MONSIEUR LE PROFESSEUR PAUL CHEVALLIER
Qui, après des années, est toujours pour nous « le Patron »
et que nous ne saurions mieux remercier de tout ce qu’Il a fait pour nous qu’en Lui demandant de nous laisser continuer à Lui donner respectueusement ce titre auquel il sait attribuer tant de valeur.
mer, vt ‘
En
A ae © He 1,565) = "RE É = J + Ÿ no & CS
Fe) #, :
récieux
Dont
sont très p
“Au seul | | véritable camarade PR ge me reste après des années RTE
’études passées malgré bien Ne “is dif ficultés,. après bien des”
T ne ch ‘re EEE \ Ÿ FR Me EU } # À pi RNA Madeleine. Mercier. AE DELA e 4 Ha ï :
: ‘ ü 4 NME EL {+ F | a!
(e fs { su r :
“i LA. \ fi L NÉE Aie i j T4 4 , 4 PN ee Ÿ CA) f 4 Y , À # 14 Le af \ e v jet 4 fr qu l " A L ù * y L 11 4 | Æ “ ï * à Ÿ 1; : ÿ « à vs - Ne | ( à [l « L \ à: À " De z 1 d at I vé À NET IAE À dE '
sur la denture
introduction
Nous avons tenté dans cette thèse de résumer une série de faits concernant l’influence de la grossesse sur la denture.
Nous nous sommes attaché à rester dans l’ambiance des malades hospitaliers et à donner beaucoup plus une impression d’ensemble qu’une série de faits particuliers anormaux.
Nous avons eu la chance de pouvoir suivre des malades pendant plusieurs années à Paris d’une part, et à Alger d'autre part, grâce à la bienveillance de nos Maîtres, le Professeur EcaLLe à la Maternité de l'Hôpital Boucicaut, le Professeur Lar- FONT à la Maternité d’Alger, du Docteur FREY à la consultation de l’hospice de Bicêtre et du Docteur CosTA qui a bien voulu nous ouvrir son service à Fhôpital de Mustapha depuis trois ans.
Contrairement à ce que nous pensions, nous n’ayons pas trouvé de différence essentielle entre les malades de la Métropole et ceux d'Algérie si bien que, dans notre exposé, nous ne distinguerons rien de particulier concernant les uns ou les autres.
Avant d'entreprendre notre étude proprement dite, nous voudrions insister sur le caractère très particulier du milieu buccal.
Poe
La bouche est un terrain normalement septique, dont la muqueuse reflète heure par heure les modifications de l’état général. Cette muqueuse dont les cellules sont constamment soumises à des variations d’influences externes ou internes est une des plus robustes de l'organisme.
Le tissu dentaire qui a tant d’analogies avec le tissu osseux est cependant beaucoup plus isolé que lui des influences d'ordre général.
La dent est à son terme de croissance un organe stable qui ne répondra par des modifications de sa structure intime qu’à des influences prolongées et continues, elle possède des éléments vivants fragiles, lésés à la première atteinte et ne se régénérant pas. Alors que dans l'os les processus de lyse et de clasie se succèdent normalement, dans la dent il n’y a pas de réparation spontanée si les cellules de livoire ont été lésées. Alors que los normal fracturé se soude et forme .un cal, la dent fracturée est définitivement brisée, même si le trait de fracture est situé très profondément dans l’alvéole et si le fragment externe n’est pas mobilisable.
L’os alvéolaire, au contraire, est un des plus labiles qu’il soit, il réagit sans cesse aux à-coups de l'irrigation sanguine gingivale, il n’est pas rare de voir des dents devenir facilement mobilisables au cours des poussées de gingivite cataméniale et se consolider dès l'arrêt du flux menstruel.
C’est sur le maxillaire du chien que JoRRE a établi ses lois qui sont appliquées constamment en orthodontie : l’os se déprime sous une pression con-
tüinue et réagit par une hyperplasie à des pressions discontinues ; or, ce n’est pas par jours, mais bien par heures que l’on mesure les temps nécessaires à obtenir une modification appréciable.
En résumé, les tissus de la cavité buccale sont entraînés à supporter des modifications constantes de leur irrigation, la muqueuse est perpétuellement septique et se défend remarquablement bien contre l'infection.
La dent est composée de tissus très durs supportant des efforts mécaniques considérables, elle cst très peu en rapport avec l’état général et ne réagit que très lentement aux modifications de sa nutrition. Par contre, ses tissus vivants sont très fragiles et, s’ils sont lésés, elle ne peut revenir spontanément à son état normal.
Nous voyons dès maintenant que nous nous attendrons à trouver dans la bouche des accidents muqueux qui évoluent à grand tapage et se guérissent spontanément si la limite de résistance cellulaire n’est pas dépassée et des accidents dentaires qui ne se guériront jamais spontanément et ne pourront que s’aggraver.
Nous devons aussi, avant de commencer notre étude-proprement dite, insister sur la fréquence considérable des lésions dentaires. Cette fréquence est plus grande encore chez la femme que chez l’homme.
Les lésions sont très rarement douloureuses et, dans la grande majorité des cas, ne s'étendent que
RAT Fe
par poussées, chaque poussée correspondant à un affaiblissement de la résistance de la dent.
Très peu de lésions dentaires sont soignées dans le milieu hospitalier pour de multiples raisons sur lesquelles nous aurons occasion de revenir au cours de notre étude.
Elles n’attirent généralement l'attention que quand elles atteignent les dents « de bouche » (in cisives et canines) ou quand elles deviennent douloureuses.
Des effondrements importants de molaires passent souvent inaperçus du malade pour peu qu’ils aient été indolores et que le bord de la cavité ne blesse pas la langue.
Ainsi, beaucoup des malades que nous interrogeons à l'hôpital font dater le début d’une carie du moment où elle est devenue douloureuse. Cette notion permet de comprendre pourquoi les lésions dentaires au cours de la grossesse, pour importantes et graves qu'elles soient, ne sont pas si souvent provoquées par la gestation que l’opinion courante le veut.
Troubles salivaires
Les modifications dé la sécrétion salivaire sont importantes au cours de la grossesse.
Nous n'avons pu établir de rapport entre elles et les altérations de la denture. mais nous pensons que leur description sommaire n’est pas déplacée dans.le cadre de cette étude, ne serait-ce que parce qu'elles constituent la première manifestation de la grossesse :
« L'apparition du ptyalisme chez une femme en bonne santé, chez qui toute idée de stomatite mercurielle, de métrite chronique avec dyspepsie doit être écartée, doit faire penser à la grossesse. » (TARNIER et BUDIN.)
Ces mêmes auteurs nous disent que le ptyalisme, le plus généralement ne s’observe qu’une seule fois chez le même sujet, soit à l’occasion de la première grossesse, soit à une autre.
Il n’en est cependant pas toujours ainsi.
Quoiqu'il en soit, le ptyalisme a attiré depuis l’attention des auteurs.
MAURICEAU, en 1740, signale que la femme enceinte « crache beaucoup plus qu’à l'ordinaire ».
Nicocas VENETTE, en 1778, dit en donnant les signes de grossesse, que « la salive est plus abon-
RÉCDA VER
dante, car on n’a jamais vu de femmes grosses, au moins celles qui jouissent d’un embompoint raïisonnable qui ne soient de grandes cracheuses ».
Depuis, la sialorrhée a toujours été signalée parmi les indices de probabilité de grossesse.
Il semblerait que, si elle est fréquente, elle n’est pas constante, au mêim: titre que les vomissements de la grossesse qu’elic précède souvent ; elle semble, comme eux, être Ie signe d’un état vagal.
L’excitation du vague pendant la grossesse est habituelle, mais nous pouvons penser que l'intensité de ses manifestations dépendra beaucoup de l’état antérieur de la gestante.
On ne confondra pas le ptyalisme de la femme enceinte avec un autre syndrome vagal d’'hypersalivation isolé dans les névroses spéciales par KLre- PEL et LEFAS, sous le nom de « névrose salivaire » au cours desquelles on peut généralement mettre en évidence une excitation de la partie supérieure du tube digestif.
M. le Professeur ROGER, dans ses leçons déjà anciennes de pathologie digestive a montré que, souvent, cette salivation était due à des réflexes d’origine œsophagienne ou gastrique, d’où excitation du réflexe œsophago-salivaire et du réflexe gastro-salivaire.
On ne les confondra pas, mais on ne pourra s'empêcher de voir là une explication de la coexistence habituelle du ptyalisme et des vomissements de la grossesse, manifestations de l’excitation vagale.
La quantité de salive émise approche dans les cas extrêmes le double de la quantité normale d’un litre.
Ce qui caractérise surtout le ptyalisme de la femme enceinte, c'est que la sécrétion se manifeste en dehors des périodes normales de repas.
En effet, les nombreuses observations que nous avons pu connaître à ce sujet mentionnent que la quantité de salive recueillie, qui peut être consi-. dérée comme la salive supplémentaire, ne dépasse pas 750 centimètres cubes.
Il nous à paru intéressant au moment d'aborder les altérations de la denture de noter les modifications possibles de la qualité de la salive pendant le ptyalisme de la gestante.
Normalement, la salive contient 5 pour 1.000 de résidu sec dont environ 1,5 de matières minérales et 3,5 de matières organiques.
Une analyse faite par le Docteur A. DEsMourr- LIÈRES de la salive d’une malade. atteinte de ptyalisme au cours de la grossesse sur 750 centimètres cubes recueillis au cours de 24 heures, a donné les résultats suivants :
RÉACTIONS neutre
AS DECO Rent. ri opalin
RéSIdiE Sec ne nr 4,540 pour 1.000 Matières organiques .... 1,354 — Matières minérales ...... 3,186 LE Chlorures (en NaCI) .... 2,223 ee Phosphates (en P205) .. 0,670 —
CRM MN ET Per Le traces très nettes.
Magnésie mn tes traces nettes Sulfatés 2 Porn traces Sulfocyanate de potasse: présence (moins que normal).
Nous constatons une inversion des composantes normales, les matières minérales représentant 3,186 pour 1.000 du résidu sec.
Remarquons également que la quantité de phosphates éliminés en vingt-quatre heures avec les 750 centimètres cubes de salive recueillis s’élève à plus. de 0,50 gramme,
L’étude des variations du pH salivaire a été faite très soignement par le Docteur TH. OPPENOT ; dans
ses conclusions, cet auteur pense que l’état de grossesse n'apporte pas de modification au pH normal. |
Sur vingt-quatre échantillons prélevés, quinze avaient un pH égal ou supérieur à 7 ; les autres, soit 9, avaient un pH inférieur à 7.
L’étiologie du ptyalisme de la gestante semble devoir tenir tout entière dans la perturbation vagale à point de départ utérin.:
Cette opinion est basée sur plusieurs faits :
le traitement par la génatropine est habituellement suivi de succès.
Pour le Professeur BAR, on voit des ptyalismes ayant résisté à tout traitement « cesser brusquement sous l’influence d’une simple émotion, de suggestion ».
TARNIER, chez une primipare, a vu la salivation