‹ Influence de la grossesse sur la marche de la sclérose de l'oreille moyenneChapitre 8 sur 31 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pathogénie.

La grossesse imprime à l'organisme tout entier des modifications profondes.

Pendant le temps de la gestation, la femme peut éprouver des troubles nombreux (1).

On attribue généralement ces troubles à la distension de la matrice par le produit de la conception. Aux modifications survenues dans le sang, modifications dans ses parties constitutives et dans sa quantité : la masse sanguine augmentée de volume produit dans les vaisseaux une tension vasculaire plus marquée qu’en dehors de la gravidité. C’est la pléthore de la femme enceinte.

On peut ineriminer aussi les troubles de l’innervation résultant soit des troubles de la circulation, soit du développement de l’utérus qui produit une certaine excitation des extrémités nerveuses qui se transmettrait à tout le système ganglionnaire. Par suite de cet ébraulement nerveux, tous les organes peuvent subir des troubles fonc-

üonnels. On peut se demander si beaucoup de phéno-

(4) Nous avons recherché ces troubles, chez les femmes que nous avons examinées : mais la plupart ne s'étaient jamais si bien portées que pendant leur gestation : beaucoup n’ont même pas eu de vomissements.

mènes constatés pendant la grossesse ne sont pas dûs à des troubles trophiques analogues à ceux qui produisent les vergetures (1).

On considère encore souvent la plupart des symptômes pathologiques observés pendant la grossesse comme une manifestation de l’autointoxication gravidique que M. le Professeur Pinard appelle l'hépato-toxémie gravidique.

Avouons notre ignorance sur la cause intime qui fait que certaines femmes ont des troubles de l'audition à la suite de leur grossesse tandis que d’autres n’en ont pas. Faut-il admettre que les filets du sympathique irrités par le développement de l'utérus, produisent une perturbation du système vaso-moteur amenant une congestion de la muqueuse, de la caisse et de la trompe.

Congestion d'autant plus facile que tout le système vasculaire est dans un état de tension anormale.

Ce seraient les troubles de l’innervation et la phéthore qu'il faudrait accuser car il est peu probable que la phéthore à elle seule puisse être la cause de la congestion de la muqueuse.

Nous pensons que c’est celte congeslion, survenant dans le cours de la grossesse, qu'il faut ineriminer. Pendant la grossesse, nous avons constaté que le calibre de la trompe était souvent rétréci, mais généralement pas assez diminué pour amener son oblitération.

La congestion, prolongée pendant plusieurs mois, peut disparaître après l'accouchement sans laisser de traces. Dans le cas d'avortement [observation I}, la congestion

durant moins de temps que dans une grossesse normale,

(1) RisemonT-DEssaiGnEs pr LepaGe, Précis d'obstétrique, p. 635.

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il n’y a pas d’aggravation de la sclérose. Mais dans certains cas, la congestion peut entraîner des modifications dans la structure de la muqueuse. L'hypérémie s’accompagnant d’exsudation d’un plasma dans lequel se développent les éléments du tissu cellulaire ; il y a prolifération du tissu conjonctif, il devient fibreux et, par son exubérance, autant que par la force de rétraction dont il est doué, il produit l’étranglement des filets nerveux de la muqueuse, déterminant par compression des extrémités nerveuses un trouble trophique d’où résulte la sclérose de la caisse.

À une grossesse suivante, une nouvelle congestion prolongée amène, après l'accouchement, une aggravation de la maladie. :

Mais pourquoi la sclérose de l'oreille moyenne apparaît-elle, chez certaines femmes, après la grossesse, alors qu'on voit des femmes présenter des troubles de l’ouïe légers pendant la gestation, qui disparaissent sans {races après l’accouchement ?

On peut penser que la grossesse ne joue 1c1 qu'un rôle secondaire, la véritable cause serait une diathèse, le rhumatisme, l’arthritisme par exemple.

Il est incontestable qu'une affection antérieure de l’oreille déterminera chez la femme un /locus minoris resistensiæ qui favorisera le développement de la maladie.

On peut encore incriminer l'affaiblissement causé par des grossesses répétées à de courts intervalles et par

l'allaitement prolongé.

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