‹ Influence de la Grossesse sur la Marche Clinique du CancerChapitre 32 sur 40 · OBSERVATION XXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIV

Cancer de l'utérus. Développement rapile de la tuineur pendant une treizième grossesse (par Oldham. prise dans Chantreuil (4).

Mistress P..., âgée de 42 ans, mariée depuis 23 ans, et ayant 12 enfants vint me consulter. Un mois après le commencement de sa dernière grossesse, elle fut prise de pertes sameuses, puis sanguinolentes, avec douleurs dans les lombes, les hanches et les cuisses, de sorte que pendant quelque temps, elle ne put plus se tenir ni assise, ni debout. Les rapprochements sexuels déterminaient un écoulement sanguin. Constipation opiniâtre. A l'apparition de ces symptômes, elle consulte un médecin qui lui dit qu'elle avait un cancer de la matrice, mais lui assura qu'elle n'était pas enceinte, quoique cette femme eut de sa grossesse une certitude absolue. Etle accoucha spontanément d’un enfant mort et putréfié. À partir de ce moment l’état général s'aggrave ;

4) Chantreuil, locacitato.

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les pertes sanieuses et sanguinolentes étaient mélangées de matières fécales. La malade était épuisée et se plaignait de vives douleurs. En examinant le col de l'utérus et la paroi postérieure du vagin, on les trouvait détruits dans une assez grande étendue par l'ulcération carcinomateuse ; il existait dans la paroi recto-vaginale une solution de continuité à travers laquelle passait les féces.

L'état d’épuisement dans lequel se trouvait la malade faisait prévoir qu'elle ne pourrait pas résister longtemps à la dépression produite par la diathèse cancéreuse.

Nous venons de relater les observations de tumeurs cancéreuses de l'utérus, qui ont dù à la grossesse une accélération dans le mode de leur développement, une marche rapide imprimée à leurs éléments. Les observations qui ont trait à l'utérus sont les plus nombreuses, et reutêtre doivent elles leur plus grand nombre dans la littérature chirurgicale, à ce que, l'attention fut mise en éveil d'une façon plus intense, par le fait de la dystacie. En effet, dans beaucoup de cas qui précèdent, les auteurs ont surtout eu en vue les difificultés de l'accouchement. Mais leurs relations ne pouvaient émettre de rapporter ce que l'expérience démontrait : l'accroissement rapide de l'affection.

En nous mettant au point de vue de notre sujet, nous avons trouvé dans ces observations les éléments nécessaires, nous faisant voir l'influence de l’état gravide de la femme sur le développement de la tumeur cancéreuse.

Nous avons rapporté ces observations le plus fidèlement possible, nous nous sommes évertué à ne rien changer à leur rédactiou, et tout en les résumant pour la

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plupart, avons taché de rapporter les expressions même dont se sont servis leurs auteurs,

En parcourant ces observations, on peut se faire cette opinion, c’est que toutes ont évolué avec rapidité. Les unes existaient avant la grossesse, étaient déjà appréciables, ou n’offraient encore que les symptômes de début (hémorrhagies, écoulements fétides) obs. I, HI, IV, V, VI, IX, X, XI, XII, XIV, XIX, XXII). Les autres étaient, pour ainsi dire, à l'état latent, ot la grossesse fut la cause occasionnelle de leur apparition (obs. I}, VII, VIII, XII, XV, XVII, XVII, XX, XXII, XXIV).

En rés'.mé le fait intéressant à tirer de la lecture de ces observations, c'est que toutes, existantes ou en état de latence, ont, pendant l’état gravidique, été influencées d’une manière plus où moins considérables, les unes offrant un développement très-grand, mais ne menaçant pas immédiatement l'existence, les autres, une marche tellement rapide, que la cachexie a, en peu de temps, envahi ja malade et causé la mort.

Après ces observations. nous allons donner celles que nous avons trouvées sur le cancer des annexes de l'utérus, du sein et du rectum. Bien que moins nombreuses, elles ont aussi leur éloquence. Nous les transcrivons.

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