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malade dans son enfance, sans antécédents héréditaires, réglée à 45 ans, mariée à 21, elle a eu un accouchement prématuré à huit mois et quatre autres accouchements à terme très faciles. Depuis six ans, époque de son dernier accouchement, la menstruation est devenue difficile. Z£lle a muigri, depuis deux ans ; cet amaigrissement s’est d'abord annoncé lentement. mais la grossesse parait lui avoir rapidement fait atteindre le degré de débilité où nous la trouvons; réglée pour la dernière fois, le 3 mars 1877, il n’y eut, jusqu’au troisième mois de la grossesse, d'écoulement sanguin ou leucorrhéique ; vers cette époque, à la suite d’un travail fatigant, il y eut une hémorrhagie peu abondante qui persista pendant trois jours. Quinze jours après, nouvelle hémorrhagie, suivie d’un suintement sanguinolent qui dura trois semaines, cessa, puis réapparut toujours sous l'influence de la moindre cause. Entrée, pour la premiere fois, le 22 août à l'hôpital des Cliniques, M. Depaul constata une grossesse de cinq mois environ. Par le toucher, le doigt est immédiatement arrêté dès son introduction dans le vagin, par une masse inégale, mammelonnée, grenue, qui, au premier abord, paraît être le col très-hypertrophié et, qui n’est que la paroi supérieure du vagin, envahie par la lésion cancéreuse. Tout le pourtour du vagin offre des saillies de tissu cancéreux plus ou moins longues qui bouchent le canal et ne laissent arriver au col qu'avec une certaine difficulté. Le museau de tanche est dégénéré dans toute sa périphérie. Les lèvres sont séparées, par une anfractuosité profonde ; la lèvre antérieure, est tomenteuse, comme déchiquetée, plus dure que la postérieure est longue de trois centimèlres et demi environ; la postérieure est un peu plus lisse, plus courte et n’a que deux centimètres de longueur. M. Depaul porte le diagnostic : Cancer encéphaloide du col ayant envahi presque toute l’étendue de la muqueuse vaginale. Au bout de 15 jours, la malade se sentant mieux quitta l'hôpital.
Les douleurs ayant réapparu, et ayant augmenté d'intensité, elle entra de nouveau à l'hôpital le 9 octobre. M. Charpentier qui suppléait M. Depaul reconnut que les lésions étaient toujours dans
le même état. Le ventre était plus développé, la matrice remontait à deux centimètres au-dessus de lombilic, et l'enfant se présentait par le sommet en position latérale gauche, variété antérieure. Le 29 octobre, la poche des eaux se rompt, l'écoulement du liquide ammiotique est stivi d’un suintement de sang abondant qui continue pendant toute la journée. Malgré des contractions énergiques. on ne constate, par le toucher, aucune moditication dans la longueur, ni dans la consistance du col.
Le 30 octobre soir, les contractions uterines de plus en plus fortes ont fini par amener une légère dilaiation de l’orifice externe qui a le diamêtre d’une pièce de 5 fr., l’orifice interne est un peu moins dilaté.
Le 31 octobre, délivrance naturelle, enfant mort. Pas d’hémorrhagie n1 après l'expulsion de l’enfant, ni après la délivrance. L'utérus se rétracte bien. Les lochies sont fétides, les douleurs lombaires qui avaient cessé depuis laccouchement la font souf- {rir de nouveau. Injection au perchlorure de fer contre une hémorrhagie évaluée à 500 grammes environ, survenue le 5 novembre, puis tamponnement.
L’écoulement sanieux s’arrêta à peu près, la malade ne faisait plus que tacher son linge, cependant elle répandait toujours une odeur repoussante. L'état général est un peu meilleur.
Le 11 novembre, les douleurs abdominales sont moins violentes, mais les douleurs lombaires persistent toujours,
Le 28 novembre, l’améloration est légère, laffaiblissement est toujours très grand.
A la sortie de la malade, on constate que l’état du col et du vagin est le même qu'avant l’accouchement, cependant les lambeaux cancéreux sont en plus grand nombre, le pourtour du col est fendu en plusieurs endroits, il est évident que le passage de la tête a provoqué de profondes déchirures dans ce produit dégénéré.
L'auteur de cette observation, attribue aux déchirures provoquées par le passage de la tête du fœtus, le plus
grand nombre de lambeaux canréreux trouvés après l'accouchement. Nous ne doulons pas que ce traumatisme de l'accouchemeut n'a pas influé sur la marche ultérieure du néoplasme. Mais, n'est-il pas non plus raisonnable de faire remarquer, comme le dit Martel. du reste, que Ja grossesse a fait atteindre, à la malade, un degré d'affaiblissemeut très marqué, et que, vu le volume de l'utérus qgendant la grossesse, certaines parties de la tumeur inaccessibles alors au toucher, ont pu être perçues, le fœtus une fois expulsé.