profonde, atteindre le relâchement musculaire total.
Le protoxyde d’azote tel que nous l’employons ne permet pas d'arriver à ce stade. Pour atteindre
OU
le relâchement nécessaire, il serait nécessaire de pousser la narcose aussi loin que pour les grandes interventions chirurgicales ; encore, dans ces cas, le Professeur DESMARETS lassocie-t-il systématiquement à l’avertine.
Nous devons nous rabattre sur les anesthésiques employés habituellement.
L'état de notre malade fera préférer aux autres le chloroforme.
Le trismus une fois résolu sur la table d’opération, on prendra la décision justifiée par l’état de la bouche.
En principe, il sera nécessaire de débarrasser la région de mucosités de débris de muqueuse, de réséquer des lambeaux de gencive, peut-être même de joue avant de voir clair.
Ensuite, il appartiendra à l’opérateur de savoir s’il suffit d'enlever ia dent de sagesse supérieure pour assurer l’évolution vers la guérison.
Bier entendu, nous ne citons que pour la condamner la pratique qui consiste à forcer le trismus à l’aide des appareils variés créés à cet effet qui vont de la vis en buis qui traîne dans un tiroir en attendant de passer d’une bouche à l’autre jusqu'aux redoutables ouvre-bouches articulés dont les dégâts sur le muscle et sur les arcades dentaires ne se comptent plus.
Nous croyons pouvoir consacrer un paragraphe
particulier à une forme de l’accident mécanique de l’éruption de la dent de sagesse assez fréquente qui
n’entraîne pas une intervention trop grave ; c’est le cas où la dent pousse obliquement en avant et vient buter par sa face triturante contre la face distale de la couronne de la deuxième molaire.
Dans le cas de la femme enceinte, les interventions portant sur la face externe de la branche montante du maxillaire après s'être pratiqué une voie d'accès plus ou moins étendue à travers la face interne de la joue sont contre-indiquées.
Il faut se rapprocher autant que possible de la voie normale et extraire la dent par la face supérieure du maxillaire.
Pour cela, il faut lui faire un passage et, malheureusement, on est amené à pratiquer d’abord l’avulsion de la deuxième molaire.
Nous pensons que, dans bien des cas, il est possible de limiter les sacrifices.
Ou bien, par chance, c’est aux premiers signes d'alarme simples douleurs sourdes, sans infection du capuchon muqueux que l’on intervient, et la dent de sagesse n’est pas en trop mauvaise position ; dans ce cas, contentons-nous d’enlever la deuxième molaire, la dent de sagesse viendra plus tard prendre à peu près sa place, au besoin, nous l'y aiderons un peu.
Ou bien, il faut absolument enlever la dent de sagesse et la dent voisine s’oppose à son passage.
Dans ce cas, tentons d’enlever seulement la moitié de la deuxième molaire en conservant la racine mésiale qui, après traitement, pourra parfaitement servir de support à une couronne,
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Peut-être même aurons-nous la chance de pouvoir passer en nous contentant de réséquer la partie distale de la couronne assez bas.
Nous pratiquons systématiquement ce genre d’intervention sous anesthésie tronculaire.
Nous avons tenté, au cours de cette brève étude de l’accident dû à l’éruption de la dent de sagesse inférieure, de montrer quelle importance peut prendre l’examen de la bouche et le diagnostic précoce de troubles pouvant devenir très graves s’ils ne reçoivent pas rapidement des soins efficaces.
Nous espérons avoir assez insisté sur la disproportion entre le tableau clinique sans trismus et avec trismus et montré combien la constriction des mâchoires aggrave l’acte opératoire et les conséquences de l’accident.
Observations
Nous avons réuni 230 observations de femmes enceintes prises aux environs immédiats du terme de leur grossesse.
Nous pensons que le moyen le plus simple de tirer une impression de tous ces cas est d’en dégager des pourcentages. |
La plus jeune des femmes que nous avons examinées avait quatorze ans, la plus âgée quarantesept ans, l’âge moyen de toutes ces femme est de vingt-six ans.
Certaines sont primipares, d’autres ont eu jusqu’à quatorze grossesses, le nombre moyen de leurs gestations est de trois.
Chez ces femmes, le total des dents cariées ou extraites s'élève à 20 %, soit une moyenne de huit dents par femme ce qui, en tenant compte de l’âge moyen de vingt-six ans montre l’état de la denture des malades d'hôpital.
Parmi ces femmes, dix-sept seulement avaient une denture intacte, encore la plupart étaient-elles très jeunes et ne peuvent-elles entrer dans une moyenne faite pour des femmes de vingt-six ans.
Vingt-six d’entre elles portaient des appareils de prothèse soient à peu près 10 %, alors que la plupart en avaient besoin.
Voici les chiffres que nous avons tirés de nos examens de 230 femmes à terme :
Pourcentage pour les malades
PASS ER TERRE ESS Le 48 cas, soit 20 % DO IMTIOS ER SET ne 65 — 23 % ÉMROEV MOSS me mue 73 — 32 % Accidents de dent de sagesse.. 18 — 8 %
Pourcentage pour les dents Caries en évolution ..:=:.-... 643 -— 89% du total des dents Attribuées à la grossesse par la
DÉSIATI ES RAT CAL RE Pre 220 — 3 % ou 30 % du total des caries ÉRTACHOB OR A om dues 816 — 11
du total des dents
Il nous a paru intéressant, au cours de notre interrogatoire, de noter la fréquence des vomissements de la grossesse, nous les avons trouvés dans 116 cas, soit 50 %.
Pour établir ces pourcentages, nous nous sommes astreint à ne noter que des faits indiscutables et, en particulier pour le ptyalisme, nous n’avons accepté que les cas où la siaiorrhée avait nettement frappé la gestante par son abondance.