‹ Influence de la grossesse sur la marche de la sclérose de l'oreille moyenneChapitre 9 sur 31 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Traitement.

Par le traitement habituel de la sclérose de l'oreille moyenne longtemps prolongé, nous avons pu amener une légère amélioration dans l’état de quelques malades.

La description des procédés thérapeutiques que nous avons employés se trouve tout au long dans les divers traités d’otologie. Nous nous contenterons de les citer, n'ayant pas l'intention de faire 1ci le traitement de la sclérose en général.

Le premier traitement à essayer est la douche d'air par le procédé de Politzer. On peut l'employer quand pour une cause quelconque, rare, il est vrai, on ne peut pratiquer le cathétérisme. La douche d’air a aussi l’avantage de pouvoir être donnée au malade par quelqu'un de son entourage.

Ce traitement ne remplace pas le cathétérisme qui donne des résultats plus positifs et plus sûrs. Nous avons ordinairement fait suivre le cathétérisme de l'injection dans le trompe d'huile de vaseline stérilisée.

Dans quelques cas, au heu de projeter le liquide, nous l'avons porté directement dans la trompe en introduisant

dans le cathéter une bougie filforme préalablement trempée dans la solution suivante :

lode métalloïde, 4 gramme.

Jodure de potassium, 2 grammes.

Glycérine pure, 50 grammes.

Nous avons encore agi sur la caisse par le conduit en pratiquant le massage de la membrane à l'aide du spéculum pneumatique de Siegle.

En même temps que nous appliquions ces divers traitements, nous nous rendions compte de l’état du pharynx et des fosses nasales et nous avons soigné les affections que nous avons rencontrées dans ces régions.

Quelle conduite le médecin doit-il tenir en présence d’une jeune fille atteinte de sclérose de l'oreille moyenne ? Doit-1l autoriser le mariage ?

Il existait autrefois un préjugé qui consistait à ne pas soigner les affections des oreilles chez les jeunes filles, parce qu'elles disparaissent d’elles-mêmes après le marlage ; nous pensons le contraire : que les femmes atteintes de sclérose de l'oreille moyenne voient généralement leur affection s'aggraver après [a grossesse. Le médecin doit faire connaître cette aggravation de la maladie aux personnes intéressées. Mais ici, comme dans beaucoup d’autres cas en médecine, on ne saurait donner de règle précise. C’est au tact et à la prudence du médecin qu'il faut faire appel.

La femme vient-elle consulter parce que ses troubles de l’ouie s’aggravent après chaque grossesse ? Dans de semblables conditions, si la malade veut conserver l’ouïe, elle devra remplir avec le moins de rigueur possible les fonctions de la maternité et le degré de la maladie

réglera à lui seul la latitude qui lui sera laissée à cet

Dr ETS

égard. Le médecin connaissant les graves inconvénients des grossesses trop fréquentes, ne craindra pas de formuler sur ce point délicat des conseils dont on ne saurait méconnaître l'importance.

Tout le monde considère la surdité comme une des infirmités les plus désagréables surtout à l’âge où ces femmes en sont atteintes pendant leur jeunesse, la période la plus active de leur existence et au moment où elles ont besoin de concentrer toute leur attention sur leurs enfants. La surdité entrave, non-seulement les rapports de la vie, mais elle peut les rendre tout à fait impossibles.

Le plaisir de la conversation avec ses enfants, avec ceux qui l'entourent, voilà ce qui est perdu pour la femme qui ne peut saisir que quelques paroles criées à l'oreille. Le nombre de ses enfants augmente, son audition diminue. Elle devient triste et renonce à ses relations qui sont un des plus grands bonheurs de la vie.

Dans certains cas le médecin sera obligé d'interdire l'allaitement maternel ou toutau moins devrale surveiller. L’allaitement prolongé nous ayant paru dans quelques cas accélerer la marche de la maladie, on ne saurait le permettre à la jeune femme quand les troubles de l’ouïe

se sont aggravés pendant un allaitement antérieur.

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