HISTORIQUE
1° Opinions classiques formulées sur la rupture spontanée des membranes avant la dilatation complète
L'étude de la rupture intempestive des membranes est de date ancienne. Tous les accoucheurs se sont occupés de l'ouverture de la poche des eaux survenant avant les premières douleurs ou avant la dilatation complète et ils ont surtout montré les dangers pour la mère et le fœtus de l'arrêt du travail après cette rupture intempestive.
Ils admettent généralement que l’écoulement du liquide amniotique ralentit la marche de l’accouchement si le col n’est pas complètement dilaté, et par suite, ils craignent beaucoup les ruptures intempestives.
Hippocrate écrivait au sujet des couches sèches et laborieuses : Chez quelques femmes, les eaux s’écoulent
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avant l'accouchement ; de la sorte, nécessairement, les douleurs sont sèches et laborieuses, celles au contraire dont les eaux ne sortent pas prématurément accouchent plus facilement. »
Sennert dans son livre (De morbis mulierum et infantium), s'exprime ainsi : « Fluxus hic periculo non caret cum enim fœtus aqua ista a partium circumiacentium duritie defendatur, ea effluente facile molestiam aliquam percipit, et postea etiam partus difficilior aqua ista quæ vias Humectat deficiente, redditur ».
Après cet auteur, les médecins observent la rupture intempestive des membranes, mais elle est à leur avis un évènement fâcheux pour la mère et le fœtus.
Au xvu* siècle Mauriceau écrivait : « Parfois les membranes sont si faibles qu'elles se rompent avant que la matrice soit suffisamment dilatée, alors l'enfant y demeure à sec » (1).
Aussi Baudelocque en 1781 condamnait absolument l'accouchement prématuré artificiel car «les eaux s'étant écoulées prématurément, l'accouchement est quelquefois plus long et plus difficile » (2).
M": Lachapelleregardaitlarupture prématurée comme funeste, aussi la rupture artificielle des membranes futelle laissée de côté et même, les accoucheurs recommandaient d'éviter un toucher trop répété et trop prolongé par crainte de léser la poche des eaux.
Il n’y a pas en effet de question plus délicate à résoudre que de savoir si on doit rompre ou respecter
(1) Traité des maladies des femmes grosses, p. 259, livre II. (2) BAUDELOGQUE. Art des accouchements.
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les membranes. Les objections que les accoucheurs font à la rupture artificielle sont assez nombreuses.
Ils lui reprochent :
1° De rendre l'accouchement plus long et plus laborieux, Car la poche en s'engageant comme un coin aide à la dilatation.
2° De le rendre plus douloureux, car la dureté de la tête fœtale s'est substituée à la souplesse de la poche des eaux.
3° De le rendre plus dangereux pour l'enfant qui est soumis aux contractions utérines sans interposition de liquide amniotique,
4° D'être une cause de présentation vicieuse irréductible et d'amener la procidence du cordon.
Enfin 5° de diminuer les contractions utérines et de priver l’accoucheur d’une ressource précieuse dans le cas où il serait appelé à faire la version.
Bien plus, Byford (1) et Dumas de Montpellier pensent que «la poche des eaux a pour rôle la dilatation du vagin et de la vulve, et que si la poche persiste jusqu'au moment de l'expulsion de la tête, on peut compter sur l'intégrité du périnée. » Si la poche se rompt avant le « moment de la dilation prœfætale du canal vagino-vulvaire, ils introduisent dans le vagin une poche en caoutchouc qu'ils gonflent d’air et d'eau pour qu’elle dilate la vulve à la manière des membranes elles-mêmes. »
(1) Rôle de la dilatation prœfœætale de la poche des eaux.
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2° Opinion formulée sur la rupture artificielle precoce des membranes envisagée comme méthode thérapeutique.
Mais, si la rupture artificielle des membranes n'est pas pratiquée couramment ; elle est cependant recommandée dans certains cas pathologiques. Puzos en 1747 (Pertes de sang des femmes grosses, in mémoires de l'académie de chirurgie 1747) perforait les membranes après avoir provoqué le travail en introduisant un doigt dans le canal utérin, lorsq'une hémorrhagie survenait chez la femme en travail.
Smellie en 1777 pratiquait la rupture des que le col entr'ouvert permettait d'arriver sur les membranes. De même Scheel, dans les cas d'hémorrhagie, rompait les membranes au niveau de l'orifice utérin à l'aide d'instruments pointus et les contractions commencçaient immédiatement après. Meissner les perforait en un point élevé à l’aide d’un trocart courbé, mais c'était un procédé dangereux, car on n'avait plus le contrôle digital pour diriger l'instrument.
M. P. Dubois (1) n'hésitait pas à rompre les membranes dans le cas de placenta prœvia si celui-ci ne répondait à l'orifice que par un de ses bords, convaincu que la tête fœtale serait amenée sur la partie décollée du placenta par l'écoulement des eaux. En effet la femme perd de l'eau ou du sang dans les insertions vicieuses ; aussi, tous les accoucheurs de notre époque,
(1) CazEAUx. Traité de l'art des accouchements, Paris 1867.
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M. le professeur Pinard, en particulier, qui est le partisan le plus convaincu de la rupture des membranes dans ces cas, appelés auprès d’une femme en travail qui perd du sang, n'hésitent pas à rompre largement les membranes dès qu'ils se sont assurés de la présentation du sommet ou du siège fœtal.
Pouffet (1) de Lyon observa que cette rupture était d’une grande utilité. « Dans les cas où l’utérus est trop distendu; elle permet en effet à cet organe de revenir sur lui-même ; elle favorise les contractions et accélère: ainsi le travail.
Enfin H. Alezaïs en 1882 (2) «attribue la rupture prématurée à la multiparité; et, pour lui, elle serait un évènement heureux car elle abrégerait notablement la durée du travail ».
3° Opinion no .velle sur la rupture intempestive des membranes
Telles ont été jusqu’à ces dernières années les idées régnantes etgénéralement admises sur les inconvénients et l’opportunuité de la rupture des membranes lorsque, sont venus des allemands Kæss et Dockhorn (3) qui sur l'instigation de leurs maitres Seitz et Dœderlein ont fait des recherches sur l'influence que pouvait avoir la
(1) Caaizzy Honoré. Traité pratique de l’art des accouchements.
(2) Thèse SPINDLER, Paris 1896.
(3) Joseph KÂss. Thèse Munich 1910. DocxHorx. Thèse Gôttingen 1911.
rupture intempestive des membranes sur l'accouchement. Ils sont arrivés à ces conclusions :
1° La longueur du travail est alors beaucoup moindre surtout chez primipares.
2° Les accidents sont à peu près identiques à ceux des accouchements après rupture à la dilatation complète, aussi concluent-ils que dans certains cas, la rupture artificielle peut être pratiquée.
Im praxi, wurde ich also nicht in jedem normal gelagerten Fall die Blase frühzeitig sprengen. Doch kann mann versuchen, in Fallen, wo ein besonderes Intesse an einer raschen Entbindung besteht und man aui alle Eventualitäten wohl vorbereitet ist, durch Sprengen der Fruchtblase die Ausstossung des Kindes zu beschleunigen.