SET
dans de très nombreux ouvrages et A. et D. PINARD l'ont étudiée tout spécialement.
Pour eux et pour la majorité des auteurs, la grossesse est seule responsable de son apparition. Pour d’autres, le manque d'hygiène buccale fréquent chez la gestante en est la cause.
Il paraît juste de tenir compte de cette opinion, non pas, à notre sens, pour expliquer l'installation de la gingivite, mais son extension.
En effet, la gingivite siège habituellement sur la région correspondant aux incisives et aux canines supérieures et inférieures.
À ce niveau, la muqueuse est rouge, lisse, tendue, luisante, très douloureuse, elle saigne facilement.
Il existe généralement un liseré rouge rappelant le liseré de Burton des intoxications saturnines.
Le bord libre de la gencive est plus ou moins profondément décollé, la languette interdentaire est turgescente.
Si les soins normaux d'hygiène buccale sont négligés, et ils le sont souvent par crainte des gingivorragies, la gingivite s'étend jusqu'aux molaires et prend quelquefois l’aspect d’une stomatite.
Comme dans tous les cas où la gencive est hyperhémiée, la lyse des rebords alvéolaires sous-jacents est de règle. Les dents deviennent facilement mobisables, mais on n’assiste pas à leur expulsion, car, comme chaque fois que la congestion de la gencive précède la résorbsion alvéolaire, le matériel
Se v Le
calcique seul est entraîné et le ligament conserve son intégrité.
Il est normal, d’ailleurs, de voir les dents se consolider quelques temps après la disparition spontanée de la gingivite.
Evidemment, le caractère de cette gingivite pourra être modifié par la coexistence d’une intoxication médicamenteuse ou accidentelle surajoutée ou d’une diathèse entraînant normalement la lyse alvéolaire.
Signalons enfin la sensibilité toute particulière de la femme enceinte aux intoxications et la gravité que prennent leurs manifestations buccales chez elle. l
Odontalgies de la grossesse
Comme le ptyalisme, comme la gingivite, l’odontalgie est une manifestation fréquente des épisodes pelviens chez la femme.
Comme eux, elle se prolonge pendant une période parfois fort longue de la gestation.
Elle est extrêmement fréquente, et dans sa thèse de 1898, TERRIER peut dire : « Le bandeau traditionne] de la femme du peuple, qu’elle se met à la moindre douleur de dent est souvent l’accompagnement d’une ceinture plus large. »
GUILLEMEAU, en 1643, y consacre un chapitre :
« Les femmes grosses sont souvent travaillées de douleurs de dents ;mesme il y a quelques unes qui n'ont pas de signe plus certain de leur grossesse, que lorsque elles ont mal aux dents : ce qui advient par le moyen des vapeurs de leurs mois retenus, lesquelles eslevées à la teste, infectent le sang duquel le cerveau est mal nourry, qui après le chasse et fait couler sur les dents : telle douleur est apaisée en coupant chemin à la fluxion, par l'application des emplâtres qui se mettent sur les artères des temples, faites de mastic, de l’emplastre contra rupturam, en y mêlant un bien peu d’opium. Et, pour discuter telle humeur, l’emplatre fait de la gomme catablanca y est recommandée, comme