DUCHARTRE. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION
sec et une simple branche prise sur une tige développée dans les conditions ordinaires a montré les rapports suivants. Au centre de la branche, le parenchyme médullaire circonscrit par les gros faisceaux offrait, sur sa coupe transversale et dans la longueur de son diamètre, au moins une douzaine de grandes cellules, tandis qu’on n’en comptait que cinq ou six de notablement plus étroites, dans le même sens diamétral au centre d’une tige venue à sec. Le cylindre parenchymateux central était donc considérablement réduit dans cette tige ; or la branche avait été choisie aussi peu différente que possible en grosseur de la tige avec laquelle elle était comparée. Une réduction appréciable, mais moins prononcée, s’était produite aussi dans le parenchyme cortical de cette dernière tige: il avait généralement quatre assises cellulaires d’épaisseur, tandis que celui de la branche en comptait dans le même sens de six à huit.
- Il résulte déjà de ces observations que la privation complète d’eau extérieure n’a nullement influé sur la formation ni sur le développement des éléments de consolidation ou éléments mécaniques de la tige, tandis qu’elle a puissamment agi an contraire sur le parenchyme, dans lequel elle a déterminé une forte réduction. Il semble permis de conclure de là que l’eau, dans la marche normale de la végétation, est utilisée pour la formation du parenchyme plus particulièrement que pour celle des tissus résistants en général. Cette conclusion va trouver un nouvel appui dans les observations suivantes :
Les feuilles des pieds d’igname de Chine venus à sec avaient subi, comme on l’a vu, une très forte réduction ; mais tout remarquable qu’il était, cet amoindrissement des proportions qu’elles offrent dans l’état normal l’était bien moins encore que l’altération qui s’était produite dans le rapport entre leurs nervures et leur parenchyme: cette altération consistait en ce que les premières avaient pris une prédominance des plus marquées sur le dernier. Pour avoir une bonne idée du changement qui s’était opéré à cet égard, il suffira de comparer entre elles deux feuilles à fort peu près de même grandeur, prises l’une sur un pied venu à sec, l’autre sur un pied développé dans les conditions normales, celle-ci, que je désignerai par B pour abréger, nécessairement très jeune, celle-là, qui sera désignée par A, déjà parvenue à son maximum de développement. Ces deux feuilles avaient l’une et l’autre 0 m ,009 de longueur totale, le limbe formant, dans B le tiers, et dans A, un peu moins que le tiers de cette dimension ; mais la portion parenchymateuse de ce limbe interposée aux nervures était tellement réduite dans A, que les cinq nervures médianes se trouvaient presque en contact latéralement l’une avec l’autre, ne laissant entre deux adjacentes, à la face inférieure delà feuille, qu’un étroit et profond sillon ; en B au contraire, malgré l’extrême jeunesse de l’organe et l’imperfection de sa constitution, qui en était lu